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26 octobre 2014

Réélection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Dilma Rousseff

Malgré un mandat difficile, marqué par un important mouvement de contestation populaire, la présidente sortante du Brésil, Dilma Rousseff, est réélue avec 51,6% des votes. Elle devance son adversaire, Aecio Neves du Parti social démocratique brésilien (PSDB), qui obtient pour sa part 48,4% des voix.

Rousseff, une ancienne ministre dans le gouvernement du Parti des travailleurs (PT) du populaire président Luiz Inacio Lula da Silva, avait succédé à celui-ci après l'élection de 2010. Son mandat connaît des problèmes importants en 2013. Une contestation contre la hausse du coût des transports en commun dégénère en mouvement populaire dont le mécontentement s'exprime sur plusieurs thèmes (allégations de corruption, ralentissement de l'économie, coût des dépenses prévues pour la Coupe du monde de football de 2014, etc.). Des manifestations, les plus importantes depuis longtemps au Brésil, secouent le pays. Même si le mouvement perd de sa vigueur, la grogne persiste en 2014, année d'élection présidentielle. Face à Rousseff, deux candidats émergent. D’une part, le sénateur Aecio Neves du PSDM. De l'autre la socialiste Marina Silva, une ex-ministre de l'Environnement qui remplace Eduardo Campos, décédé le 13 août dans un écrasement d'avion. Celle-ci monte rapidement dans les sondages et se retrouve nez-à-nez avec la présidente sortante à la fin août. Toutefois, son élan s'essouffle par la suite. Rousseff reprend l'avance avant que Neves ne fasse une poussée en fin de campagne. Les deux arrivent en tête des 12 candidats au terme du premier tour, le 5 octobre. Rousseff obtient alors 41,6% contre 33,5% pour Neves. Celui-ci reçoit l'appui de Silva, troisième avec 21,3% des voix. Un résultat serré s'annonce pour le deuxième tour, le 26 octobre. De fait, Rousseff obtient une courte majorité, 51,6% contre 48,4%. Même si cette expression de mécontement est bien sentie, la présidente réélue pourra compter sur le soutien d'une majorité au Parlement puisque la coalition dont le PT fait partie obtient 305 des 513 sièges en jeu.

Pour en savoir plus: Discours de la victoire de la présidente réélue du Brésil

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Aglaé de Chalus, « Réélue de peu, Dilma Rousseff promet de relancer le Brésil »

«...Un écart très faible qui révèle une profonde division entre les partisans d'un changement et de la transition démocratique et les fidèles du PT, au pouvoir depuis maintenant douze ans. Les réactions étaient vives hier après l'annonce de la victoire: pendant que les supporteurs de la présidente célébraient leur victoire dans les grandes villes du pays, sur les réseaux sociaux, des partisans d'Aécio Neves allaient jusqu'à réclamer une partition avec le Nordeste - région pauvre du Brésil où la présidente Dilma Rousseff a obtenu plus de 70 % des voix. Au-delà des caricatures, cette campagne aura surtout été marquée par une certaine désillusion des électeurs brésiliens face aux scandales de corruption et à un bilan économique décevant de ce premier mandat de la présidente, avec une inflation en hausse et une croissance stagnante. (...) Et la candidate du PT n'a pas non plus obtenu un blanc-seing de la part de ses électeurs, comme Viviane Moraes, professeur à Rio de Janeiro qui a participé aux manifestations de 2013 : « Je ne lui donne pas mon vote les yeux fermés, je serai attentive lors de ce second mandat et probablement plus exigeante, notamment en matière d'économie. »»

La Croix (France), 28 octobre 2014, p. 8.

