6 décembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

5 décembre 2013

Décès de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Nelson Mandela, premier président dans l'aprés-apartheid
The Nobel Foundation

Après avoir connu des problèmes de santé persistants, l'ex-président sud-africain Nelson Mandela décède à 95 ans des suites d'infection pulmonaire récidivante. La mort de celui qui est considéré comme le « tata » (père) de la nation suscite un profond courant de sympathie dans son pays, mais aussi à travers le monde où il est devenu une figure presque mythique.

Né en 1918, Rolihlahla « Nelson » Mandela s'impose au cours des années 1950 comme un des principaux opposants à l'apartheid, la politique ségrégationniste en vigueur en Afrique du Sud. Emprisonné de 1962 à 1990, il devient un des prisonniers politiques les plus célèbres au monde. Sa libération, en 1990, est suivie par la fin de l'apartheid, l'obtention du prix Nobel de la Paix, conjointement avec le président Frederik de Klerk, en 1993, et son accession à la présidence du pays l'année suivante. Même s'il n'effectue qu'un mandat (1994-1999), Mandela demeure un leader spirituel pour les Sud-Africains et un personnage politique admiré partout autour du globe. Son âge avancé et la détérioration de son état de santé, particulièrement en 2013, laissent présager sa mort qui survient le 5 décembre 2013. Le pays est en deuil et des funérailles nationales sont mises sur pied, alors que les hommages fusent de partout à l'endroit du disparu dont le parcours est relaté dans tous les médias. Le 10 décembre, une cérémonie de commémoration, se déroulant dans un stade de football de Soweto, réunit une foule immense. Parmi eux, on compte des dizaines de chefs d'État et de gouvernement, en fonction ou retirés, comme les présidents François Hollande (France), Dilma Rousseff (Brésil) et Barack Obama (États-Unis). Ce dernier prononce un discours chaleureusement accueilli, dans lequel il dit du défunt : « Il s'adresse à ce qu'il y a de meilleur en nous. » Le président américain pose un geste d'éclat à cette occasion en échangeant une poignée de main avec son homologue cubain Raul Castro Pour sa part, le président sud-africain, Jacob Zuma, est hué par une partie de la foule. Des funérailles nationales ont lieu le 15 décembre en hommage à Nelson Mandela que la presse internationale qualifie de dernier géant politique du XXe siècle.

Pour en savoir plus: Discours du président sud-africain après la mort de Nelson Mandela

Dans les médias...


Mark Behr, « Nelson Mandela - une ligne morale »

«...Après trois décennies en prison, et alors que le pays de l'apartheid se retrouvait dans un isolement croissant à la fin des années 1980, Nelson Mandela adopta envers ses oppresseurs une attitude caractérisée par « le respect des ennemis ». A-t-il agi ainsi par principe, par stratégie, par pragmatisme ou par un mélange des trois? On peut en discuter, mais sa magnanimité et son insistance pour nous amener à nous voir dans et à travers les yeux de nos ennemis sont devenues une part essentielle de son héritage. Résistant à l'instinct de vengeance et aux ambitions personnelles, il a suggéré l'idée d'une réconciliation nationale comme pierre angulaire de la transformation sociale : faute de pouvoir faire table rase du passé, il allait falloir trouver un moyen d'intégrer le passé dans le présent afin de garantir un avenir plus stable et plus juste. Sa volonté d'humaniser l'adversaire et tous ceux qui s'opposaient encore à l'égalité raciale et à la démocratie a changé la nature du discours politique à tout jamais. Cet héritage place les anciennes et les nouvelles élites, qui jouissent du pouvoir et des privilèges, face à un défi : étendre les réformes pour améliorer l'existence des pauvres, des déshérités, de tous ceux dont le travail facilite notre vie quotidienne. Par ses paroles et ses actes, Nelson Mandela suggère que l'imagination et la responsabilité morales sont au coeur de toute démarche vertueuse. »

Le Monde (France), 9 décembre 2013, p. 18.

El mihoub Mihoubi, « Hommage à Nelson Mandela Un symbole de la lutte contre l'apartheid s'en va »

«...Sa conduite et son héritage devraient inspirer beaucoup de chefs d'État africains où le pouvoir autocratique continue à être exercé dans le déni total de la volonté du plus grand nombre et le mépris des ressources humaines nationales de qualité, prêtes pour la relève. (...) Les leçons que nous devons retenir des enseignements et de la conduite politique de feu Madiba sont l'effacement de soi devant l'intérêt général, le respect, la considération et la confiance que les dirigeants doivent accorder à leur peuple respectif, à la classe politique et à la société civile en général. La volonté de partage du pouvoir et d'association à la conception et à la formulation des politiques et des règles communes régissant la vie de la société dont feu Mandela a fait un credo politique visait à assurer et à garantir la stabilité et la concorde nationale et faire accepter et défendre les règles établies de manière consensuelle. Pour le grand homme d'État qu'il était, l'action politique était fondée sur des principes et des valeurs. Elle était vouée à un idéal, celui du respect de la personne humaine, la défense de sa dignité et la protection des droits des gens et des peuples, valeurs sans lesquelles aucune gouvernance n'est plausible, ni efficace ni durable. »

Liberté (Algérie), 9 décembre 2013.

