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22 septembre 2013

Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Angela Merkel

L'Union chrétienne-démocrate/Union chrétienne sociale (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel arrive en tête lors des législatives qui se déroulent en Allemagne. Cette formation de centre droit obtient 41,5 % des voix et 311 sièges, un succès retentissant qui la laisse cependant à court d'une majorité au Bundestag.

En 2009, la CDU/CSU avait récolté 239 sièges sur les 622 de la Chambre basse. Elle devait donc compter sur les 93 sièges du Parti libéral démocrate (PLD) pour gouverner le pays. Le grand perdant de ces élections était le Parti social-démocrate (PSD) qui a plafonné à 146 sièges et 23% des voix, le pire pourcentage de son histoire. En revanche, la montée des tiers partis, dont Die Linke (La Gauche), qui faisait son entrée au Parlement, reflétait le mécontentement de l'électorat. Quatre ans plus tard, la CDU/CSU sort renforcée d'un mandat au cours duquel l'économie allemande a été très performante. Incapable de matérialiser ses promesses de réduire les impôts et les dépenses du gouvernement, le PLD, qui siège au gouvernement, bascule dans les sondages. L'insatisfaction des électeurs opposés à l'euro et aux plans de sauvetage de pays de l'Union européenne (UE) en difficulté mène même à la création d'une nouvelle formation : Alternative pour l'Allemagne (AA). Celle-ci obtient 4,7 % des suffrages. Cette percée se fait largement au détriment du PLD qui s'effondre avec 4,8 % des voix, un résultat catastrophique qui le laisse, comme l'AA, à court d'une représentation parlementaire dont le seuil est fixé à 5 %. Avec 25,7 % des appuis et 192 sièges, le PSD de Peer Steinbrück fait mieux qu'en 2009. La CDU/CSU de la chancelière Angela Merkel arrive tout de même nettement en avant avec 41,5 % des voix et 311 sièges. Malgré cette troisième victoire consécutive pour Merkel, sa formation devra s'entendre avec une de gauche pour former le gouvernement, les partis de droite ayant été évincés du Bundestag. Avec 73 %, le taux de participation à ces élections est supérieur à celui de 2009, mais il est le deuxième plus bas depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « Pour comprendre l'Allemagne...»

«...Un peu comme Thatcher laissa à Blair un pays remis sur pied, Schröder fit faire, à front renversé, des réformes d'une audace libérale qu'aucun leader de l'UMP n'aurait pu imaginer en France même dans ses rêves les plus fous. Et comme en Grande-Bretagne, aussi, c'est finalement son successeur, Angela Merkel, qui engrangea les bénéfices d'un courage politique dont elle ne fut pourtant pas l'auteur, même si elle en poursuivit l'inspiration. Et c'est là le point où nous en sommes. Ce qu'incarne Angela Merkel, venue de l'Est pour prendre le pouvoir à l'Ouest, c'est le rêve de Strauss et Nolte, le retour de la grande Allemagne. Géant économique, le pays de Goethe est en passe de cesser d'être un nain politique, comme en témoigne son poids décisif, bien supérieur désormais à celui de la France, dans toutes les décisions européennes. D'évidence, c'est de cela que les Allemands lui sont reconnaissants et ce, bien au-delà de sa seule sphère partisane. C'est désormais une alliance droite-gauche, totalement impensable en France, qui va diriger l'Allemagne. C'est à la fois une leçon pour la droite française, qui est bien obligée d'admettre qu'on peut être réélu en pleine crise quand on assume les réformes, mais aussi pour nos socialistes, auxquels les sociaux-démocrates allemands revenus au pouvoir ne manqueront pas de délivrer quelques leçons d'économie. »

Le Figaro (France), 26 septembre 2013, p. 17.

Arnaud Leparmentier, « Petit éloge du consensus »

«...l'atomisation du pouvoir, imposée par les Alliés en 1949, a pour effet paradoxal de renforcer le consensus allemand. Le pouvoir est éclaté, y compris géographiquement - la politique entre Bonn-Berlin et les seize Länder; la monnaie à Francfort; le droit à Karlsruhe; la guerre à l'OTAN; l'économie aux entreprises et aux syndicats. Le processus de décision est long, très long et Merkel lente, trop lente. (...) Mais lorsque la décision est prise, c'est qu'elle a été avalisée par tout le corps social et institutionnel. Et, soudain, la chancelière devient forte parce qu'elle a l'Allemagne derrière elle. Lors de son précédent mandat, Angela Merkel n'a pris que trois décisions : sortie du nucléaire, suppression du service militaire et sauvetage - tardif - de l'euro. L'élection du 22 septembre a permis de préciser un nouveau consensus : non au nucléaire; non à l'aventurisme guerrier sans mandat international; non à un smic imposé par l'État, ce sujet étant du ressort des partenaires sociaux; oui à une industrie ultra-compétitive pour financer le vieillissement de la population; oui à la solidarité en Europe à condition que les récipiendaires la méritent en accomplissant les efforts nécessaires. Ainsi se présente le « moment allemand », base de négociation pour les Européens. »

Le Monde (France), 26 septembre 2013.