Gérard Thomas, « Dilma Rousseff rempile dans la douleur »

«...au-delà d'un Brésil coupé en demi-lune entre pro et anti-PT, la présidente qui se succédera à elle-même pendant quatre ans à compter du 1er janvier 2015 a dû affronter une partie de la nouvelle classe moyenne, souvent issue des quelque 40 millions de pauvres qu'elle a su tirer de la misère à grands renforts de deniers publics. Ces citoyens, électeurs traditionnels du PT tant qu'ils bénéficiaient pleinement des programmes de solidarité nationale, s'aperçoivent qu'ils franchissent maintenant le seuil de l'imposition, se retrouvent confrontés aux problèmes de la scolarisation de leurs enfants dans un système éducatif précaire ou se sont sensibilisés aux rumeurs de corruption qui planent sur le PT. Certains sont ainsi venus alimenter la réserve électorale du centre droit. Habile politicienne quoi que pâle oratrice, Dilma Rousseff pensait à eux en déclarant dès les résultats de l'élection connus : «Le dialogue, c'est le premier engagement de mon nouveau mandat et je promets d'être une bien meilleure présidente que jusqu'à présent.» Pour honorer cette promesse, l'ancienne guérillera, qui a pris les armes contre le pouvoir militaire dans sa jeunesse et a subi tortures et emprisonnement dans les années 70, devra en premier lieu redresser une économie en panne. »

Libération (France), 28 octobre 2014, p. 9.

Chantal Rayes, « Aecio Reyes crée la surprise à la présidentielle »

«...Ce scrutin était le plus disputé depuis le retour au suffrage universel en 1989, après la dictature militaire (1964-1985). L'électeur d'opposition a hésité jusqu'au bout entre Marina Silva et Aécio Neves, qui étaient au coude-à-coude pour la seconde place. Dans ce contexte très volatil, nul n'avait prévu le score du sénateur, qu'il doit largement à l'État de São Paulo, plus grand collège électoral du pays et bastion du PSDB. Il y a encore un mois, le candidat social-démocrate était hors jeu, face à la fulgurante ascension de Marina Silva, investie à la place d'Eduardo Campos, le candidat du PSB tué dans un crash d'avion. L'écologiste et transfuge du PT était même donnée gagnante contre Dilma Rousseff. Mais elle a perdu 12 points en un mois, victime de ses propres contradictions et de la fragilité de sa candidature. Cette femme noire née dans la misère est souvent comparée à une Lula en jupe. Ex-récolteuse de latex puis domestique, elle avait tout pour se poser en alternative populaire au PSDB comme au PT, en proie à l'usure du pouvoir douze ans après son arrivée à la tête du Brésil. Mais Marina Silva était la candidate par accident d'un parti qui n'est pas le sien. Un modeste PSB, dépourvu du puissant appareil comme de l'enracinement dont jouissent le PT et le PSDB. »

Le Temps (Suisse), 7 octobre 2014.

Simon Romero, « Brazil Vote Highlights a Rift Linked to Economics »

«...It was the smallest margin of victory in any presidential election since democracy was re-established in the 1980s after two decades of military rule. Ms. Rousseff, 66, a former Marxist guerrilla who rose to prominence as a top aide to Luiz Inácio Lula da Silva, the president from 2003 to 2010, seemed to signal in her victory speech that changes were needed to calm a nation unnerved by the campaigning, which involved comparisons on both sides to Nazis and heated accusations of corruption. «In mature democracies, unity does not mean monolithic action,» Ms. Rousseff told supporters in Brasília on Sunday night. «I want to be a better president than I've been until now.» While some in Brazil's middle and upper classes might wish otherwise, few changes are expected in the popular antipoverty programs that have shielded poorer Brazilians from an economic slowdown, with the unemployment rate remaining low even as the economy went into recession this year. (...) In addition to the class tension, the election also exposed geographic fissures, reflected by the strong showing of the centrist challenger Mr. Neves in São Paulo and states in southern Brazil, compared with Ms. Rousseff's sweep of states in the north and northeast, where recipients of social welfare programs broadly backed the incumbent. »

The New York Times (États-Unis), 28 octobre 2014, p. A4.

Gouvernance et gouvernement [ 26 octobre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
IntermédiaireDilma Rousseff

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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2010
Élection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil

octobre
2010
[Résultats] Élection présidentielle

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[Résultats] Élections législatives

juin
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octobre
2014
Réélection de Dilma Rousseff à la présidence du Brésil

octobre
2014
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2014
[Résultats] Élections législatives

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