Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

20 janvier 2019

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2 juillet 1990

Ouverture du 28e et dernier Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mikhaïl Gorbatchev

Le secrétaire général Mikhaïl Gorbatchev profite du 28e Congrès du Parti communiste (PCUS) pour raffermir son autorité face aux éléments conservateurs favorables au maintien des institutions de l'Union soviétique (URSS). Il s'agit du dernier Congrès de cette formation avant le démantèlement de l'URSS qui surviendra en 1991.

Les événements se précipitent en Europe de l'Est avec la chute du mur de Berlin, en 1989, le mécontentement face à la situation économique et la volonté grandissante de réformes et d'autonomie qui s'exprime dans certaines républiques soviétiques. Malgré la contestation, Gorbatchev raffermit son contrôle en étant élu président de l'URSS avec des pouvoirs accrus en mars, puis en créant un conseil présidentiel dont l'influence sera plus grande que celle du Politburo. Le 28e Congrès du PCUS, qui débute le 2 juillet, lui permet de remporter d'autres victoires contre les conservateurs du parti, inquiets des bouleversements des derniers mois. Gorbatchev est facilement réélu secrétaire général alors que Vladimir A. Ivashko, un partisan de la perestroika (reconstruction), est élu député secrétaire général contre Yego Ligachev, un conservateur s'opposant farouchement aux réformes. Les critiques persistent néanmoins, notamment des réformistes radicaux qui dénoncent l'immobilisme de la vieille garde du parti et demandent un virage plus rapide vers une économie de marché. C'est le cas du président du Soviet suprême de Russie, Boris Eltsine, qui manifeste son désaveu en quittant le PCUS le 12 juillet. Il est imité par les maires de Moscou et Leningrad. Ces départs illustrent les pressions s'accentuant sur Gorbatchev qui est critiqué des deux côtés. Celui-ci marque néanmoins des points avec la composition du nouveau Politburo, qui lui est très favorable. Il continue aussi à réduire l'autorité du PCUS en décrétant peu après la fin du Congrès, le dernier de l'histoire de l'URSS, la fin de son autorité sur la radio et la télévision. Bien que sa popularité soit chancelante dans son pays, Gorbatchev demeure apprécié sur la scène internationale, ce qu'attestera sa nomination pour le prix Nobel de la paix plus tard en 1990.

Dans les médias...


Gilbert Wasserman, « Dix jours qui ébranlèrent le PCUS »

«...c'est certainement sur le terrain principal de leurs espoirs, celui du parti, que la défaite des conservateurs est la plus amère. La contrôle du pouvoir, la participation à ses instances ne peut plus être, explique Gorbatchev, que le résultat de consultations électorales au suffrage universel. Il n'y a plus d'autre voie. L'aile radicale des réformateurs, regroupée dans la plate-forme démocratique, avait proposé de renoncer à l'organisation du parti dans les entreprises et dans l'armée. Non ! répond le secrétaire général. Les conservateurs croient pouvoir respirer, mais ils entendent aussitôt : « Les autres formations politiques pourront d'ailleurs en faire autant. » Nouvelle défaite pour les conservateurs qui voient ainsi s'ouvrir la possibilité grave de contestation dans les seuls lieux où ils croyaient encore régner en maîtres. Le parti, donc, qui croyait profiter du congrès pour sauver quelque chose de son ancienne prééminence, en sort de par la volonté de son principal dirigeant plus marginalisé qu'auparavant et dûment averti qu'il ne pourra reconquérir des positions dans la société que s'il retrouve une capacité à l'influencer. Ce dont Gorbatchev lui même paraît douter. »

Le Nouvel Afrique Asie (France), août 1990, p. 30 et 31.

K.S. Karol, « Dr Gorbatchev au chevet du parti »

«...En réalité, il existe un véritable danger d'explosion sociale, et le soutien qu'a reçu la grève politique des mineurs, le 11 juillet, le prouve à l'évidence. Gorbatchev ne se trouve donc pas seulement entre l'enclume des apparatchiks et le marteau des dirigeants indépendants - Eltsine, Sobtchak, Popov - qui administrent de très importants secteurs du pays. Il doit se battre sur tous les fronts, dans les usines, dans les campagnes, pour ne rien dire du problème des nationalités qui vient d'être relancé par la déclaration de souveraineté de l'Ukraine. Sorti vainqueur du congrès, il a pour la première fois un instrument politique qui peut lui permettre d'agir efficacement : le PCUS n'est pas encore prêt à se désintégrer comme les Partis des pays de l'Est. Mais il lui reste maintenant à prouver s'il est ou non capable de trouver un second souffle, dans cette URSS que Gorbatchev a lui-même conduite sur la voie du multipartisme. »

Le Nouvel Observateur (France), 19 au 25 juillet 1990, p. 35.

Jacques Renard, « Le fantôme perd ses chaînes »

«...En fait, les deux semaines de bruit, de fureur, d'intrigues et de gesticulations qui ont marqué le 28e Congrès du PCUS auront consacré sa décrépitude. L'empoignade entre ultraconservateurs et réformateurs radicaux, dont on promettait qu'elle lui serait fatale, ne l'a qu'à peine sorti de son demi-coma. Les premiers ont perdu leurs illusions et leur chef de file, Egor Ligatchev, dans une humiliante défaite face au candidat de Mikhaïl Gorbatchev pour le poste de no 2 - 776 voix contre 3 109. Les seconds, conscients de leur faible nombre - 2% des 4 700 délégués - ont renoncé à leur menace de faire éclater le Parti en le quittant spectaculairement dans la foulée de Boris Eltsine, lui-même suivi par les maires des deux plus grandes villes d'URSS, Gavril Popov, de Moscou, et Anatoly Sobtchak, de Leningrad. Entre les deux extrêmes, un vaste marais aux prudentes indécisions, capable d'approuver tout et son contraire, et prêt à se rallier sans l'ombre d'un doute à Gorbatchev dès lors qu'il reste le chef confirmé. »

L'Express (France), 27 juillet 1990, p. 6.

John Kohan, « It's lonely up there »

«...Few events on the calendar of perestroika had been invested with so much importance as the 28th Congress. It was supposed to mark the long-awaited turning point, when reformers would finally seize control of party power from entrenched bureaucrats and release the breaks on radical change. Gorbachev would quit straddling the widening gap between the party's fractious wings and align himself once and for all with democratic liberals. There was also speculation that he might step down as General Secretary and devote full attention to his new presidential office, sealing the shift of power away from the party to the state. None of that happened. Instead, it appeared that Gorbachev would continue to preside over the party - but one shifting to the right under his feet. A dramatic split, with the progressives breaking away to found an opposition party of their own, seemed to have been postponed, although not ruled out altogether. »

Time (États-Unis), 16 juillet 1990, p. 20.

Gouvernance et gouvernement [ 2 juillet 1990 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéMikhail GorbachevNikolay Ryzhkov

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1985 - 1995



mars
1985
Accession de Mikhaïl Gorbatchev à la tête du Parti communiste soviétique

novembre
1985
Ouverture du Sommet de Genève entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan

février
1986
Ouverture du XXVIIe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

avril
1986
Explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl

juillet
1990
Ouverture du 28e et dernier Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

juin
1991
[Résultats] Élection présidentielle

août
1991
Proclamation d'indépendance de l'Ukraine

décembre
1991
Création de la Communauté des États indépendants

décembre
1993
Tenue d'élections législatives et d'un référendum en Russie

décembre
1993
[Résultats] Élections législatives

décembre
1995
[Résultats] Élections législatives


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