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7 mai 2014

Réélection du Congrès national africain de Jacob Zuma en Afrique du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jacob Zuma

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis la chute de l'apartheid en Afrique du Sud, est réélu avec une confortable majorité, soit 62,1% des voix et 249 sièges sur 400. Ce résultat constitue toutefois un recul pour la formation du président Jacob Zuma, en poste depuis mai 2009.

La mort du premier président noir de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela, en décembre 2013, constitue un événement d'envergure planétaire. Il met également en relief les critiques de plus en plus fréquentes entendues dans le pays à l'endroit de l'actuel président Jacob Zuma et de l'ANC, le parti de Mandela, une formation de centre gauche. Des affaires de moeurs, de corruption et des déclarations chocs ont entaché la réputation de Zuma qui est même hué lors d'une cérémonie publique à la mémoire de Mandela. Certains pensent que cette impopularité croissante, conjuguée aux inégalités sociales persistantes, pourrait menacer la domination de l'ANC lors des élections législatives du 7 mai 2014. Ce que reflète la décision de certains quotidiens de ne pas l'endosser. Cependant, tous les sondages faits pendant la campagne prévoient une autre victoire facile. De fait, l'ANC obtient 62,1% des voix, rafle 249 des 400 sièges en jeu et arrive en tête dans 8 provinces sur 9. Seul le Cap-occidental accorde sa confiance à l'Alliance démocratique, de centre droit. Pour l'ANC, il s'agit tout de même d'un recul par rapport à 2009 (65,9%, 264 sièges). La principale formation d'opposition, l'AD d'Helen Zille, reçoit pour sa part l'appui de 22,2% des électeurs et sera représentée par 89 députés, une nette progression. L'autre performance qui suscite le plus de réactions est celle des Combattants pour la liberté économique (EFF) de Julius Malema. À sa première participation, ce parti de gauche radicale récolte 1 169 259 votes (6,35%) et 25 sièges. La déception, elle, provient du Congrès du peuple (CP), parti dissident de l'ANC ayant terminé au troisième rang en 2009 avec 1 311 027 votes. Miné par des divisions internes, il s'écroule en 2014, chutant à 123 235 votes (0,7%) et 3 sièges.

Pour en savoir plus: Discours du président sud-africain réélu

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Sébastien Hervieu, « Jacob Zuma sort vainqueur mais affaibli des élections sud-africaines »

«...L' « atout zoulou » a d'abord été utile. Quand, en 2009, le Congrès national africain (ANC) avait dû affronter la dissidence du COPE, un parti formé en réaction au renvoi brutal du président Thabo Mbeki quelques mois plus tôt, Jacob Zuma était parvenu à compenser une partie de l'évasion électorale en attirant sur son nom un nombre considérable de voix supplémentaires dans sa région d'origine, le KwaZulu-Natal. Il était devenu le premier président zoulou de l'histoire sud-africaine. Aujourd'hui, celui qui, à 72 ans, sera réélu président par les députés le 21 mai, est devenu un boulet. Il a fallu toute la puissance de la machine électorale de l'ANC et la vague commémorative et nostalgique du vingtième anniversaire des premières élections démocratiques multiraciales pour limiter l'impact de son impopularité croissante. (...) « Oui à l'ANC, mais non à Zuma! » Combien de fois pendant la campagne électorale a-t-on pu entendre cette profession de foi paradoxale de la bouche de fidèles du parti centenaire? Il n'y a pas que le soleil tapant qui a vidé de moitié le stade de 95 000 places de Soweto, dimanche 4 mai, lorsque Jacob Zuma s'est lancé sur scène dans un terne monologue pour vanter les bons résultats de sa présidence. L'honneur a toutefois été sauf. En ne faisant venir au stade que ses militants les plus dociles, l'ANC a empêché que son président soit de nouveau hué, comme lors de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, en décembre 2013, devant un parterre de chefs d'État étrangers. »

Le Monde (France), 10 mai 2014, p. 6.

