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9 septembre 1976

Décès de Mao Zedong

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mao Zedong
Public

Le décès de Mao Zedong, qui dirige la Chine depuis 1949, fait suite à une longue maladie. Sa mort ouvre la porte aux premiers bilans de son action politique ainsi qu'aux rivalités pour le contrôle du pouvoir.

D'une santé fragile depuis plusieurs années, Mao souffrait, en plus de problèmes cardiaques, de la maladie de Lou Gehrig, maladie nerveuse qui génère une paralysie du système respiratoire et de la gorge. Cette situation physique ne l'a pas empêché d'intervenir dans les affaires du pays jusqu'aux derniers mois en excluant Deng Xiaoping, hostile à la révolution culturelle, et en choisissant Hua Guofeng comme «héritier». L'été qui précède, Mao fait ainsi le bilan de sa longue carrière politique qui débute avec la création du Parti communiste chinois (PCC), en 1921 : «Dans ma vie, j'ai accompli deux choses. D'abord, j'ai combattu Tchang Kaï-chek pendant plusieurs décennies et je l'ai poussé à aller dans quelques petites îles [...]. Nous nous sommes frayés un passage jusqu'à Pékin et, enfin, jusqu'à la Cité interdite. Il y a peu de gens qui ne reconnaissent pas ces réalisations. La seconde chose que j'ai faite vous le savez tous. C'est le lancement de la révolution culturelle [1966], qui maintenant a le soutien d'un petit nombre et à laquelle beaucoup s'opposent. Mais ce n'est pas encore fini. C'est un héritage qui doit être transmis à la génération suivante.» Intellectuel inspiré par le marxisme-léninisme, poète à ses heures, Mao a cherché à développer une approche chinoise de la révolution qui, selon lui, est exportable dans les pays en voie de développement. On lui reconnaît un génie militaire (guérilla) et politique, bien qu'il ait dirigé d'une manière autoritaire le PCC et le pays. Chen Yun, membre des plus hautes instances du parti, dit de lui : «Si Mao était mort en 1956, ses réalisations auraient été immortelles. S'il était mort en 1966, il aurait été un grand homme. Mais il est mort en 1976. Hélas, que peut-on dire?» L'événement fera la manchette des journaux pendant plusieurs jours. Des obsèques grandioses ont lieu. Plusieurs observateurs notent cependant que sa mort ne donnera pas lieu à des manifestations semblables à celles causées par la mort de Zhou Enlai, quelques mois plus tôt.

Dans les médias...


K.S. Karol, «Le testament de Mao»

«...Mao n'a pas de successeur et ne pouvait pas en avoir. Personne (...) ne pouvait et ne peut se prévaloir d'une autorité morale dans le pays et dans le Parti comparable à celle de Mao. Il n'y aura donc plus d'arbitre suprême et d'inspirateur génial, capable de donner un coup d'accélérateur quand les circonstances favorisent les transformations souhaitées mais aussi de faire retomber la révolution sur ses pieds quand elle se trouve en difficulté. Pourtant, en presque vingt ans, le grand Timonier a fait changer bien des choses dans la société chinoise, et c'est en fonction de ces réalisations que le parti communiste au pouvoir devra déterminer sa ligne de conduite. Et, s'il est vrai, comme on nous l'assure dans les reportages sur les régions dévastées par le séisme, que la population, dans l'ensemble, a passé l'examen que les circonstances lui avait imposé avec la mention «très bien», il est plus que probable que le groupe dirigeant -quel que soit son principal leader- continuera très hardiment dans l'«axe principal» fixé par Mao, n'hésitant pas au besoin à se soumettre à la critique de la base au cours des futures «révolutions culturelles».»

Le Nouvel Observateur (France), 13 septembre 1976, p. 27.

Claude Larre, «Après la mort de Chou En-lai et Mao Tse-toung»

«...Quand ces lignes que j'écris seront publiées, on aura peut-être disposé des restes de Mao Tse-toung. Il sera peut-être mis en terre, dans la banlieue proche de la capitale, avec la simplicité magnifique de la Chine quand elle se laisse porter par son instinct de grandeur. Le personnage de Mao Tse-toung aura l'apparence que ses successeurs voudront bien lui donner. Mais quand les luttes politiques auront dégagé son authentique continuateur, la personne de Mao trouvera alors des traits définitifs. Il est à croire que son exceptionnelle importance sera acquise et qu'il prendra place parmi les potentats hauts en couleurs du type de Ch'in Shih houang-ti, fondateur de l'Empire, et de Liu Pang, fondateur des Han. Chou En-lai, lui, sera secrètement préféré. Ce qui nous invite à redire que le volume, le bruit, le pouvoir sont une chose, mais que la discrétion, le silence et la puissance en sont une autre. Dans certaines situations historiques, on peut préférer être le second d'un grand homme que le grand homme lui-même.»

Études (France), novembre 1976, pp. 441-442.

Georges Vigny, «La Chine sans Mao»

«...La lutte de succession ayant été ouverte avant la mort de Mao, la disparition physique du timonier n'est pas de nature à changer le cours des événements dans un avenir immédiat. Pour le moment, la Chine, en deuil pour la deuxième fois en un an, devra se remettre du choc un peu comme si, ayant craint que le ciel ne s'écroule, on assistait vraiment à cet écroulement. Durant cet intervalle, où chacun aura conscience ou fera semblant que Mao est irremplaçable, on peut imaginer que même les plus ambitieux prétendants prendront leur mal en patience. Si l'on se réfère aux suites de la disparition de l'autre père du peuple Staline, des accidents de parcours avec des Malenkov chinois sont à craindre, avant que surgisse un Khrouchtchev local. Mais il faut se garder de ces comparaisons que rejette le contexte chinois lui-même. En attendant, rien n'interdit de penser que la réserve et la discrétion d'une première période ne seront suivies d'une période de déchirements, les implacables rivalités internes risquant de se régler dans la rue.»

Le Devoir (Québec, Canada), 10 septembre 1976, p. 4.

Richard Steele et al., «China after Mao»

«...Finally, at 82, Mao Tse-tung was gone. He has been failing visibly for years. His death had been rumored many times before, and when the end came last week, his country and the world were well prepared. Still, Mao's death was a watershed event. He was the last of the twentieth century's titans -a man who took a quarter of humankind from the Middle Ages to the nuclear era in one great, convulsive leap. In his old age, he became a uniquely preeminent personage whose vaguest aphorism could mobilize millions and whose increasingly rare audiences were prized by the most distinguished statesmen as a special sign of honor. No one in China could take his place, and even if someone inherited his title -which was by no means certain- the successor would surely have to rule by invoking the gospel according to Mao Tse-tung.»

Newsweek (États-Unis), 20 septembre 1976, p. 30.

Gouvernance et gouvernement [ 9 septembre 1976 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleZhu DeHua Guofeng

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1971 - 1981



septembre
1971
Décès de Lin Piao

octobre
1971
Admission de la République populaire de Chine par l'Organisation des Nations unies

août
1973
Ouverture du Xe Congrès du Parti communiste chinois

janvier
1976
Décès de Zhou Enlai

juillet
1976
Tremblement de terre à Tangshan, en Chine

septembre
1976
Décès de Mao Zedong

octobre
1976
Arrestation en Chine des membres de la «bande des quatre»

août
1977
Ouverture du XIe Congrès du Parti communiste chinois

janvier
1979
Visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis

septembre
1980
Adoption de la politique de l'enfant unique en Chine

janvier
1981
Dévoilement du jugement dans le procès de la « bande des quatre »


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