15 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

19 décembre 2012

Élection de Park Geun-hye à la présidence de la Corée du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Park Geun-Hye

Huit mois après la victoire du Parti Saenuri aux élections législatives, c'est la candidate de cette formation, Park Geun-hye, qui remporte l'élection présidentielle avec 51,5% des voix. Elle devance Moon Jae-in du Parti démocratique uni (PDU) qui obtient l'appui de 48% des électeurs.

En 2011, le Grand Parti national (GPN), une formation de droite, occupe la présidence avec Lee Myung-bak et détient la majorité des sièges à l'Assemblée nationale sud-coréenne. Le gouvernement est cependant affecté par la crise économique, en plus d'être hanté par des scandales qui minent sa crédibilité. À la suite de divisions internes, le GPN devient le Parti Saenuri (Nouvelle frontière), sans toutefois s'éloigner de son conservatisme social et de ses positions économiques néolibérales. Sa popularité à la baisse, le Parti Saenuri profite du leadership de Park Geun-hye lors des législatives du 11 avril 2012. Cette femme de 60 ans, fille de l'ex-président Park Chung-hee (1963-1979), joue un rôle important dans la victoire de cette formation qui conserve une mince majorité avec 152 sièges sur 300 et 42,8% des voix. Son principal adversaire, le PDU, termine deuxième avec 127 sièges, alors que les autres partis finissent loin derrière. Les thèmes économiques, dont le commerce avec les États-Unis, et les relations avec la Corée du Nord sont au coeur de la campagne présidentielle de l'automne 2012 visant à trouver un successeur à Lee Myung-bak. Malgré un intérêt récent pour les problèmes sociaux, Park Geun-hye défend un programme conservateur sur le plan économique - moins de taxes, de règles, etc. Les Sud-Coréens lui expriment leur confiance en l'élisant le 19 décembre avec 51,5% des voix contre 48% pour son rival le plus sérieux, Moon Jae-in du PDU. Cette victoire fait de Park Geun-hye la première femme chef d'État de la Corée du Sud, un pays dont le Produit national brut figure parmi les quinze plus élevés au monde.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Arnaud Vaulerin, Eva John, « Présidentielle : la Corée du Sud a le blues du dictateur »

«...Comme Park Geun-hye, cet avocat de formation (Moon Jae-in) n'a pas d'expérience gouvernementale. Fils spirituel de Roh Moo-hyun, président de 2003 à 2008 qui est devenu une sorte d'icône pour le centre gauche depuis son suicide en 2009, Moon est surnommé «l'ombre de Roh». «C'est le scrutin des revenants», ironise un internaute. Les deux candidats ont fait campagne en semblant traîner dans leur sillage leur fantôme respectif, et sans véritablement s'affronter sur un choix de société pour la 13e puissance économique de la planète. Cette campagne n'aura cessé de regarder dans le rétroviseur. Et cela ne manque pas de surprendre, dans un État qui a accédé à la démocratie il y a seulement vingt-cinq ans et pour lequel la foi en l'avenir a souvent servi de seul viatique. «Le pays est à un tournant. Il a épuisé le moteur de croissance qui lui a assuré une réussite économique indéniable, analyse l'ex-diplomate et historien Pascal Dayez-Burgeon. Il ne sait plus vers quel futur se tourner, alors il adopte un réflexe historique.» »

Libération (France), 19 décembre 2012, p. 7.

Philippe Pons, Philippe Mesmer, « Une femme élue à la présidence de la Corée du Sud »

«...Elle est la première femme à accéder aux plus hautes fonctions de l'État en Asie du Nord-est, une avancée d'autant plus notable que la Corée n'est guère un exemple en matière de parité : elle est au 108e rang des pays du Forum économique mondial en ce domaine, entre les Émirats arabes unis et le Koweït. Dans une élection qui, étant donné la proximité des programmes des deux principaux candidats, se joua essentiellement sur une question d'image, Mme Park a cherché à se démarquer de l'héritage dictatorial de son père, sans pour autant rien renier. Célibataire, d'une élégance sobre, Mme Park, 60 ans, a essayé de se donner une image plus moderne. Elle s'est présentée comme une candidate du changement, entendant remédier aux disparités d'un modèle de croissance qui a accentué les injustices sociales. Elle a cependant échoué à combler le profond fossé générationnel, ne séduisant qu'un tiers des moins de 40 ans, alors que 72 % des plus de 60 ans ont voté pour elle. »

Le Monde (France), 21 décembre 2012, p. 7.

AFP, « Une femme accède pour la première fois à la présidence »

«...La Corée du Nord n'a pas été un thème majeur de campagne alors même que Pyongyang a procédé à un tir de fusée condamné par la communauté internationale la semaine dernière, le quatrième seulement depuis 2006, coïncidant avec le premier anniversaire du décès de l'ancien homme fort Kim Jong-Il. Park Jae-In et Moon Jae-In ont exprimé leur volonté commune de redonner une impulsion aux relations intercoréennes même si Park Jae-In est plus réservée, les conservateurs observant de longue date une ligne intransigeante à l'égard de Pyongyang. Moon Jae-In s'est déclaré favorable à la reprise sans condition de l'aide à la Corée du Nord et a appelé de ses voeux un sommet avec Kim Jong-Un, le fils cadet de Kim Jong-Il qui lui a succédé à la tête du régime communiste. »

Le Temps (Suisse), 19 décembre 2012.

Gi Wook-shin, David Straub, « A tough woman in a tough job »

«...In this election, Park showed her political skills by realizing a « grand coalition of conservatives » - a first since South Korea democratized in 1987. It came at a heavy cost: Progressive opponents have reacted by increasing their own solidarity, further deepening the country's political polarization. Younger Koreans and residents of the southwestern Cholla region voted overwhelmingly for her opponent. Park won in a tight race in a country more politically polarized than the United States. South Koreans are split between conservatives who blame North Korea entirely for its own plight, and progressives who lay substantial blame on South Korean conservatives and the United States for not addressing what they believe are North Korea's legitimate security concerns. While for Washington North Korea is a policy concern, for South Koreans it is also a heated political issue and, fundamentally, a matter of unresolved national identity. The North Korean satellite launch will not alter the divisions within South Korea. »

International Herald Tribune (France), 21 décembre 2012, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 19 décembre 2012 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireLee Myung-bakKim Hwang Sik

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2007 - 2016



janvier
2007
Entrée en fonction de Ban Ki-moon au poste de secrétaire général des Nations unies

décembre
2007
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2008
[Résultats] Élections législatives

avril
2012
[Résultats] Élections législatives

décembre
2012
Élection de Park Geun-hye à la présidence de la Corée du Sud

décembre
2012
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2016
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


février
2019
Le succès du recyclage sud-coréen

janvier
2019
Interpol choisit l'Occident

janvier
2018
Soixante-cinq ans plus tard : l'armée sud-coréenne plus forte que jamais

février
2017
Corée du Sud : face à un vieillissement de la population sans équivalent

février
2017
Corée du Sud : destitution de la présidente sur fond de corruption

septembre
2016
Élections sud-coréennes 2016 : conservatisme en crise

février
2016
Du tintamarre à l'endroit de la présidente en Corée du Sud

septembre
2015
Rapprochement Corée du Sud - Japon : la sécurité avant tout

février
2015
La Corée du Sud : un dragon asiatique

janvier
2015
Visite surprise de dirigeants nord-coréens en Corée du Sud


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016