Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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11 septembre 2012

Manifestations anti-américaines dans plusieurs pays arabes

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

La présentation sur Internet d'un film ridiculisant le prophète Mahomet attise le sentiment anti-américain dans les populations musulmanes de plusieurs pays. À Benghazi, en Libye, un assaut armé bien organisé se solde même par la mort de l'ambassadeur des États-Unis et de quelques membres de son personnel.

On attribue à la diffusion sur Internet de « L'innocence des musulmans » (Innocence of Muslims) la montée de colère observée dans les populations musulmanes. Dans ce film médiocre, réalisé aux États-Unis, l'Islam est présenté comme un cancer et le prophète Mahomet dépeint comme un personnage ridicule qui évolue dans des situations qui le sont tout autant. Des manifestations anti-américaines éclatent dans plusieurs pays autour du 11 septembre - Yémen, Égypte, Soudan, Tunisie, Afghanistan, etc. - et des altercations opposant contestataires et policiers font plusieurs morts et des centaines de blessés. À Benghazi, en Libye, un assaut armé d'envergure entraîne la mort de l'ambassadeur américain Christopher Stevens et de membres de son personnel. Le gouvernement libyen accuse les partisans de l'ex-président Mouammar Kadhafi ainsi que le mouvement terroriste Al-Qaida qui aurait voulu venger un de ses hauts placés, tué peu de temps auparavant. Plusieurs observateurs considèrent d'ailleurs que « L'innocence des musulmans » n'aurait servi qu'à attiser la grogne populaire à l'endroit de l'Occident et n'aurait été qu'un prétexte à cette attaque ainsi qu'à d'autres planifiées et exécutées avec rigueur par des gens expérimentés et bien équipés. Les violences se poursuivent néanmoins dans les jours qui suivent, notamment à l'ambassade allemande au Soudan. Le gouvernement américain tente de calmer le jeu en dénonçant le film qui suscite le ressentiment des musulmans. Le débat est toutefois relancé le 19 alors que l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo publie des caricatures controversées, dont certaines illustrant Mahomet dans des situations provocantes.

Dans les médias...


S.A., « La violence des fossoyeurs de la foi »

«...La diffusion de ces extraits sur Youtube a été voulue par son auteur-réalisateur, qui répond au nom d'emprunt de Sam Bacile. Elle a été suivie d'une violente manifestation contre l'ambassade des États-Unis au Caire, de même que des défilés de protestation au Maroc, en Tunisie et au Soudan. Si elle appartient à cet ensemble de réactions, la tuerie de Benghazi relève d'une longue série criminelle qui n'a pas peu contribué à donner de l'islam l'image d'une religion de violence sectaire et d'intolérance. Cela va de l'appel au meurtre lancé dans les années 1980 par l'Iran contre l'écrivain Salman Rushdie aux menaces proférées contre tel ou tel caricaturiste du prophète Mahomet. (...) Le débat qu'il peut y avoir sur l'impact d'Internet ou sur la question des limites à apporter à la liberté d'expression vient après - après seulement. Et, s'il a lieu, il ne saurait en rien atténuer la condamnation de ce type de violence. »

Le Monde (France), 14 septembre 2012, p. 1.

Philippe Gélie, « Les fruits amers du printemps arabe »

«...Ce vendredi, tous les regards seront tournés vers la sortie des mosquées dans le monde musulman. Le moment est venu pour les dépositaires des révoltes arabes de choisir leur camp : celui de la démocratie ou celui d'al-Qaida et d'Ahmadinejad. Un choc des haines ne fait pas un choc des civilisations, à condition que ceux qui mènent les peuples s'emploient à défendre toutes les facettes de la liberté chèrement conquise - y compris le droit de libre parole. L'insulte en fait partie, voire le blasphème. Si le printemps arabe devait se solder par le triomphe d'un islamisme intolérant et anti-occidental, les démocraties ne manqueraient pas de s'interroger sur leur soutien militaire ou politique aux révolutionnaires. Les nouveaux dirigeants doivent prouver qu'ils ne sont pas otages des extrémistes et que leur islam est compatible avec la modernité. À défaut, ils donneraient raison à la caricature - et tort à ceux qui sont prêts à les aider. »

Le Figaro (France), 14 septembre 2012, p. 1.

Agnès Gruda, « La provocation et la mort »

«...Il est quand même ironique de constater que le représentant d'un pays ayant contribué au renversement de Mouammar Kadhafi (les États-Unis) vient d'être victime d'un groupuscule islamiste qui a pu prospérer depuis la chute du dictateur. De quoi faire bien rigoler le roi des rois d'Afrique dans sa tombe. Mais avant d'en conclure que la révolution libyenne a propulsé ce pays dans le chaos et l'extrémisme, remettons un peu les choses en perspective. La Libye a tenu ses premières élections législatives libres en juillet. Contrairement à tous les autres scrutins post-révolutionnaires dans le monde arabe, ici, la victoire n'est pas allée aux islamistes, mais à une coalition de libéraux qui n'a pas l'intention de mettre le pays sous une chape de plomb conservatrice. Hier, l'Assemblée nationale libyenne a choisi le nouveau premier ministre. Il s'appelle Abou Chagour, on le dit proche des islamistes - mais pas du tout dans la veine extrémiste. Comme l'illustre le terrible attentat de mardi, la première tâche du nouveau dirigeant de la Libye sera de travailler à la sécurité du pays. »

La Presse (Québec, Canada), 13 septembre 2012, p. A7.

Gouvernance et gouvernement [ 11 septembre 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Libye
Non disponibleMuhammad al-MegarifAbdul Rahim al-Kib

Égypte
TransitionMohamed MorsiHisham Qandil

Yémen
LimitéAbdul Rab Mansur al-HadiMuhammad Salim Basindwah

Afghanistan
TransitionHamid Karzaiinformation non-pertinente

Soudan
FaibleUmar al-Hasan Omar el-BechirSadiq al-Mahdi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2002 - 2016



octobre
2011
Décès de l'ex-président libyen Mouammar Kadhafi

septembre
2012
Manifestations anti-américaines dans plusieurs pays arabes

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2015
Naufrage de plus de 800 immigrants clandestins en Méditerranée


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