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17 juin 2012

Tenue d'élections législatives en Grèce

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Antonio Samaras

L'impuissance des parlementaires grecs à former un gouvernement à la suite des législatives du 6 mai force un retour aux urnes. Cette fois, la majorité obtenue par la Nouvelle démocratie (ND) et le Pasok (socialiste), favorables à l'adoption de mesures d'austérité pour redresser la situation financière, permet de dénouer l'impasse.

La crise financière persistante ainsi que les mesures d'austérité contenues dans le plan de sauvetage adopté en février 2012 ont affecté la popularité des partis de la coalition gouvernementale lors des élections du 6 mai. Ensemble, la ND (108) et le Pasok (41) n'ont récolté que 149 sièges, les laissant à court de la majorité des 300 sièges. Devant l'incapacité des parlementaires à former un gouvernement, les Grecs doivent retourner aux urnes le 17 juin pendant que le président du Conseil d'État, Panagiotis Pikrammenos, assure l'intérim. Cette situation suscite des inquiétudes car les sondages placent la Coalition de la gauche radicale (CGR) d'Alexis Tsipras, opposée au plan de sauvetage, nez à nez avec la ND, une formation de droite. Advenant que les partis favorables au plan de sauvetage ne puissent obtenir la majorité, ce que les sondages laissent entrevoir, l'hypothèse d'un retrait grec de la zone euro est envisagée de plus en plus sérieusement. Mais le 17 juin, la ND progresse de 18,8% à 29,7%, ce qui lui procure 129 députés grâce à la prime de 50 sièges accordée au parti en tête des intentions de vote. Même si le Pasok ne compte que 33 députés élus, un creux historique, une majorité de 162 sièges sur 300 se dégage pour ces deux partis. Elle laisse présager la mise sur pied d'un gouvernement qui souhaite maintenir la Grèce dans la zone euro. L'opposition reste forte, particulièrement la CGR qui talonne la ND avec 26,9% des voix et 71 sièges. Pour sa part, l'Aube dorée, un parti d'extrême droite, demeure stable alors que les Grecs indépendants, de droite, et le Parti communiste perdent respectivement 13 et 14 sièges. Malgré l'intérêt suscité par ce scrutin autour du monde, seulement 62,5% des électeurs se prévalent de leur droit de vote. Le 20 juin, Antonis Samaras de la ND devient premier ministre de Grèce.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Richard Werly, « La zone euro soulagée après la victoire des conservateurs en Grèce »

«...La question, pour l'Union européenne, est maintenant de calmer le jeu sur les différents fronts de la crise, alors que s'ouvre ce lundi au Mexique le sommet du G20. Côté grec, Bruxelles devrait pousser pour la constitution la plus rapide possible d'un gouvernement - éventuellement dirigé par un technocrate indépendant comme cela fut le cas de novembre 2011 à mai 2012 avec Lucas Papadémos - tout en ouvrant la porte à un rééchelonnement possible du plan de sauvetage financier et à une pause sociale dans ce pays assommé par les réformes. (...) La pause grecque va en tout cas permettre de faire retomber les tensions qui inquiétaient tant les investisseurs internationaux. Un rebond des bourses européennes est espéré cette semaine, sur fond de discussions entre ministre des Finances sur l'autre grand dossier: celui d'une union bancaire européenne, avec supervision commune des établissements financiers et garantie commune des dépôts. Les convulsions sont assurées de se poursuivre, notamment en raison des divergences franco-allemandes, mais le séisme tant redouté venu des urnes grecques n'a pas eu lieu. »

Le Temps (Suisse), 18 juin 2012.

Massimo Prandi, « Grèce : les deux partis pro-euro appellent à un gouvernement de large coalition »

«...Le résultat serré, ponctué par une abstention du même ordre de celle du 6 mai (environ 39 %), montre toutefois qu'une large majorité de Grecs continue d'être opposée à la poursuite des politiques de rigueur. C'est pourquoi le Pasok exige qu'au nouvel exécutif soit associée la Syriza, qui a aussitôt refusé la main tendue. Antonis Samaras a également fait un appel à un gouvernement de large coalition. D'intenses tractations vont commencer dès aujourd'hui. Mais, à terme, la survie du gouvernement dépendra plus que jamais de sa capacité à obtenir des Européens et du FMI une application plus progressive des mesures d'austérité et des réformes structurelles ainsi que le rallongement de la période fixée du redressement budgétaire. Cela étant, le scénario fragile qui sort des urnes grecques est le meilleur que les Européens pouvaient espérer dans un contexte extrême. »

Les Échos (France), 18 juin 2012, p. 8.

Christian Rioux, « La Grèce choisit l'euro – La droite l'emporte de justesse »

«...Le jeune leader de Syriza, Alexis Tsipras, qui vient de transformer en parti d'opposition ce qui était encore récemment une petite formation marginale d'extrême gauche, semblait encore plus réjoui que le gagnant. Il a aussitôt rejeté les appels à participer à une coalition. « Nous serons présents en tant qu'opposition, nous représentons la majorité du peuple contre le mémorandum », dit-il. Fort de 71 députés, Syriza constituera un solide bloc d'opposition et une solution de rechange évidente en cas de nouvelles élections. Ses militants ont longuement manifesté leur joie hier dans les rues d'Athènes. Le décompte des voix des partis opposés et des partis favorables aux mesures de rigueur révèle un pays coupé en deux. Le vote de Syriza est particulièrement élevé en Attique, la grande région d'Athènes, et chez les 18-34 ans. Nouvelle Démocratie recrute largement dans le Péloponnèse et le nord du pays ainsi que chez les 55 ans et plus. »

Le Devoir (Québec, Canada), 18 juin 2012, p. A1.

Paul Krugman, « Greece as victim »

«...Greece, although not without sin, is mainly in trouble thanks to the arrogance of European officials, mostly from richer countries, who convinced themselves that they could make a single currency work without a single government. And these same officials have made the situation even worse by insisting, in the teeth of the evidence, that all the currency's troubles were caused by irresponsible behavior on the part of those Southern Europeans, and that everything would work out if only people were willing to suffer some more. Which brings us to Sunday's Greek election, which ended up settling nothing. The governing coalition may have managed to stay in power, although even that's not clear (the junior partner in the coalition is threatening to defect). But the Greeks can't solve this crisis anyway. (...) The only way the euro might - might - be saved is if the Germans and the European Central Bank realize that they're the ones who need to change their behavior, spending more and, yes, accepting higher inflation. If not - well, Greece will basically go down in history as the victim of other people's hubris. »

New York Times (États-Unis), 18 juin 2012, p. A23.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juin 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Grèce
ÉlevéKarolos G. PapouliasPanagiotis Pikrammenos

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Tenue d'élections législatives en Grèce

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2012
Tenue d'élections législatives en Grèce

juin
2012
[Résultats] Élections législatives

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Tenue d'élections législatives en Grèce

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2015
[Résultats] Élections législatives


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