Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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13 mars 2013

Élection du pape François

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François

L'annonce de la démission du pape Benoît XVI, le 11 février 2013, entraîne la tenue d'un conclave visant à lui trouver un successeur. Après cinq votes, c'est le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio qui est élu. Il devient le premier homme originaire des Amériques à accéder à la papauté.

En poste depuis 2005, Benoît XVI (Joseph Ratzinger) quitte son poste le 28 février 2013 en évoquant son « incapacité à administrer » son ministère, conséquence de problèmes de santé. Il s'agit de la première démission d'un pape en fonction depuis le XVe siècle. À l'approche du conclave visant à lui trouver un successeur, les analystes établissent une liste de favoris - l'Italien Angelo Scola, l'Autrichien Christoph Schönborn, le Canadien Marc Ouellet, le Ghanéen Peter Turkson, etc. Après deux jours et cinq tours de scrutin, les cardinaux surprennent en élisant l'Argentin Jorge Mario Bergoglio. Cet archevêque de Buenos Aires, qui aurait terminé deuxième derrière Ratzinger lors du conclave de 2005, devient le premier jésuite et le premier homme originaire des Amériques à accéder à la papauté. Considéré comme près des pauvres et peu porté sur le faste, ce fils d'immigrants italiens prend le nom François en hommage à Saint-François d'Assise, identifié lui-même à l'humilité et la simplicité. Lors de la présentation à la foule massée sur la place Saint-Pierre, il pose d'ailleurs un acte inhabituel en demandant aux fidèles de prier pour lui. Dans le passé, le souverain pontife de 76 ans a dénoncé les inégalités sociales et les dérives du libéralisme. On le décrit aussi comme conservateur sur des questions comme l'avortement, la place des femmes dans l'Église ou le mariage entre conjoints de même sexe. Le pape François devra composer avec des problèmes comme la baisse de la pratique religieuse dans plusieurs pays occidentaux ainsi que les scandales sexuels qui secouent de nombreux diocèses. Malgré une controverse persistante sur le peu d'engagement de ce dernier face à la dictature argentine, entre 1976 et 1983, les premiers jours de son pontificat se déroulent tout de même dans l'enthousiasme, les foules faisant un accueil chaleureux au nouveau pape.

Dans les médias...


Stéphanie Le Bars, « François, le pape des « premières fois » »

«...Ce choix historique et, d'un point de vue géographique tout au moins, révolutionnaire, a été effectué en moins de vingt-sept heures par 114 cardinaux, réputés conservateurs. Leur volonté de promouvoir un cardinal d'Amérique latine est évidemment un signal positif et un choix opportun, alors que le centre de gravité de l'Église a basculé depuis plusieurs années vers ce continent. Il atteste la volonté de l'Église de s'ouvrir sur ses nouveaux horizons et de mieux les prendre en compte. La volonté du collège des cardinaux de mettre en avant un homme, dont « la simplicité », « l'humilité » et le travail pastoral auprès des plus pauvres semblent largement reconnus, tend aussi à mettre l'accent sur la dimension « évangélique » de l'Église, à l'heure où son image est abîmée par une succession de scandales. Au-delà de ces éléments incontestables, faut-il pour autant voir dans ce choix une totale audace de la part des cardinaux ? Pas si sûr. Pour incarner cet air nouveau, qu'ils veulent désormais voir souffler sur Rome, ils ont visiblement préféré un Argentin âgé (presque aussi vieux que Benoît XVI lorsqu'il prit ses fonctions de pape, à 78 ans) à un Brésilien plus jeune, Odilo Scherer, 64 ans, susceptible de « régner » plus longtemps. »

Le Monde (France), 15 mars 2013, p. 2.

Isabelle de Gaulmyn et Frédéric Mounier, « La papauté à l'heure d'une ère nouvelle »

«...Le pape est évêque de Rome, « primus inter pares », chargé au milieu d'eux d'assurer l'unité de l'Église, et non le super-patron de l'Église universelle. C'est toute la conception de la papauté qui est en train de se modifier profondément, en ce début de troisième millénaire, conformément aux jalons posés par le concile Vatican II. D'une certaine manière, en élisant François, les cardinaux ont relayé le geste prophétique de Benoît XVI de renoncer à sa charge pontificale, il y a un mois. « La papauté ne sera plus jamais comme avant », confiait le cardinal Roger Etchegaray, comparant la décision de Benoît XVI à l'encyclique de Jean-Paul II, Ut unum sint, où le pape polonais avait mis son autorité en jeu pour favoriser l'unité des Églises chrétiennes. Réfléchissant aux dysfonctionnements de gouvernement qu'il rencontrait, Benoît XVI avait eu l'extrême humilité de reconnaître que ce pouvait être lui l'obstacle au changement, trop âgé et fatigué, devenu une « pierre sur laquelle on trébuche » comme il l'avait dit dans son homélie du 29 juin 2012, en jouant sur les deux sens du mot Pierre. Désormais, le service du pape est plus grand que la personne qu'il incarne. Avec François, on voit que cette évolution ouvre de nouvelles perspectives en matière de gouvernance et de relations avec les autres confessions chrétiennes. Mercredi soir, l'Église catholique a pris le chemin du large. »

La Croix (France), 15 mars 2013, p. 2 et 3.