André Glucksmann, « Mandela est une figure universelle »

«...Il occupe la même place que Soljenitsyne (Alexandre) et Havel (Vaclav), pour une raison très simple, qui est que la moitié de la guerre froide s'est passée sur la fin du colonialisme. On dit: «Mandela, c'est la fin de l'apartheid», ce qui est naturellement vrai. Mais on ne dit pas tout: c'est la réussite de la fin de l'apartheid, ce qui est un peu différent. Parce qu'on aurait pu croire que les Blancs d'Afrique du Sud seraient, d'une façon ou d'une autre, forcés au rembarquement... Ce qu'il y a de très fort dans Mandela, c'est la réconciliation qui a suivi la fin de l'apartheid et qui a permis la réussite de la fin de l'apartheid. En cela, Mandela est une figure mondiale, parce que c'est la moitié de la guerre froide qu'il assume et à laquelle il met fin. Vous avez la fin de la guerre froide en Europe et dans le monde: c'est l'échec de l'URSS. Mais d'autre part, vous aviez la guerre froide au sein de la guerre contre le colonialisme. Et là, c'est Mandela qui a inauguré cette façon de faire, qui est de réconcilier - le Blanc et le Noir, en l'occurrence. Chose qui n'est pas faite définitivement, nulle part dans le monde. »

Le Soir (Belgique), 7 décembre 2013, p. 27.

Lucie Pagé, « Nelson Mandela 1918 - 2013 »

«...Pour qu'un dirigeant accomplisse une oeuvre saine, juste, durable et pacifique, cela nécessite trois grandes qualités qui ne sont pas vénales : l'intégrité, la compassion et l'humilité. Trois mots qui résument tout Mandela. Lors de la fête d'anniversaire pour ses 85 ans, il avait invité le chef et certains dirigeants du Parti national qui l'avaient emprisonné pendant 27 ans. Même son ancien geôlier y était. Sur la carte du menu de la soirée, un de ses proverbes préférés, russe, nous accueillait : « Jouissez d'un déjeuner en solitaire, partagez votre dîner avec votre meilleur ami et donnez votre souper à votre ennemi. » Ce rassemblement de convives révéla son exploit -- le pouvoir du pardon, de la réconciliation -- et sa passion -- la paix. Nous héritons de la magie de Madiba si nous le voulons bien. Qu'il s'agisse de régler un conflit de couple, familial, communautaire, national ou international, les ingrédients sont simples : il faut se parler. Et négocier dans un climat calme et respectueux. Comment se laisser imbiber par l'héritage de Mandela ? Comment l'appliquer ? Est-ce que l'intégrité se transmet ? L'humilité s'apprend-elle ? Peut-on hériter de la compassion ? Outre les matières premières qu'on arrache à l'Afrique, pourrait-on aussi y puiser la philosophie de l'ubuntu ? On se souviendra de cet homme extraordinaire parce qu'il était profondément humain. »

La Presse (Québec, Canada), 7 décembre 2013, p. H1.

Gouvernance et gouvernement [ 5 décembre 2013 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afrique du Sud
ÉlevéJacob Gedleyihlekisa ZumaPoste aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016



mai
2008
Attaques xénophobes en Afrique du Sud

avril
2009
[Résultats] Élections législatives

mai
2009
Élection de Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud

juin
2010
Présentation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud

décembre
2013
Décès de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela

mai
2014
Réélection du Congrès national africain de Jacob Zuma en Afrique du Sud

mai
2014
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


novembre
2019
Le développement et l'endettement vont de pair en Afrique du Sud

février
2019
L'Afrique du Sud compte donner une orientation pacifiste au Conseil de sécurité

décembre
2017
Le nucléaire : nécessité ou poudre aux yeux pour l'Afrique du Sud?

novembre
2017
Afrique du Sud : le président aux neuf vies

février
2017
Les drogues illicites : un terrain périlleux pour l'Afrique du Sud

mars
2016
Un nécessaire coup de pouce énergétique pour l'Afrique

janvier
2016
Une position plus continentale qu'émergente pour l'Afrique du Sud à la COP21

septembre
2015
Nouvelle ère de changement pour l'Alliance démocratique en Afrique du Sud

septembre
2014
Fin de la grève du platine : victoire coûteuse en Afrique du Sud

janvier
2014
L'intégration économique régionale : une solution pour l'Afrique ?


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019