Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 janvier 2019

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16 octobre 1993

Ouverture du cinquième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Mitterrand

« L'unité dans la diversité » est le thème de cette rencontre qui porte maintenant le nom de Sommet des chefs d'État et de gouvernement ayant le français en partage. La notion « d'exception culturelle », que la France défend sur la scène internationale, est au centre d'une résolution que les membres appuient unanimement.

Ce sommet, le dernier du président français François Mitterrand, se déroule à Grand Baie, sur l'île Maurice, en l'absence de plusieurs chefs d'État - Félix Houphouët-Boigny (Côte-d'Ivoire), Abdou Diouf (Sénégal) - et de gouvernement - Kim Campbell (Canada) - retenus ailleurs pour différentes raisons. Des tensions divisent la France et le Canada sur le rôle joué par le secrétaire général de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), le Canadien Jean-Louis Roy, qui est en quête d'un deuxième mandat. D'autre part, les questions internationales font l'objet de nombreuses résolutions. Favoriser l'aide et l'intégration économique des pays engagés dans un processus démocratique figure parmi les priorités. Les délégués soutiennent aussi le Liban, le Rwanda et l'ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide, en plus de presser le président zaïrois Mobutu Sese Seko à tenir des élections démocratiques dans son pays. Les participants tiennent également à rappeler le rôle central que la France doit jouer dans la valorisation du français. Afin d'éviter un éparpillement des actions à poser, on propose de cibler quelques thèmes d'intervention - EX. espace de savoir et de progrès - et de mettre sur pied un Comité de réflexion pour le renforcement de la Francophonie. Un moment charnière du sommet est l'appui unanime accordé à une résolution portant sur « l'exception culturelle » dans le cadre de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). L'objectif de cet enjeu défendu par la France est de faire échapper les productions culturelles aux négociations sur le commerce mondial, de façon à préserver la diversité culturelle. Ce vote traduit aussi la volonté de voir la Francophonie affirmer sa personnalité en s'exprimant d'une voix sur la scène internationale.

Pour en savoir plus: Déclaration de Maurice

Dans les médias...


Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, « La fin du sommet de l'île Maurice »

«...Cette rencontre, à laquelle trente-trois des quarante-sept pays participants étaient représentés par leur chef d'État ou de gouvernement, restera marquée par l'adoption à l'unanimité du principe d'exception culturelle dans les relations commerciales et également par celle d'un programme d'action visant à réaffirmer la présence de la langue française sur la scène internationale. Le premier sommet francophone date de 1986, mais c'est au cours de leur cinquième réunion au plus haut niveau que les « parlant français » ont enfin trouvé un thème mobilisateur grâce à « l'exception culturelle » appliquée « à toutes les industries culturelles » dans le commerce mondial. Les quarante-sept États sont convenus de « développer une étroite concertation lors des différentes négociations multilatérales, notamment au sein du GATT ». Et pas seulement, d'ailleurs, dans le domaine de la culture. »

Le Monde (France), 20 octobre 1993, p. 5.

Michel Venne, « La francophonie, c'est du troc »

«...(la francophonie) cherche encore comment s'imposer. La tâche est lourde. D'une part parce que la francophonie laisse relativement indifférentes les populations des 46 pays représentés. Aucun journal québécois, par exemple, n'a dépêché cette année un envoyé spécial pour le sommet. Marc Lortie, qui fut responsable durant quatre ans pour le Canada de la préparation des sommets francophones, le disait bien, en janvier, lorsqu'il fut nommé ambassadeur au Chili: « Le défi de la Francophonie est de convaincre l'opinion publique de son utilité, sans quoi son développement est compromis ». D'autre part parce que les intérêts des 49 États-membres (46 pays) sont différents, voire opposés. La France, par exemple, qui veut une francophonie politique destinée en grande partie à soutenir la langue française à travers le monde contre l'hégémonie anglo-saxonne, n'a pas les mêmes objectifs qu'un Québec qui cherche à ouvrir, via la francophonie, des marchés pour ses industries; que l'Île Maurice qui cherche des partenaires pour soutenir son propre développement, que le Sénégal qui y voit le marche-pied vers d'autres forums internationaux desquels il est exclu. La langue française n'est même pas, en elle-même, l'élément motivateur de la majorité des membres à adhérer au club des pays dits francophones. Elle est surtout un véhicule pour se comprendre. Le quart à peine des 400 millions d'habitants des 46 pays membres parlent français. Et cette proportion diminue à 10% en Afrique. »

Le Devoir (Québec, Canada), 16 octobre 1993, p. A4.

Gouvernance et gouvernement [ 16 octobre 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Maurice
Non disponibleCassam UteemAnerood Jugnauth

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

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