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22 janvier 2013

Élections législatives en Israël

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Benyamin Netanyahou

Lors des élections israéliennes, le Likoud Beiteinu du premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou, arrive en tête des partis avec 23,3% des voix et 31 sièges. Ce résultat constitue un recul pour cette formation de droite, alors que le Yesh Atid de Yair Lapid, à sa première expérience électorale, surprend avec 14,3% des intentions de vote et 19 sièges.

Plusieurs rebondissements font suite aux législatives de février 2009. Le leader travailliste Ehud Barak quitte son parti en janvier 2011 et fonde l'Independence Party avec d'autres dissidents. Puis, en 2012, Tzipi Livni, la dirigeante de Kadima, formation qui était arrivée en tête en 2009 avec 28 sièges, perd la direction et met sur pied un parti centriste : Hatnuah. Le Likoud décide pour sa part de présenter une liste commune avec le Yisrael Beiteinu, tandis que le journaliste Yair Lapid lance un autre parti centriste, Yesh Atid. L'automne 2012 est également mouvementé alors que des tensions avec le Hamas entraînent des frappes aériennes israéliennes dans la bande de Gaza (14 au 21 novembre) et que l'obtention du statut d'État non membre aux Nations unies par la Palestine incite Israël à autoriser la construction de logements dans Jérusalem-Est. Le Likoud Beiteinu du premier ministre Netanyahou part favori en prévision des élections que ce dernier déclenche parce qu'il se dit incapable de faire adopter le budget avant la fin de 2012. Le 22 janvier, il n'obtient toutefois que 31 des 120 sièges à la Knesset, devançant le Yesh Atid, la surprise du scrutin, et les travaillistes avec respectivement 19 et 15 sièges. Pour sa part, Kadima s'effondre avec seulement 2 sièges. Les blocs de droite et de gauche sont presque à égalité dans la nouvelle Chambre et, comme c'est la coutume en Israël, un gouvernement de coalition devra être formé. Alors que l'on s'attendait à ce qu'il ait les coudées franches, Netanyahou devra faire des compromis dans la composition de son cabinet. Plusieurs attribuent le recul de son parti à un désir de l'électorat de faire une plus grande place aux enjeux de politique intérieure. Les analystes s'interrogent aussi sur la direction que le nouveau gouvernement adoptera face à l'Iran ou aux Palestiniens, même si peu de changements sont anticipés à court terme.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « En Israël, « Bibi » Nétanyahou sort affaibli des élections »

«...La campagne du premier ministre, vantant sa stature d'« homme d'État » que personne ne pourrait lui disputer et axée sur la menace iranienne, n'a pas séduit. Les électeurs du centre, qu'il guignait, lui ont préféré les candidats qui ont mis l'accent sur les fractures d'Israël. Fracture économique tout d'abord, un peu plus d'un an après un mouvement d'« indignés » qui a mobilisé les laissés-pour-compte d'une croissance structurellement inégalitaire, exaspérés par la question cruciale du logement. Fracture sociale aussi, centrée sur la question de la conscription des religieux - qui échappent aujourd'hui au service militaire - au nom d'un juste partage du fardeau, perspective qui déchaîne les foudres des formations représentant les « hommes en noir », le Shass et le Parti unifié de la Torah. Ces thèmes figuraient au coeur du programme de l'ancien journaliste Yaïr Lapid. Arrivée en deuxième position, la liste de son parti constitue la surprise de ce scrutin, même si la vie politique israélienne, avec un système électoral reposant sur la proportionnelle intégrale avec un faible seuil, est riche en partis éphémères qui ne brillent que le temps d'une seule élection. »

Le Monde (France), 24 janvier 2013, p. 1.

Baudouin Loos, « Netanyahou gagne et perd à la fois »

«...Le processus de paix avec les Palestiniens peut-il retrouver des couleurs dans ce contexte ? Théoriquement oui. Soixante députés sur cent vingt appartiennent à des partis qui disent le souhaiter. Sans compter le Likoud qui l'affirme également mais sans convaincre personne. Le sujet a toutefois été occulté par la plupart des formations sionistes (sauf Meretz et Hatznuah, qui font 12 sièges ensemble), et il reste douteux qu'un Netanyahou se laisse imposer une reprise des négociations... sauf que les pressions internationales vont sans doute croître puisqu'il sort affaibli de la joute électorale. On prête aux Européens (avec, certains l'espèrent, les Américains) le projet de tenter de relancer très vite les négociations de paix... Concernant le dossier iranien, la victoire en forme de défaite relative de Benyamin Netanyahou place ce dernier sur la défensive. S'il cherchait un blanc-seing de l'opinion publique israélienne pour attaquer les installations nucléaires iraniennes, il reste loin du compte. Ce qui devrait du reste susciter un certain soulagement en Israël... et aussi dans le monde. »

Le Soir (Belgique), 24 janvier 2013, p. 11.

