Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

12 novembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

14 septembre 2014

Élections législatives en Suède

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Stefan Lofven

Après avoir été écarté du pouvoir depuis 2006, le Parti social démocrate suédois (PSD) arrive en tête des formations en lice aux législatives en récoltant 31,2 % des voix et 113 sièges. Pour gouverner avec une majorité des sièges au Rikstag, qui en contient 349, il devra toutefois compter sur la collobration d'autres partis.

Le Parti des modérés (PDM) et son chef, Fredrik Reinfeldt, dirigent la Suède depuis 2006. En dépit de la crise économique, dont la Suède se sort plutôt bien, ils obtiennent une autre victoire aux législatives de 2010, ce qui permet à une formation de centre droit d'exercer pour la première fois un deuxième mandat consécutif en Suède. La popularité du PDM et de Reinfeldt chute cependant par la suite, notamment à cause des politiques d'austérité économique adoptées par le gouvernement, dont des privatisations. Le PSD, dirigé depuis 2012 par le syndicaliste Stefan Lofven, prend la tête dans les sondages, avance qu'il conserve lorsque la campagne électorale prend son envol en août 2014. Le 14 septembre, le PSD obtient 31,2 % des votes et 113 sièges, devançant nettement le PDM qui se contente de 23,2 % et 84 élus, une baisse de 23. La surprise est la troisième position des Démocrates suédois (DS) avec 5,7 % des voix et 49 sièges, en hausse de 29 par rapport à 2010. Cette formation préconise une approche conservatrice sur le plan social, dont une attitude plus rigide face à l'immigration. C'est le meilleur score des DS, fondés en 1988, qui ont gagné en popularité à chaque scrutin depuis. Aucun parti ne veut cependant collaborer avec eux pour former un gouvernement. Le PSD tend la main aux autres formations. Recevant un accueil défavorable des centristes et des libéraux, il se tourne vers les Verts ou la Gauche, avec respectivement 24 et 21 sièges, mais ne pourra tout de même atteindre une majorité. Une autre performance soulignée est celle d'Initiative féministe. Ce parti féministe obtient 3,1% des suffrages, mais ne peut être représenté à la Rikstag puisque le seuil d'éligibilité est fixé à 4 %.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Anne-Françoise Hivert, « Suède : accès de fièvre xénophobe »

«...C'en est donc fini de l'exception suédoise. A la différence de la plupart de ses voisins européens, le royaume était parvenu, jusqu'à présent, à contenir la progression de l'extrême droite. Le politologue Ulf Bjereld explique cette singularité par «une dimension droite-gauche très forte dans le système politique, qui a limité l'ascension des petits partis». L'avancée du SD est donc un signe de «l'affaiblissement de l'opposition entre les deux blocs» : les différences entre les grands partis s'atténuant, «le SD apparaît comme la seule véritable opposition», constate le politologue. Par ailleurs, si les électeurs ont longtemps hésité à voter pour ce parti fondé en 1988, aux racines ancrées dans la mouvance néonazie, le travail de polissage de son image entrepris par Jimmie Akesson a produit ses fruits. Depuis 2012 et un scandale qui a forcé à la démission l'un de ses plus proches collaborateurs, accusé de tenir des propos racistes, le leader du SD a décrété la «tolérance zéro». Fini les débordements et dérapages en tout genre. De nouveaux scandales, à la veille du scrutin, montrent les difficultés du parti à faire table rase du passé. Croix gammée portée en brassard par une candidate aux élections municipales, propos islamophobes tenus sur le Net par des militants locaux... Ces nouvelles révélations, cependant, n'ont pas eu d'effet dans l'isoloir, remarque Ulf Bjereld : «Cela ne fait que renforcer la conviction de ses électeurs que le parti est traité injustement.»»

Libération (France), 16 septembre 2014, p. 6.

Virginie Robert, « La poussée de l'extrême droite fragilise la Suède »

«...La première tâche du futur Premier ministre, qui succédera au conservateur Fredrik Reinfeldt (dont le parti a perdu 6,7 % des voix, pour tomber à 23,2 %), va être de constituer un nouveau gouvernement. Ce faisant, il doit aussi s'assurer de bâtir une coalition capable de voter le budget qu'il doit présenter aux parlementaires le 15 novembre prochain. Stefan Löfven a toujours dit qu'il ne gouvernerait pas avec les Démocrates suédois, ce qui n'empêche pas Jimmie Akesson, leur jeune président (trente-cinq ans), de se présenter comme le nouvel arbitre au Parlement. Pour compliquer les choses, les sociaux-démocrates peuvent compter sur les Verts, mais difficilement sur le Parti de gauche, dont les promesses électorales sont trop éloignées. Le futur Premier ministre est prêt à tendre la main à la droite, mais les têtes de parti changent (Fredrik Reinfeldt quitte sa formation, tout comme son ministre des Finances, Anders Borg). Cela complique encore l'équation, d'autant que les petits partis de l'alliance sortent affaiblis du scrutin. Pour certains observateurs, si la Suède a été pendant des années un modèle de stabilité, la voilà qui commence à ressembler à ses voisins du Nord, avec des gouvernements plus morcelés et plus faibles. »