Jean-Paul Piérot, « À Peer Steinbrück, Angie reconnaissante »

«...Peer Steinbrück va pouvoir retourner à ses affaires, à ses conférences, de celles qui lui ont rapporté 1,25 million d'euros entre 2010 et 2012 - un passe-temps le rapprochant de Nicolas Sarkozy qui l'avait traité de « gros con » lors du sommet européen de l'été 2007. Angela Merkel, fille d'un pasteur de gauche qui s'était installé en RDA, doit beaucoup au petit-fils du fondateur de la Deutsche Bank, natif comme elle de Hambourg. (...) Ce fut pourtant lui que le SPD choisit comme chef de file pour les élections de 2013. Le candidat fut si rébarbatif que Mutti (Merkel), mère blafarde, apparut presque désopilante. Personne ne crut à l'inflexion à gauche que Steinbrück imprima à sa campagne, reprenant notamment à son compte la proposition de salaire minimum défendue par La Gauche (Die Linke). Mais, au fait, l'addition SPD, Die Linke, Verts, cela fait une majorité contre la CDU, seule après l'évaporation du FDP. Mais les électeurs allemands se verront imposer une Merkel saison 3, grâce à l'appui du SPD, qui préfère toujours un gouvernement de droite à une politique de gauche. À qui donc s'adressait le doigt d'honneur de Peer Steinbrück à la une de la Süddeutsche Zeitung quelques jours avant le scrutin ? »

L'Humanité (France), 26 septembre 2013.

Christian Rioux, « Élections allemandes - Triomphe personnel pour Merkel »

«...Avec environ 42 % des voix, la chancelière a obtenu hier son meilleur résultat depuis qu'elle dirige la démocratie chrétienne (CDU) et le meilleur résultat du parti depuis 1990. La majorité absolue lui a même échappé de peu. Un résultat que, dans l'histoire moderne de l'Allemagne, seul le chancelier Konrad Adenauer avait obtenu en 1957. « Ce n'est pas une victoire, c'est un triomphe. L'ère du merkelianisme a sonné », proclamait le quotidien de Munich, la Süddeutsche Zeitung. Ce triomphe, Angela Merkel le doit notamment à l'effondrement de ses alliés traditionnels du FDP (PLD). Le second événement de la soirée d'hier aura en effet été la déroute des libéraux qui, pour la première fois de leur histoire, ne seront pas représentés au Parlement faute d'avoir franchi la barre des 5 %. Avec 4,5 % des voix, le parti a perdu depuis 2009 deux électeurs sur trois. Son vice-chancelier, Philipp Rösler, était hier au bord des larmes. Ce parti néolibéral partisan des réductions d'impôts aura probablement été sanctionné pour les avoir augmentés et avoir voté solidairement tous les plans d'aide à la Grèce. »

Le Devoir (Québec, Canada), 13 septembre 2013, p. A1.

Andrew Higgins, « Beyond Germany, vote dims hopes for end of austerity »

«...For months, Europe was waiting for the end of a German election campaign that, while focused almost entirely on domestic issues, stirred furtive hope among those outside Germany that, if re-elected to a third term, Ms. Merkel - despite having given no indication - would try a more energetic, and perhaps more economically stimulative, approach to leading Europe out of its extended slump. The waiting has now ended - and so, too, has any hint of a new approach. Instead of a respite from years of grinding budget cuts and tax increases in return for bailout funds, Ms. Merkel's conservative Christian Democrats campaigned on holding the line against expensive commitments to reviving Germany's neighbors. Her financial aides claimed that signs that Europe's long recession had recently become less severe had proved that its austerity policies were working. Ms. Merkel's electoral success in Sunday's voting (...) will bring « more of the same, » predicted Mats Persson, director of Open Europe, a London-based research group. For countries now on economic life support, this would mean yet more painful « exercise, » which in Greece has slimmed job prospects so significantly that over 60 percent of youth are now unemployed. Whatever coalition government emerges in Berlin from what could be weeks of haggling, Mr. Persson said, « there may be a little change of rhetoric, but the substance will remain the same. » »

International Herald Tribune (France), 25 septembre 2013, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 22 septembre 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéJoachim GauckAngela Merkel

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016



septembre
2009
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2009
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septembre
2013
Réélection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

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2013
[Résultats] Élections législatives

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