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17 juillet 1976

Boycott des Jeux olympiques de Montréal par des pays africains

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Stade olympique

Tous les pays africains, sauf deux, annoncent que leurs délégations ne prendront pas part aux Jeux olympiques de Montréal. Taïwan fait également cette annonce, mais pour des raisons différentes.

Après les incidents de Mexico et la tragédie de Munich, le mouvement olympique souhaite que les Jeux de Montréal se déroulent sans incidents politiques. Cet espoir s'estompe rapidement alors que tous les pays africains, à l'exception de la Côte-d'Ivoire et du Sénégal, résistent aux tractations diplomatiques et décident de retirer leurs délégations. Ce geste vise à contester la présence aux Jeux des athlètes de la Nouvelle-Zélande. Peu de temps auparavant, une équipe néo-zélandaise de rugby avait participé à une tournée en Afrique du Sud, pays dénoncé universellement et exclu des olympiques pour sa politique de ségrégation raciale. Cette décision mène au départ d'une trentaine de pays et d'environ 700 athlètes. Certains d'entre eux, comme les coureurs à pied Filbert Bayi et John Akii-Bua, figuraient parmi les favoris pour remporter leurs épreuves respectives. Taïwan, à qui l'on a refusé le droit de porter le nom de République de Chine, a également annoncé que ses athlètes ne participeraient pas aux compétitions.

Dans les médias...


Marie-Thérèse Eyquem, « Les mots magiques »

«...Contrairement à ce qu'on pense trop souvent, ce ne sont pas les athlètes qui sont coupables des déviations des Jeux. Ils souhaitent avant tout donner le meilleur d'eux-mêmes, et toute captation de leurs victoires les indigne. (...) Dans quelles instances leurs voix se font-elles entendre ? Faut-il déduire, de tous ces errements, que les Jeux olympiques s'acheminent inéluctablement, vers leur fin ? On ne saurait l'affirmer. Les schismes ne font pas toujours mourir les Églises. Outre le ton particulier que peuvent donner les pays organisateurs, ils survivront s'ils retrouvent l'échelle humaine, si l'on ne confond plus la quantité et la qualité, l'ostentation et la grandeur, si les moyens mis en oeuvre pour les prendre en charge n'excèdent pas les possibilités des petites nations, si, à la mesure de la valeur individuelle, s'ajoute l'évaluation de l'effort réalisé dans tous les pays, compte tenu de leur population, pour le développement du sport de masse en vue d'un classement équitable des nations, si l'athlète n'est pas considéré comme l'indice de la qualité d'un produit ou de la supériorité d'un régime, si enfin la composition du C.I.O. devient démocratique (...) Mais pour le cas où la signification même des Jeux continuera à être falsifiée, la simple honnêteté consistera à les supprimer. »

Le Monde (France), 21 juillet 1976, p. 9.

A.N'Diaye, « L'anneau noir de Montréal »

«...Malheureusement, dans une affaire capitale, la lutte contre l'apartheid dans le sport, l'improvisation et la confusion ont tenu lieu de stratégie. Cela a facilité la tâche des moralistes de tout acabit, qui ont pu, sans frein, et dans l'approbation générale, déverser leur mépris à l'encontre de tout un continent. Cela a empêche d'autre part que s'exprime la solidarité des pays « amis ». (...) Plusieurs journaux occidentaux ont attribué aux athlètes africains des déclarations condamnant l'attitude de leurs gouvernements. Il convient, à ce sujet, de rétablir la vérité. Tous les sportifs ont regretté, et c'est naturel, de s'être préparés durement pour rien. Mais, loin de critiquer l'O.U.A. dans sa lutte anti-apartheid, nombreux sont les champions, ougandais ou kényans par exemple, qui proclamaient que le combat pour la dignité de l'homme noir ne saurait souffrir de concessions. Ils n'ont bien entendu pas eu droit aux colonnes de la presse du « monde libre », pas plus que les athlètes sénégalais qui se sont étonnés que leur gouvernement ne soutienne pas avec plus de vigueur la cause des Noirs d'Afrique du Sud. »

Afrique-Asie (France), 6 septembre 1976, p. 50-51.

Jean Pellerin, « Geste africain lourd de conséquences »

«...Les pays de l'Afrique noire avaient réussi à écarter des Jeux l'Afrique du Sud et la Rhodésie, entendant ainsi punir ces deux pays pour leur politique raciale. Par son caractère excessif, cette punition discutable eût du calmer les nations noires. Apparemment, il n'en est rien. (...) En boycottant les Jeux d'une façon quasi générale, et pour un prétexte aussi ténu, l'Afrique se rend un très mauvais service. Elle s'exclut en quelque sorte du Comité international. Son coup de tête ne punira, en somme, qu'elle-même et ses athlètes. De plus, elle n'a aucune chance d'amener le CIO à se plier à ses demandes. En effet, comment ce dernier pourrait-il prendre, dans le cas de la Nouvelle-Zélande, des mesures qu'aucun pays d'Afrique n'accepterait, et avec raison, qu'on prît à son endroit ? Si les pays se mettent maintenant à s'excommunier les uns les autres, c'est la fin de l'olympisme. »

La Presse (Québec, Canada), 20 juillet 1976, p. A4.

Éditorial

«...The African boycott raises totally different issues from the earlier withdrawal of Taiwan from the Games. Taiwan's athletes were responding to what they saw as a slur upon their own national identity by the host country, Canada. The African teams, in contrast, were asked to make a political statement having nothing to do with the Olympics. They were protesting the willingness of another national competitor, New Zealand, to meet South Africa in rugby, a non-Olympic sport, in a series of matches far from Montreal and totally outside the Olympic framework. Obviously no athlete or nation can or should be required to participate in the Olympics. African governments, or any other, have every right to pull out - though they might give some thought to the hurt they thereby inflict upon those of their own citizens who have been training so tirelessly for the moment of test that, through no fault of theirs, has now been denied them. »

The New York Times (États-Unis), 20 juillet 1976.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juillet 1976 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéJules LégerPierre Elliott Trudeau

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1971 - 1981



octobre
1972
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

octobre
1972
[Résultats] Élections législatives

juillet
1974
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

juillet
1974
[Résultats] Élections législatives

juillet
1976
Boycott des Jeux olympiques de Montréal par des pays africains

mai
1979
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Joe Clark

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

février
1980
Élection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

février
1980
[Résultats] Élections législatives

mai
1980
Tenue d'un référendum sur la souveraineté-association au Québec


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