Les Échos (France), 16 septembre 2014, p. 6.

Olivier Truc, « En Suède, l'extrême droite double son score, entraînant la défaite de la droite »

«...L'extrême droite a volé la victoire aux sociaux-démocrates, lors des élections législatives de dimanche 14 septembre, en Suède. Certes, Stefan Löfven, responsable syndical devenu patron des sociaux-démocrates en 2012, va former un gouvernement après huit années d'une coalition de droite. Fredrik Reinfeldt, le premier ministre conservateur, a annoncé, dès dimanche, la démission de son gouvernement et son futur départ de la présidence de son parti. Avec 23,2 %, sa formation a enregistré une forte chute (6,7 %) par rapport à 2010, et les autres partis de sa coalition sont aussi en légère baisse. Mais ce grand retour des sociaux-démocrates, après la plus longue présence de la droite au pouvoir depuis les années 1910, n'est qu'une semi-victoire. Avec 31,2 %, soit une faible hausse de 0,4 % par rapport à 2010, année catastrophe pour le parti, les sociaux-démocrates réalisent leur deuxième plus mauvais score depuis un siècle. Avec ses alliés des Verts (à 6,8 %) et du Vänsterpartiet (Parti de gauche, à 5,7 %) - dont les scores n'ont guère évolué : ils obtiennent 43,7 %, trop peu pour avoir la majorité absolue au Parlement, d'autant que le parti féministe n'a pas réussi à entrer à l'Assemblée - , la gauche ne gagne pas grâce à une adhésion des électeurs à son projet, mais parce que la droite a fortement reculé. »

Le Monde (France), 16 septembre 2014, p. 6.

Éditorial, « Swedish Elections : a Dangerous Victory for Intolerance »

«...There is a lot to dislike about the Sweden Democrats. The party has its roots in a neo-Nazi movement. Its policies are incoherent, apart from a steady hostility to immigrants and cosmopolitans. Many candidates are tainted with thuggery and racism. Yet the agreement reached by all the other parties to ignore them in the hope that they will go away has failed. Exclusion from power has merely strengthened the Sweden Democrats' claim to be the party of the outsiders. A similar policy pursued by the mainstream parties in Finland led to the nationalist and reactionary True Finns rising from nowhere to 20% of the vote in the first decade of this century. The Sweden Democrats are part of a wider wave of romantic and nostalgic nativism around the world. They have much in common with the successful xenophobic and populist parties in Denmark and Norway and something in common with Ukip in this country, and even the Tea Party in the US. All these are movements against the elites, motivated in part by an anger against establishment snobbery even if most of their rage is directed at foreigners and immigrants. The Sweden Democrats are a party for people who will never be fashionable and who live in places at which the metropolitan elite will always sneer. In this, too, they resemble Ukip. If Clacton were in Sweden, it would vote Sweden Democrat. »

The Guardian (Royaume-Uni), 16 septembre 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 14 septembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Suède
ÉlevéCharles XVI (Gustave)John Fredrik Reinfeldt

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2009 - 2016



septembre
2010
[Résultats] Élections législatives

septembre
2014
Élections législatives en Suède

septembre
2014
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
L'extrême droite déstabilise l'échiquier politique suédois

janvier
2018
Un récent partenariat entre la Suède et la Chine : le Start-up Forum

septembre
2016
Le vent du nord dans les voiles de l'économie suédoise

novembre
2015
La crise migratoire en Europe : situation tendue en Suède

février
2015
Élections reportées en Suède : une coalition pour contrer le discours anti-immigration

novembre
2013
Syndicalisme suédois : son héritage et ses limites

octobre
2013
Le parti des Démocrates de Suède : une réalité au Parlement suédois

avril
2013
La Suède et la Finlande : en avance sur les énergies renouvelables!

mars
2011
Germination d'un parti aux racines extrémistes en Suède

septembre
2010
La droite et la gauche au coude à coude en Suède


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016