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24 mars 2013

Renversement du président François Bozizé en République centrafricaine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Bozizé

Peu après la signature d'un accord de paix avec le gouvernement, le 11 janvier 2013, l'opposition Séléka repend les armes et s'empare de plusieurs villes importantes de la République centrafricaine. Son pouvoir fragilisé, le président François Bozizé quitte le pays le 24 mars. Son successeur sera Michel Djotodia, une figure de proue de l'opposition.

Un coup d'État porte François Bozizé au pouvoir en mars 2003. Réunis au sein de l'Union démocratique des forces pour le rassemblement (UDFR), ses opposants, dirigés par Michel Djotodia, tentent sans succès de le déloger. Les hostilités sont interrompues par un accord de paix, en 2007, mais l'opposition continue de dénoncer Bozizé qui, selon elle, ne respecte pas ses dispositions. À l'été 2012, elle se réunit au sein de la Séléka (coalition), une force politique dirigée par Djotodia qui rassemble plusieurs formations. En décembre, une offensive armée est orchestrée avec succès, les troupes de la Séléka s'emparant de plusieurs villes, ce qui entraîne d'importants déplacements de population. Le gouvernement réclame de l'aide extérieure. Il en reçoit du Tchad, mais pas de la France qui se cantonne dans la protection de ses ressortissants, une décision qui crée des tensions. Un accord de paix est conclu à Libreville, le 11 janvier 2013. Négocié sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale, il prévoit le retrait des troupes étrangères - sauf les Forces multinationales de l'Afrique centrale - , l'accession d'un membre de la Séléka (Nicolas Tiangaye) au poste de premier ministre, la création d'un gouvernement d'union nationale et la tenue de législatives d'ici un an. De plus, Bozizé terminerait son mandat en 2016, mais ne pourrait le renouveler. Comme plusieurs observateurs l'avaient prédit, la trêve est cependant de courte durée et l'offensive reprend peu de temps après. L'instabilité gagne la capitale, Bangui, et Bozizé quitte la présidence et le pays le 24 mars. Djotodia se proclame président, suspend la Constitution, dissout l'Assemblée nationale, puis forme un nouveau gouvernement avec Tiangaye comme premier ministre. Il promet également des élections d'ici trois ans.

Dans les médias...


Tanguy Berthemet, « En Centrafrique, les rebelles prennent Bangui »

«...Pour les pays d'Afrique centrale, la chute de Bozizé représente a priori un échec. Les chefs d'État, et notamment le Tchadien Idriss Déby, s'étaient engagés à interdire toute nouvelle prise de pouvoir par les armes en Centrafrique, pays coutumier des coups d'État. En janvier dernier, après une première offensive de la Séléka, ils avaient imposé aux belligérants un accord de partage du pouvoir censé résoudre la crise. Mais le texte, mal conçu et signé de mauvais gré, n'a jamais été pleinement appliqué. Il y a une dizaine de jours, la Séléka avait donc repris les armes pour son ultime attaque. « Il est douteux que cela se soit fait sans l'aval tchadien » , suppose un bon connaisseur du dossier. Roland Marchal, chercheur au CNRS, souligne de son côté « la bonne organisation » des rebelles, pourtant connus ces dernières années pour être brouillons : « Ils disposent d'armes en nombre et, de manière évidente, de cadres militaires » . La prise de pouvoir par la Séléka est cependant loin de résoudre tous les problèmes. Le mouvement, une coalition de plusieurs rébellions, est très divisé et ne disposait d'aucun programme autre que la chute de François Bozizé. « Il va falloir faire vite pour éviter que cette guerre ne débouche sur une autre » , résumait un diplomate. »

Le Figaro (France), 25 mars 2013), p. 9.

Maria Malagardis, « Michel Djotodia, nouveau boss à Bangui »

«...L'histoire de la création du Séléka, dont Djotodia s'affirme aujourd'hui le leader incontesté, reste encore à écrire. Mais il semblerait que le mouvement naissant ait eu dès le départ plusieurs mentors et qu'il ait aussi bénéficié de l'appui décisif du président tchadien, Idriss Déby, exaspéré par François Bozizé, jugé de plus en plus ingérable et peu fiable. En fait, Déby aurait joué double jeu, s'appuyant, selon les circonstances, sur les deux camps. Mais l'un de ses fils, Zakaria, aurait servi d'intermédiaire et de conseil auprès du Séléka. Peu étonnant dans ces circonstances que, selon certaines informations, des conseillers tchadiens encadrent déjà le nouveau président autoproclamé. Faut-il également voir dans la discrétion française face au dernier coup de force à Bangui l'ombre de Déby, devenu un allié incontournable de Paris depuis son engagement sur le terrain malien ? »

Libération (France), 26 mars 2013, p. 5.

« Another coup : Chaos Reigns in the Central Africa Republic »

«...it is interesting that France chose to intervene militarily in Mali, also an ex-colony, but not in the C.A.R., to try to restore order. That was probably due to a large extent to French and U.S. alarm at the Islamist character of some of the rebel forces in Mali, in comparison to the C.A.R. Both countries are landlocked. Neither has mineral or other resources of particular interest to the outside world. Even though the C.A.R. borders on six other countries, the United States has never been particularly involved in its affairs, except to push democratic elections in the early 1990s. Even though Mr. Bozize's government was scarcely worth saving, it was elected in 2011, and other African countries had made an effort at peacemaking between the government and the rebels in January. That effort failed, with both sides claiming bad faith. In any case, the coup in the C.A.R. must be seen as a setback for Africans' efforts to find solutions to African problems, even when led by South Africa. »

The Pittsburgh Post-Gazette (États-Unis), 29 mars 2013.

Gouvernance et gouvernement [ 24 mars 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Centrafricaine (rep)
FaibleMichel Djotodia Nicolas Tiangaye

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2003 - 2016



mars
2003
Renversement du président centrafricain Ange-Félix Patassé

mars
2013
Renversement du président François Bozizé en République centrafricaine

janvier
2014
Démission du président centrafricain Michel Djotodia

décembre
2015
[Résultats] Élection présidentielle


Dans l'actualité


février
2016
Plusieurs missions attendaient le pape en Afrique

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Les renforts arrivent en Centrafrique

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La France divisée quant à l'intervention en Centrafrique

février
2013
La République centrafricaine : impasse dans les négociations

février
2009
Un rapport accablant sur la République centrafricaine

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2007
Bokassa : Napoléon 1er de Centrafrique


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