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19 novembre 1991

Ouverture du quatrième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Mitterrand

Après 1986, la France accueille pour la deuxième fois le Sommet des pays ayant en partage l'usage du français. Le président François Mitterrand qualifie de « sommet de l'élargissement et de la maturité » cette rencontre marquée par la création d'un Conseil permanent, formé de 15 États membres.

Une quarantaine de délégations comptant 21 chefs d'État, 13 de gouvernement et 11 autres participants prennent part à ce rendez-vous de la Francophonie à Paris. Cet événement devait avoir lieu à Kinshasa, mais des critiques à l'endroit du gouvernement zaïrois pour son traitement des droits de la personne, notamment le massacre d'étudiants à Lubumbashi en mai 1990, a entraîné son déplacement. Il s'agit du premier sommet de ce genre depuis l'effondrement du mur de Berlin. L'élan de démocratisation qui souffle atteint plusieurs pays dont la Roumanie, la Bulgarie et le Cambodge qui sont représentés à Paris. Plusieurs résolutions portent d'ailleurs sur la situation internationale, dont la condamnation des armes de destruction massive et du coup d'État en Haïti, le soutien aux initiatives de paix des Nations unies, l'appui au processus de paix israélo-palestinien et à la démocratisation en Afrique, etc. Sur le plan institutionnel, la rencontre est marquée par l'annonce de la création d'un Conseil permanent formé de 15 membres et d'une conférence ministérielle, se déroulant les années où il n'y a pas de sommet. Plusieurs initiatives sont également avancées, comme la mise sur pied d'une Unité des droits de la personne et de la démocratie, celle d'une communauté audiovisuelle par satellite et une hausse du fonds d'aide à la production de l'Agence de coopération culturelle et technique. La présence de TV5 en Afrique est prévue pour 1992, avec un budget pour de la programmation africaine, mais des préoccupations sont exprimées face à un recul du français sur plusieurs plans, entre autres celui du savoir de haut niveau (colloques, communications scientifiques). Enfin, le Canada exprime le désir de lier aide économique à développement démocratique. La déclaration finale y fait allusion, sans toutefois que des mesures contraignantes soient envisagées.

Pour en savoir plus: Déclaration de Chaillot

Dans les médias...


François Soudan, « Le sommet de la pingrerie »

«...Habitués à recevoir avec faste, accueil populaire et dépenses immodérées leurs hôtes étrangers; experts en l'art de transformer les visites officielles en opérations de politique intérieure; soucieux enfin d'éblouir leur hôte par le moindre détail, les chefs d'États africains ont fait connaissance depuis quelques années avec le programme minimal français. Non sans grincements de dents, ils ont découvert qu'à Paris leur arrivée ne déchaînait pas les foules et qu'en ces temps de sobriété et de grogne sociale leurs visites étaient systématiquement placées sous le double signe de l'austérité et de la plus grande discrétion. Le IVe Sommet de la francophonie, du 19 au 21 novembre au palais de Chaillot, aura sans doute battu les records de la banalité et de la compression budgétaire. Pourtant, qu'ils soient présidents en sursis ou Premiers ministres débutants, tous auraient eu bien besoin d'un peu de tralala protocolaire. Psychologiquement cela réconforte, sans compter les images télévisées que l'on pourra projeter au pays, histoire d'impressionner les populations. Las ! Le document préparatoire de trente-deux feuillets, remis le 25 octobre par le ministère français des Affaires étrangères aux ambassadeurs des pays participants leur a ôté leurs derniers espoirs. Le Sommet de Chaillot devait être aussi gris qu'un jour de novembre. Il le fut. »

Jeune Afrique (France), 20 au 26 novembre 1991, p. 19.

André Pautard, « Francophonie : entre l'offensive et la protection »

«...Jadis apanage des cours, de la diplomatie et de l'esprit, le français pâtit de l'éclipse que subissent et ces institutions et cette grâce, remplacée par la notion pratique de savoir. Témoigne, pourtant, de son rayonnement la conférence qui aura réuni, à Paris, les représentants de 47 pays de la francophonie. Et à laquelle participaient les chefs d'État de deux ex- « démocraties populaires » admises dans ce « club », la Bulgarie et la Roumanie. (...) L'accueil de pays de l'Est ou de jeunes nations africaines qui intensifient l'enseignement du français (Cap-Vert, Guinée-Bissau ou Équatoriale), de même que le retour des États du Sud-Est asiatique (Cambodge, Laos, Vietnam), révèle l'esquisse d'une politique volontariste. Mais il serait fâcheux qu'elle s'accompagnât, ailleurs, d'un repli. Au Proche-Orient, notamment. En Égypte, déjà, l'usage du français apparaît comme la fantomatique survivance de temps abolis. Sera-ce, demain, le sort d'un Liban qui se lamente de la minceur des efforts consentis par Paris ? »

L'Express (France), 29 novembre 1991, p. 7.

Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, « La mal-aimée des français »

«...Les Français ont honte de la Francophonie, quand elle ne les embête pas; ils ne se sentent pas vraiment partie prenante. Regardez vos télévisions : pratiquement jamais elles ne traitent de la francophonie, ou alors après minuit; tandis que chez nous, elle y est à l'honneur, aux bonnes heures », nous confiait, ces jours-ci, amer, un vieux routier africain des réunions francophones. En privé, les propos de l'ancien président Senghor, aujourd'hui académicien, ou de telle ou telle personnalité libanaise ou québécoise, ne sont pas très différents. (...). La francophonie reste en France largement inconnue, et la majorité des Français n'a guère conscience d'y appartenir, en dépit, il est vrai, d'un nombre croissant d'initiative privées et de l'intérêt de plus en plus souvent manifesté par des enseignants qui, faute d'avoir le monde francophone à leur programme, demandent à tel écrivain, à tel publiciste, de venir la raconter à leurs élèves. À l'heure où l'idée de société « multiculturelle » est en train de passer de mode en France, il serait peut-être opportun d'enseigner aux jeunes générations que la francophonie est, en revanche, à l'échelle planétaire, un espace déjà constitué, à la fois diversifié et harmonieux; et où la France a un rôle primordial à jouer. »

Le Monde (France), 20 novembre 1991, p. 6.

Pierre Gravel, « D'Aristide à Mobutu »

«...l'accueil chaleureux réservé au président haïtien Jean-Bertrand Aristide, chassé de son pays par une junte militaire, constitue un heureux et spectaculaire désaveu des auteurs de ce coup d'État. Même si, techniquement, le père Aristide est, pour l'instant, un président déchu. (...) À l'inverse, il est réconfortant de constater que l'actuel président Mobutu, du Zaïre, a été poliment informé qu'il n'était pas le bienvenu à Paris. Même si, sans égard aux excès de sa dictature sanguinaire, il demeure incontestablement le vrai chef de cet État africain. Et qu'à ce titre, nul ne saurait lui contester le droit légal d'occuper un fauteuil aux côtés des autres chefs d'État réunis à Paris. Comme celui du Bénin qui, lui, a démocratiquement acquis le droit de remplacer celui qu'il a défait lors d'élections générales. On aurait tort de conclure hâtivement que ce qui paraît moralement inacceptable à Haïti demeure un simple accident de parcours lorsqu'il survient en Afrique. Il convient plutôt de voir dans la composition du présent Sommet de Paris le signe d'une évolution aussi intéressante que rapide des esprits en ce qui a trait au jugement de la communauté internationale sur les moeurs politiques dans les pays en voie de développement. Et un indice encourageant de la graduelle valorisation de la démocratie dans les États qui voudront conserver crédibilité et respectabilité dans les instances internationales. »

La Presse (Québec, Canada), 21 novembre 1991, p. B2.

Gouvernance et gouvernement [ 19 novembre 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois MitterrandÉdith Cresson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 1996



février
1986
Ouverture du premier Sommet de la francophonie

mars
1986
Tenue d'élections législatives en France

mars
1986
[Résultats] Élections législatives

avril
1988
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1988
Réélection de François Mitterrand à la présidence de la République française

juin
1988
[Résultats] Élections législatives

juin
1990
Discours du président français François Mitterrand sur la démocratisation en Afrique

novembre
1991
Ouverture du quatrième Sommet de la Francophonie

février
1992
Signature du traité de Maastricht

mars
1993
Tenue d'élections législatives en France

mars
1993
[Résultats] Élections législatives

mai
1994
Inauguration d'un tunnel reliant la France et le Royaume-Uni

avril
1995
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1995
Élection de Jacques Chirac à la présidence de la République française


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