S.A., « L'Afrique du Sud reconduit le parti de Mandela au pouvoir »

«...Quant à l'EFF (Economic Freedom Fighters), il réussit son entrée en politique en envoyant probablement une vingtaine de députés au parlement. Ce nouveau parti fondé par le trublion Julius Malema veut occuper l'aile gauche de l'échiquier politique, en prônant la nationalisation des mines et des banques, et l'expropriation sans indemnité des grands propriétaires terriens blancs. Pour l'ANC, ce succès va lui donner de nouveau une majorité absolue au Parlement, dont la première tâche le 21 mai sera de réélire le président Jacob Zuma pour un nouveau mandat de cinq ans. Plusieurs raisons expliquent cette domination écrasante, dans un pays où le chômage touche pourtant un quart de la population, où les villes sont cernées de bidonvilles miséreux, et où les inégalités entre riches et pauvres se sont accrues depuis la fin de l'apartheid. Parmi les électeurs rencontrés par l'AFP à la sortie des urnes mercredi, même les plus jeunes insistaient sur leur fidélité historique au «parti de la lutte» contre l'apartheid. «C'est grâce à l'ANC que j'ai pu aller à l'école, et je vote pour l'héritage de Mandela», expliquait ainsi Lehlogonolo Gumede, étudiante de 23 ans. »

Libération (France), 10 mai 2014.

Georges Lory, « Le changement, mais pas maintenant »

«...Au sein de l'opposition, tout indique une progression de la DA. Parfaitement consciente de l'image trop « blanche » qui colle à son parti, Helen Zille a encouragé les jeunes talents noirs, comme Lindiwe Mazibuko, la responsable du groupe DA à l'Assemblée nationale, et Mmusi Maimane, candidat probable à la mairie de Johannesburg. En se ralliant à la DA, la maire du Cap, Patricia de Lille, a quant à elle entraîné une partie de l'électorat métis. Et le parti va même au-delà, attirant de nombreux libéraux noirs. (...) Julius Melema et son parti, les Combattants pour la liberté économique (EFF), cherchent à déborder l'ANC sur sa gauche avec un programme de nationalisation et de restitution autoritaire des terres. Démagogue, débatteur pugnace n'hésitant pas à porter des attaques ad hominem (ou sexistes), Malema peut ratisser large chez les jeunes au chômage qui voient avec rancoeur les Black Diamonds (nouveaux cadres noirs) se réserver les postes influents. Crédité de 3,7% des voix selon un sondage Ipsos, le EFF pourrait dépasser ce score, tant l'amertume est grande dans les quartiers délaissés. Le pouvoir, qui se méfie de lui, a lancé le fisc à ses trousses. »

Jeune Afrique (France), 20 au 26 avril 2014, p. 25-26.

Zakes Mda, « The ANC lives off past loyalties, but South Africans will ultimately move on »

«...President Zuma has corruption charges hanging over his head. Yes, they were withdrawn by the new prosecution authority, appointed by him after the prosecutors who were proceeding with the charges were fired. But now a number of civil society organisations are fighting for their reinstatement, and the introduction of new ones emanating from the Nkandla scandal, where taxpayers' money was used to make improvements on Zuma's private estate. This movement will surely gain momentum after his second term of office is over. A two-thirds majority would enable the ANC to amend the constitution to give ex-presidents immunity from prosecution. This time the ANC will not get a two-thirds majority, and for now South Africa can breathe a sigh of relief, but it will continue to govern the country. Though it has moved from its core values and has been taken over by traditionalists and conservatives who are suspicious of criticism and assign it to white influence, the masses will continue to vote for it. To them it is the ANC of Walter Sisulu, Oliver Tambo and Nelson Mandela. South Africans still vote for the past. Ultimately the past will fade; only then will they begin to vote for the future. »

The Guardian (Royaume-Uni), 9 mai 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 7 mai 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afrique du Sud
ÉlevéJacob Gedleyihlekisa ZumaPoste aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



avril
2009
[Résultats] Élections législatives

mai
2009
Élection de Jacob Zuma à la présidence de l'Afrique du Sud

juin
2010
Présentation de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud

décembre
2013
Décès de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela

mai
2014
Réélection du Congrès national africain de Jacob Zuma en Afrique du Sud

mai
2014
[Résultats] Élections législatives


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