Frédéric Koller, « Le pape des émergents »

«...Est-ce le choix réfléchi d'un conclave soucieux d'évoluer avec son époque ou le fruit de calculs moins avouables et de luttes de pouvoir qui n'avaient que peu de liens avec l'origine géographique du lauréat? Le Vatican livrera sa version de l'histoire en temps voulu. Tout juste peut-on affirmer que le temps était venu de traduire enfin dans la hiérarchie romaine la profonde mutation démographique du catholicisme. Alors que les Européens représentaient deux tiers de ses adeptes en 1910, leur part s'est réduite à moins d'un quart un siècle plus tard. Voilà un certain temps que le Brésil est, en nombre de croyants, le premier pays catholique au monde, loin devant l'Italie (5e et premier au plan européen). Plus de 40% des catholiques vivent désormais en Amérique latine. En y ajoutant l'Amérique du Nord, c'est la moitié des ouailles du pape qui réside outre-Atlantique. Le déclin européen n'est pas qu'économique et militaire. Il est aussi religieux, du fait d'une démographie négative associée à un scepticisme qui se renforce envers les questions de la foi. Nommer un pape du Sud, c'est donner une visibilité, créer une dynamique, rendre une fierté à la part dominante du peuple catholique. Et en Amérique latine, tout comme aux Etats-Unis, il en a besoin. Il n'y a pas que les scandales sexuels en cascade qui ont assombri l'image de l'Église. Là-bas aussi, en termes relatifs, le catholicisme recule. »

Le Temps (Suisse), 16 mars 2013.

Christian Rioux, « François, premier pape des Amériques »

«...Ce premier pape latino-américain (mais d'origine italienne) aura déjoué tous les pronostics et confirmé l'adage qui dit que ceux qui entrent pape au conclave en ressortent cardinal. José Mario Bergoglio ne sera pourtant pas l'homme-orchestre dont rêvaient les analystes. Il n'est pas connu pour être un administrateur hors pair ni un maître de la communication. On le dit même austère. Il n'est pas jeune non plus puisqu'il a 76 ans. Mais c'est un jésuite proche des pauvres. Les 115 cardinaux ont donc fait le choix d'un pape d'abord concerné par la « nouvelle évangélisation », et cela sur le continent qui compte 40 % des catholiques du monde mais où la position de l'Église est contestée par les groupes évangéliques. (...) L'Église vient donc de se donner un pape atypique, mais dont l'action depuis des années correspond en droite ligne avec les orientations du dernier conclave qui portait sur la « nouvelle évangélisation ». Il reviendra d'ailleurs au pape François d'en dégager les conclusions puisque Benoît XVI a démissionné avant d'avoir pu le faire. On disait aussi Mgr Bergoglio partisan d'une plus grande collégialité dans la direction de l'Église. »

Le Devoir (Québec, Canada), 14 mars 2013, p. A1.

« Pope Francis : the first southern pope »

«...Just as the election of a Pole in 1978 helped presage the fall of the iron curtain and the reunification of Europe, the Argentine's election heralds the shift in economic - and political - power from north to south. With John Paul II, the papacy stopped looking like a club for Italians; with Francis it is no longer a club for Europeans. The sight of a southerner in the Vatican will be as important, in its way, as the arrival of the first black man in the White House. All this symbolism will count for little, though, if nothing changes. Despite his age and his closeness to the conservative Benedict, Francis may be a reformer. It is hard to imagine a man who ditched his limousine and palace in Buenos Aires and took the bus to work from a humble flat putting up with nonsense from Vatican smoothies. In Europe religion may be declining; in Latin America Christianity - albeit of many kinds - is still thriving. He is also an outsider in another sense: the first Jesuit to become pope. »

The Economist (Royaume-Uni), 16 mars 2013.

Gouvernance et gouvernement [ 13 mars 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéGiorgio NapolitanoMario Monti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016



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2008
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avril
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2011
Démission du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi

février
2013
Élections législatives en Italie

février
2013
[Résultats] Élections législatives

mars
2013
Élection du pape François

avril
2014
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août
2016
Tremblement de terre dévastateur en Italie

décembre
2016
Tenue d’un référendum constitutionnel en Italie


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