Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 avril 2018

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17 septembre 1978

Signature des accords de camp David entre Israël et l'Égypte

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Conseil des Ministres israéliens, Menachem Begin, 1977-1981
Israeli Foreign Ministry

La médiation du président américain Jimmy Carter favorise la signature d'un accord de paix historique entre le président égyptien Anouar el-Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin.

Les rencontres qu'ont le président égyptien Anouar el-Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin à la fin de 1977 donnent un nouvel élan au processus de paix au Moyen-Orient. La médiation du président américain Jimmy Carter est à l'origine d'une autre rencontre entre les deux hommes au camp David, aux États-Unis, en septembre 1978. De longues négociations permettent la conclusion de deux accords cadres. Ils définissent les modalités d'une évacuation éventuelle du Sinaï par Israël et abordent la question des autres territoires occupés du Moyen-Orient. Une forte opposition aux accords se manifeste en Israël et dans le monde arabe. Des voix s'élèvent notamment dans les autres pays de la région -Syrie, Jordanie, etc.- , particulièrement concernés par la situation des Palestiniens. Malgré ces obstacles, Carter, Sadate et Begin se réunissent de nouveau à Washington, le 26 mars 1979, pour signer un traité respectant les grandes lignes des accords de camp David. Le 10 décembre 1978, les efforts de Sadate et Begin ont été récompensés par le prix Nobel de la Paix.

Pour en savoir plus: Accord de camp David

Dans les médias...


Raymond Aron, «Espoir sans illusions»

«...L'accueil ambigu, mi-figue, mi-raisin, réservé par certains gouvernements occidentaux à l'initiative de Sadate s'expliquait par les conséquences éventuelles du geste spectaculaire : en cas de réussite, la politique égyptienne divisait le monde arabe en deux groupes d'États, l'un résolu à la paix, donc à la reconnaissance officielle de l'État d'Israël, l'autre obstiné dans le refus -refus que les Palestiniens de la diaspora exprimeraient en opérations militaires ou terroristes. Les accords de Camp David, arrachés au dernier moment par l'infatigable médiation du président Carter, représentent une étape, essentielle mais non finale, de l'action entreprise au mois de novembre de l'année dernière. Non pas une paix séparée, puisqu'un des deux accords concerne d'autres pays arabes, peuple palestinien inclus, mais deux accords en vue de la paix, un prévu en détail et l'autre esquissé, un qui sera consacré dans les trois mois par la signature d'un traité de paix israélo-égyptien, l'autre qui exige la coopération de la Jordanie, des populations de la Cisjordanie et, probablement aussi, l'assentiment de l'Arabie séoudite. Accords inséparables ? On ne sait.»

L'Express (France), 30 septembre 1978, p. 57.

Simon Malley, «La Palestine contre une poignée de sable»

«...Un coup de théâtre, d'ailleurs, fort prévisible. Car comment aurait-on pu croire qu'Israéliens et Égyptiens, qui avaient tout misé sur la carte américaine, qui étaient les uns et les autres très conscients de l'alternative qui se serait imposée en cas d'impasse, pouvaient se payer le luxe de claquer la porte d'une conférence convoquée par le chef de l'État capitaliste le plus puissant du monde ? En réalité, ce chaud et ce froid successivement soufflés, ce finish spectaculaire n'avaient d'autre but que de chloroformer l'opinion mondiale, de lui faire avaler la pilule empoisonnée de la «paix séparée», et, surtout, de faire croire au peuple égyptien que son Raïs avait réussi le «miracle» en «arrachant» à Israël une concession de taille «sans verser une goutte de sang» : le retour du Sinaï dans la mère patrie -en cachant le fait qu'il s'agira d'un Sinaï démilitarisé et placé sous la double surveillance des Américains et des Israéliens et en taisant ce que chacun sait, à savoir que ce donnant-donnant, Sinaï contre paix séparée, était depuis longtemps accepté par Tel-Aviv.»

Afrique-Asie (France), 2 octobre 1978, p. 12.

Josette Alia, «Les atouts secrets de Sadate»

«...Le problème est qu'à partir de ce projet on peut procéder à deux «lectures» bien différentes. La première, la lecture de Sadate et des Américains, explique que la brèche est faite, où les Palestiniens pourraient s'engouffrer pour construire, peu à peu, leur État : on leur offre un gouvernement local autonome, une force de police indépendante, un fauteuil autour de la table des négociations finales. S'ils savent jouer de la dynamique de la paix sur le terrain des relations publiques internationales et de la solidarité arabe, leur destin est tracé (...) La seconde lecture, plus pessimiste, est celle de l'O.L.P. et de certains Arabes, qui voient dans l'accord la légitimation d'une présence militaire israélienne pratiquement indéfinie, la reprise fatale de la colonisation israélienne de peuplement après l'échec des négociations pendant cinq ans, et surtout la réduction des Palestiniens de l'extérieur, réfugiés un peu partout, à un statut bâtard de citoyens arabes de seconde zone (...) Entre les deux voies possibles, Sadate a choisi. Joueur solitaire, il mise toute sa fortune sur la case de la paix d'abord, la paix comme une arme, la paix à tout prix.»

Le Nouvel Observateur (France), 25 septembre 1978, p. 47.

Éditorial

«...These two agreements, the one on a peace treaty between Egypt and Israel and the other establishing principles for negociating an end to the Israeli occupation of the 1967 conquests, may have been obtainable many months ago. At times, in fact, the position of the two sides seemed as close as the frayed ends of a broken rope only waiting to be spliced. What was needed was a splicer. That, it now appears, has been President Carter's role at Camp David and he deserves great credit for having done his work so well. Should this happy beginning live up to its promise, the president's mediation will be of great historical significance. A genuine peace between Egypt and Israel after three decades of conflict would render most other hostilities in the Middle East manageable. The optimistic, among whom we number ourselves, will be searching their modern history for a parallel. One that occurs to us is the Anglo-French entente which, in the closing years of the 19th century, ended a century of war and colonial rivalry. And the comparison, we might add, is distinctly flattering to the work at Camp David.»

The Washington Star (États-Unis), 19 septembre 1978.

Gouvernance et gouvernement [ 17 septembre 1978 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
ÉlevéYitzhak NavonMenahem Begin

Égypte
FaibleAnouar el-SadateMahmoud Muhammad Salem

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1973 - 1983



décembre
1973
[Résultats] Élections législatives

juillet
1976
Raid israélien sur Entebbe, en Ouganda

mai
1977
[Résultats] Élections législatives

septembre
1978
Signature des accords de camp David entre Israël et l'Égypte

juin
1981
[Résultats] Élections législatives


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