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20 novembre 1975

Décès du président espagnol Francisco Franco

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Francisco Franco

Le décès du président espagnol Francisco Franco, homme fort de l'Espagne depuis la guerre civile des années 30, marque la fin d'une époque et l'arrivée au pouvoir du roi Juan Carlos 1e.

Il était prévu depuis 1969 que Juan Carlos 1e, petit-fils du dernier souverain espagnol, Alphonse XIII, succéderait à Franco lorsque celui-ci abandonnerait le pouvoir. Ce retour à la monarchie est perçu comme annonciateur de changements. La réforme des institutions et la démocratisation de l'appareil politique n'ayant pas été accomplies de façon satisfaisante par les gouvernements de Luis Carrero Blanco (1973) et de Carlos Arias Navarro (1973-76), le roi demande à ce dernier de quitter ses fonctions en juillet 1976. Son successeur, Adolfo Suarez du Mouvement national, donne un nouvel élan à la démocratisation du pays. La population l'appuie massivement dans cette direction lors d'un référendum national tenu en décembre 1976. Les élections législatives du 15 juin 1977, les premières depuis les années 30 en Espagne, confirmeront Suarez dans ses fonctions malgré un bon résultat des socialistes. Elles seront suivies par un autre référendum, en décembre 1978, qui permettra à la population d'approuver un nouveau projet constitutionnel.

Dans les médias...


G.D., «Respirer avec l'Espagne»

«...Mais l'Espagne -celle qui n'est pas définitivement embaumée sous ce marbre, celle qui respire encore et veut vivre en dépit de l'étroit corset d'un impitoyable «appareil», celle qui espère l'air plus libre, plus fraternel- parviendra-t-elle prochainement à tourner cette page sombre d'une déjà bien longue histoire, tourmentée de grandeurs, de décadences et d'affrontements ? Juan Carlos 1er se lève dans cette ombre, qu'il n'a pas choisie, mais qui l'a choisi, lui, en raison de sa naissance, pour perpétuer à la fois une mémoire et la ligne sombre de ses projets; de sorte qu'il ne lui fut pas laissé d'autres choix que d'admirer et de suivre, avec toute la fadeur d'une obéissance acceptée. Ainsi, chef d'un État, et puissant par la grâce antérieure d'un grand crime -mais non pas tout-puissant, puisque bâillonné et ligoté par des reconnaissances et des souvenirs- que saura-t-il faire ou dire ? Dans un monde profondément labouré par l'impact des techniques et la puissance de l'argent, les circonstances sont très différentes -mais lui aussi, comme celui qui l'a chargé de mettre ses pas dans ses empreintes, a, au départ, des signes de chance : des concours puissants qui, au nom d'un ordre favorable au profit, ne lui feront pas défaut.»

Esprit (France), janvier 1976, pp. 141-142.

Édouard Bailby et Elisabeth Schemla, «Espagne : la succession»

«...Investi par Franco, il a dû jurer fidélité au Mouvement, et respecter l'équilibre des forces qui soutenaient le régime. Mais comment être le roi de «tous les Espagnols» ? Il a conscience d'appartenir à une génération qui n'a pas connu la guerre civile. La paix et la réconciliation : deux mots qui reviennent fréquemment dans ses discours. C'est aujourd'hui le langage des moins de 40 ans en Espagne. Cela ne suffit pas pour faire un programme politique. Sans drame véritable : il n'a pas réussi à émerger au-dessus de la scène politique, sous le règne de Franco. Tout était prévu, codifié. Il était ligoté. Les conversations souvent très libres qu'il a eues dans son palais de la Zarzuela avec certains de ses proches sont restées feutrées, confidentielles. C'est un Bourbon, sûrement perspicace. Mais velléitaire, comme beaucoup de membres de sa famille. Il a souvent donné l'impression de ne jamais avoir vraiment choisi entre deux conceptions possibles de la monarchie. Instaurée, comme le voulait Franco, ou restaurée, comme le souhaitait son père ?»

L'Express (France), 27 octobre au 2 novembre 1975, pp. 30-31.

Gilles Boyer, «L'Espagne de Franco»

«...Juan Carlos hérite donc d'une lourde succession : divisions régionales et ethniques, rivalités entre les groupes politiques reconnus légalement mais cherchant à s'approprier le pouvoir, statut à accorder aux groupes politiques illégaux. L'expérience du Portugal incite à ce sujet à l'inquiétude. Mais sur deux points au moins, les conditions politiques y sont plus favorables qu'au Portugal : l'armée ne détient pas en Espagne la position prééminente et le parti communiste espagnol, dirigé par Santiago Carrilo, est voué à un modèle occidental de socialisme, contrairement au stalinien Cunhal du Portugal. Les Cortès, au XIIIe siècle, représentaient un modèle de «démocratie médiévale» en Europe. À cet égard, Franco a marqué une nette interruption. Son successeur Juan Carlos est dans la position délicate entre toutes. Il n'a pas les moyens de maintenir l'autoritarisme de son prédécesseur, un franquiste sans Franco. Mais, il lui faut déployer suffisamment d'autorité pour permettre une libéralisation du régime qui ne tourne pas à l'anarchie. Dans les deux hypothèses, autoritarisme rigide ou libéralisation, Juan Carlos risque d'être débordé par les forces latentes ou nouvelles qui gravitent autour du pouvoir.»

Le Soleil (Québec, Canada), 21 novembre 1975, p. A4.

Éditorial

«...There are those who argue that El Caudillo gave Spain almost 30 years of order in a chaotic world, enabling it to achieve industrial revolution and prosperity -just as Mussolini still gets credit for making trains run on time and Hitler credit for building autobahns. But in his obstinate hold on his country long after his waning strength was equal to the task, Franco cost Spain many of the gains for which it had traded freedom. The economy, a marvel of the 1960s, deteriorated in the 1970s. Franco leaves a legacy of rising inflation and recession. The low crime rate, one of Franco's vaunted claims to merit, has given way to bombings, violence and terrorism from a people too long repressed. By unleashing his police in the Basque country, he reignited the embers of a Basque separatism. But Franco did his greatest damage, perhaps, in the past year. By defeating his own prime minister's intelligent efforts toward liberalizing the government, Franco weakened Spain's center, driving many potential moderates into the extremist camps of right or left.»

The Houston Post (États-Unis), 21 novembre 1975.

Gouvernance et gouvernement [ 20 novembre 1975 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Espagne
FaibleFrancisco Franco BahamondeCarlos Arias Navarro

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1970 - 1980



décembre
1970
Début d'un procès contre les indépendantistes basques à Burgos

décembre
1973
Assassinat du premier ministre espagnol Luis Carrero Blanco

novembre
1975
Décès du président espagnol Francisco Franco

mars
1977
Rencontre à Madrid entre trois leaders communistes d'Europe de l'Ouest

juin
1977
[Résultats] Élections législatives

décembre
1978
Tenue d'un référendum constitutionnel en Espagne

mars
1979
[Résultats] Élections législatives


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