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24 mai 1989

Ouverture du troisième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Mitterrand

Pour la première fois, le Sommet des pays ayant en commun l'usage du français se déroule en Afrique, soit à Dakar, au Sénégal. Le développement du Sud est d'ailleurs au coeur de cet événement marqué par l'annonce de la France d'éliminer 16 milliards de francs de la dette que 35 pays africains ont contractée à son endroit.

Une quarantaine de délégations comptant 15 chefs d'État, 9 de gouvernement et 15 autres représentants participent à ce rendez-vous de Dakar. La collaboration Nord-Sud est un des principaux thèmes abordés. Elle est mise en relief par la décision de la France, annoncée par le président François Mitterrand, d'annuler un montant de 16 milliards de francs de la dette que 35 pays africains ont contractée à son endroit. L'endettement global du continent noir, de l'ordre de 230 milliards de francs, reste néanmoins en progression. Dans la foulée du Sommet de Québec, en 1987, des résolutions sont adoptées relativement à plusieurs questions internationales - l'apartheid en Afrique du Sud, l'autodétermination du peuple palestinien, le Liban, le droit de la Namibie à l'indépendance, etc. - et à une palette de thèmes - endettement, environnement, droits de l'homme, prix des matières premières, etc. Des pays africains soulèvent le défi que pose le « multilinguisme hiérarchique », prônant l'égalité entre le français et les langues nationales ainsi que l'élaboration d'un plan d'aménagement linguistique. Le Sommet permet aussi d'institutionnaliser des instances de la Francophonie, comme l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), et de faire avancer des projets comme ceux que l'Agence canadienne de développement international (ACDI) développe en agro-foresterie avec quatre pays du Sahel. La place du français dans les organisations internationales et l'extension de la chaîne TV5 font également l'objet de discussions. À un autre niveau, la médiation de la France ne suffit pas à convaincre la Mauritanie d'envoyer une délégation à Dakar. Celle-ci est au centre d'un différend avec le Sénégal, une situation inquiétante qui, selon le président sénégalais Abdou Diouf, ne devrait toutefois par mener à un conflit armé. Le prochain sommet est prévu pour 1991, au Zaïre.

Pour en savoir plus: Déclaration de Dakar

Dans les médias...


Jean Grondin, « Le prochain sommet francophone se tiendra au Zaïre en 1991 »

«...Commencés dans le scepticisme, assombris par la tension entre Sénégalais et Mauritaniens, les travaux des quarante-deux délégations se terminaient dans un climat d'euphorie, résumé par la formule simple du président Buyoya du Burundi; « Tout le monde est content ! » Certes, la « décision essentielle « de Paris de renoncer sans conditions à 16 milliards de francs de créances sur trente-cinq États africains (dont 2 milliards de francs dus par l'hôte sénégalais, principal bénéficiaire de la mesure) était pour beaucoup dans la satisfaction générale, mais pas seulement. La rapide mission de M. Dumas (Roland, le ministre français des Affaires étrangères) en Mauritanie, jeudi 25 mai, à Nouakchott, dont il est revenu « moins inquiet qu'il n'était parti », a eu un effet décompresseur immédiat. Après les excès verbaux des médias et de certains dirigeants des deux rives du fleuve Sénégal, il était bon d'entendre M. Diouf (Abdou, le président sénégalais) proclamer enfin : « Il ne faut pas jouer à se faire peur, même si de sérieux problèmes existent avec la Mauritanie, ni ce pays ni le Sénégal ne veulent la guerre...»

Le Monde (France), 28-29 mai 1989, p. 4.

Siradiou Diallo, « Francophonie : un effort de bonne volonté »

«...par-delà le record de présence, la maturité du sommet francophone de Dakar est apparue surtout à travers la sérénité de l'atmosphère, le ton mesuré et l'esprit constructif des travaux. À Paris comme à Québec, l'on avait assisté à de véritables réquisitoires de la part de leaders africains sur le thème de la détérioration des termes de l'échange, de l'iniquité des structures de l'économie mondiale et des échanges commerciaux. Certes, les dirigeants africains ne sauraient renoncer à leurs revendications légitimes en faveur de l'instauration d'un nouvel ordre économique international. Le président Félix Houphouët-Boigny n'a pas manqué l'occasion de ce forum pour développer la sainte croisade contre les boursiers et autres spéculateurs qui « s'enrichissent au détriment de la paysannerie africaine ». (...) Mais à Dakar tout s'est passé comme si les participants africains avaient réalisé que leurs homologues du Nord présents, loin d'être leurs ennemis, se considéraient comme leurs meilleurs alliés. »

Jeune Afrique (France), 7 juin 1989, p. 5.

Paul-André Comeau, « Bâtir la francophonie »

«...En relançant l'initiative du Premier ministre du Canada qui, à Québec en 1987, avait osé violer l'un des dogmes du « plan Baker », le Président François Mitterrand a confirmé, à la face du monde entier, l'importance de l'institution francophone au sein du Tiers-Monde. Il faut surtout retenir de cette décision le message lancé aux partenaires de la France qui se retrouveront au Sommet économique à la mi-juillet, à Paris. C'est une invitation à structurer dans les faits le « plan Brady » qui devrait marquer un changement dans l'attitude de Washington au sujet de la dette des pays en voie de développement. De même, l'accent mis sur le lien entre francophonie et développement mérite plus qu'une simple notation. Depuis la mise en oeuvre des programmes d'aide aux « pays sous-développés » comme on disait fin des années 50, toute initiative dans ce domaine est prise avec un grain de sel. En déposant hier un projet élaboré par l'ensemble des organisateurs du sommet de Dakar (...), le conseiller du Président du Sénégal, M. Christian Valantin, a dissipé certains clichés au sujet de cette communauté francophone. »

Le Devoir (Québec, Canada), 26 mai 1989, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 24 mai 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Sénégal
FaibleAbdou DioufMoustapha Niasse

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1979 - 1999



janvier
1981
Accession d'Abdou Diouf à la présidence du Sénégal

décembre
1982
Début d'un conflit dans la région de la Casamance, au Sénégal

mai
1989
Ouverture du troisième Sommet de la Francophonie


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