Alexandre Adler, « Israël : un tremblement de terre politique »

«...Ces vingt dernières années, l'effritement de l'hégémonie politique et intellectuelle travailliste a permis l'émergence d'une nouvelle droite pratiquant sans cesse le grand écart entre son identité nationaliste, au départ intransigeante, et la prise en compte, inévitable, des intérêts pragmatiques de l'État. À certains égards, l'entente de (Ariel) Sharon et (Shimon) Pérès pour reconstituer avec Kadima une grande formation centriste hégémonique aura été la première tentative pour sortir par le haut de ces incertitudes. L'effondrement physique de Sharon a cassé définitivement les espoirs que l'on pouvait mettre dans une telle solution. Et puisque la sortie par le haut de la paralysie politique du système israélien ne devenait plus possible, c'est à une sortie par le bas que le corps électoral - vox populi, vox Dei - vient de procéder. Tout se passe en effet comme si le peuple israélien avait décidé, comme pour ouvrir une nouvelle partie, de rebattre dans tous les sens le jeu de cartes dont il héritait avant d'entamer, sans doute, une nouvelle organisation de sa représentation publique. »

Le Figaro (France), 28 janvier 2013, p. 19.

Claude Lévesque, « Israël en mutation ? »

«...Une des grandes nouvelles, c'est que Yesh Atid, le parti centriste fondé il y a moins d'un an par l'animateur de télévision Yair Lapid, a fait élire 19 députés aux élections de mardi, ce qui le place au deuxième rang derrière le Likoud. M. Lapid, qui a réussi à mettre à profit les doléances de la classe moyenne, dont le niveau de vie se détériore, devient ainsi un acteur incontournable. Il a fait mentir les sondages qui ne lui donnaient que 12 sièges et lui réservaient le quatrième rang. Globalement, ce sont surtout les formations centristes qui ont progressé, si bien que la Knesset, le Parlement israélien, comptera désormais autant de députés du centre ou de la gauche qu'il en comptera de la droite ou de l'extrême droite. Autrement dit, le long glissement vers la droite, qu'elle soit religieuse, nationaliste ou autre, semble avoir été stoppé, même si un parti ultranationaliste de création assez récente a réussi à faire élire une douzaine de députés. (...) L'autre constatation évidente, c'est que l'exercice consistant à forger une coalition constituera un véritable casse-tête. »

Le Devoir (Québec, Canada), 26 janvier 2013, p. B1.

John Reed, « The Israeli political sensation born to take the centre stage »

«...Yesh Atid's rise still leaves Mr Netanyahu as the head of the next coalition, but it means he must now accommodate the neglected political centre embodied by Mr Lapid - and offer him a senior role. Bigger jobs may lie ahead: 40 per cent of Israelis said in one survey this week they wanted him to become prime minister in four years. If Mr Netanyahu struggles to form a majority or pass a budget, the opportunity could come even sooner. Mr Lapid's rise represents an electoral rebuke by the voters of Israel's coastal, cosmopolitan, secular-minded cities to the rightists in Jerusalem and in the ultra-Orthodox Haredim communities and Jewish settlements of the West Bank. « The citizens of Israel today said no to the politics of fear and hatred, » Mr Lapid said in his speech after the vote confirmed Yesh Atid would hold 19 of the Knesset's 120 seats. « They said no to extremists and they said no to anti-democratic behaviour. » But others in Israel view Mr Lapid as a political lightweight who will struggle to perform in the brawling world of Israeli politics. « He did well because he didn't say much, » says Shlomo Avineri, professor of politics at Jerusalem's Hebrew University. »

The Financial Times (Royaume-Uni), 26 janvier 2013, p. 12.

Gouvernance et gouvernement [ 22 janvier 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireShimon PeresBenyamin Netanyahou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas

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2013
Élections législatives en Israël

janvier
2013
[Résultats] Élections législatives

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2014
Décès de l'ex-premier ministre israélien Ariel Sharon

août
2014
Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

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2015
[Résultats] Élections législatives


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