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24 avril 2013

Effondrement d'un bâtiment causant un millier de morts au Bangladesh

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rana Plaza

L'effondrement d'un bâtiment à Savar, près de Dhaka, la capitale du Bangladesh, fait 1 127 morts et des milliers de blessés. Cette tragédie a des répercussions internationales, car elle met à l'avant-plan les difficiles conditions des travailleurs du vêtement de ce pays et pose la question de la responsabilité des entreprises occidentales qui font affaire avec leurs employeurs.

Le Bangladesh compte plusieurs millions de travailleurs du vêtement oeuvrant dans des conditions particulièrement difficiles. La question de leur sécurité au travail est soulevée par des incidents qui surviennent dans des pays asiatiques - incendies, effondrement de structures, etc. - au fil des ans. Le 23 avril 2013, des inspecteurs décèlent des fissures dans un bâtiment de 8 étages de Savar, le Rana Plaza, où l'on retrouve aussi des commerces et une banque. Le lendemain, plus de 3000 travailleurs du vêtement sont à l'ouvrage alors que le Rana Plaza s'effondre. Malgré les mesures d'urgence, plus de 1 100 personnes trouvent la mort et des milliers d'autres sont blessées. La pertinence d'avoir établi une manufacture dans ce bâtiment est rapidement remise en cause, suscitant la colère des citoyens qui exigent une enquête, des règles de sécurité plus sévères et des sanctions contre les responsables. Cette chasse aux coupables a une dimension politique puisque l'un des propriétaires de la manufacture est impliqué au sein de l’aile jeunesse de la Ligue Awami, le parti au pouvoir. Il sera éventuellement arrêté. Dans les jours qui suivent, les activités d'autres manufactures du genre, jugées inadéquates sur le plan sécuritaire, sont interrompues. De plus, le gouvernement adopte un amendement favorisant la syndicalisation dans ce pays. Cette tragédie fait également parler à l'international. Des demandes sont en effet adressées aux entreprises étrangères faisant affaire avec ces manufactures afin qu'elles exercent des pressions sur leurs fournisseurs pour assurer de meilleures conditions, dont une plus grande sécurité, à leur main-d'oeuvre. Avec 3,6 millions de personnes travaillant dans ce secteur, le Bangladesh, un des pays les plus pauvres d'Asie, serait un des plus gros fabricants de vêtements au monde.

Dans les médias...


Sylvie Kauffman, « Ateliers voyous »

«...le scandale des ateliers du textile avec, en toile de fond, la corruption à grande échelle, n'est que l'une des plaies de ce pays de 160 millions d'habitants. Muhammad Yunus, sans doute le Bangladeshi le plus célèbre au monde, dans son rôle de « banquier des pauvres » qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 2006, est bien placé pour le savoir. De passage à Paris le 26 avril, il s'est indigné de cette nouvelle tragédie. « J'espère que, en tant que nation, nous allons réagir et faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais », a-t-il dit prudemment. (...) Les grands de ce monde adorent côtoyer le professeur Yunus, qui le leur rend bien. Le meilleur service qu'ils puissent lui rendre serait d'exiger de leurs entreprises de ne plus fermer les yeux sur les conditions de travail dans son pays. Si Apple l'a fait en Chine, pourquoi les groupes européens ne le feraient-ils pas au Bangladesh? »

Le Monde (France), 30 avril 2013.

Lina Sankari, « La griffe des marques sur les usines de la mort »

«...La colère que les patrons locaux espéraient étouffer en décrétant le week-end dernier chômé retombera-t-elle d'ici quelques semaines, comme ce fut le cas en novembre dernier lorsqu'une autre usine de textile, sous-traitante du géant américain Wal-Mart, était réduite en cendres, emportant 112 de ses travailleurs ? Le drame lève une nouvelle fois le voile sur les conditions déplorables de travail dans ce secteur fer de lance de l'économie nationale, puisque le textile place le Bangladesh au rang de deuxième exportateur mondial après la Chine. En 2012, les exportations de prêt-à-porter ont ainsi atteint 14,5 milliards d'euros, soit 80 % du commerce extérieur et 45 % des emplois industriels du pays. Les ouvriers enclenchent régulièrement des luttes pour que le Parlement vote une loi sur la sécurité. En vain. Nombre de députés sont effectivement propriétaires d'usines et préfèrent sauvegarder un environnement favorable aux investissements étrangers plutôt que de consentir à des augmentations ou à des travaux qui ralentiraient la production sous pression constante des délais imposés par les marques occidentales. »

L'Humanité (France), 30 avril 2013.

Serge Truffault, « Drame au Bangladesh - Les misérables »

«...Pas un mot sur l'irresponsabilité criminelle des autorités qui avaient été prévenues à plus d'une reprise que des fissures plombaient l'architecture des lieux. Pas un mot sur les engagements pris par l'État d'améliorer la sécurité après cet incendie qui, en novembre 2012, a fauché au-delà de 100 individus et en a blessé bien davantage. Un incendie qui faisait suite à un effondrement qui faisait suite à un incendie, etc. Bref, le travail dans le textile est, dans cette contrée, un travail à haut risque. Mais bon... pourquoi s'en soucier, puisque la grande majorité des 3,5 millions de petites mains qui fabriquent des vêtements au bénéfice d'entreprises occidentales sont des femmes ? Des femmes vivant dans un pays où l'observation des commandements coraniques est passablement... prononcée ! Quoi d'autre ? Ces usines ont recours aussi aux enfants de moins de 16 ans. Cela étant, l'une des raisons majeures des drames évoqués se trouve en Amérique du Nord et en Europe. En effet, les donneurs de contrats, Gap, Walmart, Loblaws et consorts, cultivent l'avarice avec une méticulosité si fanatique que les montants qu'ils daignent accorder aux sous-traitants obligent ces derniers à rogner le moindre centime sur la santé et la sécurité au travail. Pour dire les choses telles qu'elles sont, Gap et autres sont les esclavagistes des temps modernes. »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 avril 2013, p. B4.

John Gapper, « Business must lead in Bangladesh »

«...The collapse of the Rana Plaza textile factories should be a watershed for Bangladesh. But the deaths of more than 400 women, who made garments for retailers such as Primark and Mango, will not be enough. Previous disasters, such as the Tazreen Fashions fire last November, in which at least 110 workers died, did not change attitudes. The only thing that could is concerted action by western retailers and brands to enforce the conditions for higher standards on Bangladesh's 5,000 ready-made-garment factories. Without that, it will fail to overcome lack of will, poor governance and corruption, and will squander its best chance of strong growth. The first thing western companies need to do is the simplest: to stay in the country and to keep providing jobs for women, not to withdraw because they fear being tainted by association. Despite everything, the industry provides better-paid jobs than the alternative - working on rural farms - and has helped to emancipate women. »

The Financial Times (Royaume-Uni), 2 mai 2013, p. 11.

Gouvernance et gouvernement [ 24 avril 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Bangladesh
IntermédiaireAbdul Hamid Sheikh Hasina Wajed

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2013
Effondrement d'un bâtiment causant un millier de morts au Bangladesh


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