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17 mars 2015

Élections législatives en Israël

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Benyamin Netanyahou

Deux ans après les élections générales de janvier 2013, les Israéliens sont de nouveau appelés aux urnes le 17 mars 2015. Au terme de ces élections précipitées, déclenchées par le premier ministre Benyamin Netanyahou, son parti, le Likoud, demeure en tête des formations représentées à la Knesset avec 23,4 % des votes et 30 sièges.

Depuis janvier 2013, une coalition, dirigée par le Likoud de Benyamin Netanyahou, est au pouvoir. À la fin de 2014, une crise éclate au sein du gouvernement. Des différends éclatent sur le budget et sur un projet de loi portant sur la reconnaissance d'Israël comme l'État national du peuple juif. Ils entraînent le renvoi de la ministre de la Justice Tzipi Livni, du parti Hatnuah, et du ministre de l'économie Yair Lapid, du parti Yesh Atid. Des élections précipitées sont annoncées pour le 17 mars 2014. Le Likoud est en tête dans les sondages. Une nouvelle force d'opposition, l'Union sioniste, est mise sur pied le 11 décembre. Elle est dirigée par Livni et le leader travailliste Isaac Herzog. Elle propose des mesures économiques plus équitables pour l'ensemble de la population et d'améliorer les relations d'Israël avec les États-Unis et l'Europe. L'Union sioniste privilégié aussi une solution à deux États avec les Palestiniens, une voie à laquelle le premier ministre Netanyahou réitère son opposition. Misant sur le thème de la sécurité, celui-ci effectue un discours controversé devant le Congrès américain le 3 mars, en pleine campagne. Il y réaffirme sa méfiance face aux négociations avec l'Iran dans le dossier du nucléaire. L'Union sioniste, qui a fait une remontée, détient alors un léger avantage dans plusieurs sondages. Le 17 mars, les Israéliens placent toutefois le Likoud en tête avec 23,4 % des voix et 30 sièges, six de plus que l'Union sioniste qui récolte 18,7 % des votes. Le succès des autres formations de droite tend à indiquer que Netanyahou pourra gouverner avec elles. Il reçoit d'ailleurs l'appui de 67 des 120 députés de la Knesset pour former le gouvernement. L'habileté politique du premier ministre est soulignée par les observateurs. Plusieurs s'inquiètent toutefois de ce que sa victoire signifie pour l'avenir du processus de paix avec les Palestiniens.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Piotr Smolar, « La ligne Nétanyahou triomphe en Israël »

«...La participation très élevée, 71,8 %, témoigne de la mobilisation générale, suscitée par l'incertitude du scrutin. Du jamais-vu depuis 1999. Mais la remontée inespérée de Benyamin Nétanyahou fera l'objet de centaines d'articles, de conférences, de statistiques et d'études sociologiques savantes pour en analyser tous les ressorts. Les scandales sur les dépenses abusives de son couple n'ont pas atteint son image. Le coût de la vie exorbitant n'a pas été porté à son débit. Pas plus que sa prestation devant le Congrès américain, le 3 mars, au sujet du nucléaire iranien, malgré la dégradation de la relation avec les Etats-Unis. L'usure du temps, cette loi d'airain des démocraties occidentales, ne semble pas avoir d'effet sur lui, au moment décisif. Pendant cette campagne, la presse israélienne le décrivait gagné par la panique, cédant à l'improvisation. Mais « Bibi » a trouvé un chemin escarpé pour fuir le débat sur son bilan. Il a renversé les termes du référendum que l'opposition voulait organiser sur son nom. Les siens étaient anxiogènes : la gauche est une menace, encore une, pour les fondations d'Israël et sa sécurité. »

Le Monde (France), 19 mars 2015, p. 2.

Pierre Puchot, « En Israël, la peur l'a emporté »

«...L'environnement international, nourri par la crise syrienne et l'essor de l'organisation de l'État islamique, a en outre servi cette stratégie sécuritaire de Netanyahou. Mais l'épouvantail de l'EI avait également été agité par Avigdor Liberman dont l'un des slogans de campagne était : « Si vous souhaitez que l'EI demeure en dehors d'Israël, votez pour moi » , mais qui se retrouve pourtant avec un piteux résultat de 5 députés, 10 de moins qu'en 2009, son meilleur score. Outre qu'elle conforte une stratégie basée sur la confrontation, avec les Palestiniens, mais aussi avec les États-Unis et Barack Obama, coupable selon le premier ministre de complaisance vis-à-vis de l'Iran, c'est une victoire toute personnelle pour Netanyahou, faite de coups politiques et pensée à court terme. (...) Dimanche soir devant ses partisans, lui-même admettait qu'il y avait « un risque que la gauche arrive au pouvoir » (...). Ce soir-là à Tel-Aviv, son premier coup politique, largement sous-estimé par la presse internationale et israélienne, fut de réunir toute la droite autour de sa personne pour adopter la posture du rassembleur. Le lendemain, son second coup de poker, sous forme de déclaration inédite, lapidaire et absolue - « Il n'y aura pas d'État palestinien si je demeure premier ministre » - , a coupé l'herbe sous le pied de son principal rival à droite, Naftali Bennett, passé de 12 députés en 2013 à 8 lors du scrutin de mardi. La capacité de Netanyahou à demeurer le premier référent de la droite auprès de l'électorat est impressionnante. »

Mediaspart (France), 18 mars 2015.

Martine Gozlan, « Il y a deux Israël »

«...Deux visions de l'avenir juif, deux visions concurrentes depuis l'aube de l'État, se partagent les urnes, les âmes, les armes. (...). Ces deux visions ne peuvent pas cohabiter et c'est la raison pour laquelle Netanyahu a fait éclater sa coalition et déclenché des élections anticipées. On croyait l'une des deux, celle de la justice, moribonde : elle s'est au contraire magnifiquement relevée. Le centre-gauche n'a pas grand chose à voir, désormais, avec les aberrations anti-israéliennes du pseudo « post-sionisme », ce gauchisme qui refuse en bloc l'histoire et la construction d'un État douloureux. Le nouveau bloc s'inscrit au contraire dans la saga née des espérances du début du 20ème siècle. L'Union sioniste ne renie rien, elle revendique l'héritage de David Ben Gourion et c'est ce qui l'a portée, malgré tout, face à un Likoud dévoré par les pulsions de solitude et d'auto-enfermement. On espère donc que les commentaires, si généralement prompts à caricaturer la réalité de ce pays en guerre, n'étoufferont pas une fois de plus sous le globalisant label « extrémisme » la diversité des Israéliens, l'énergie qu'ont mis la moitié d'entre eux à tenter de sortir de l'ère Netanyahu. »

Marianne (France), 17 mars 2015.

Agnès Gruda, « La vérité toute nue »

«...Avec les élections de mardi dernier, plus question de la solution des deux États comme modèle de règlement du conflit israélo-palestinien. Oui, je sais, Benyamin Nétanyahou a rétropédalé dès le lendemain du scrutin, assurant qu'il n'avait pas vraiment voulu dire ce qu'il a dit. Et que ce n'est pas lui, mais le climat politique actuel, qui rend ce scénario impossible, du moins tant et aussi longtemps qu'il restera en poste. Étant donné qu'il a largement contribué à créer ce climat, en accélérant la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, cette dénégation est peu convaincante. Pour l'essentiel, l'État palestinien ne verra pas le jour dans un avenir prévisible parce que la droite israélienne n'en veut pas. Et parce que le vote pour Nétanyahou et son parti, le Likoud, exprime, entre autres choses, ce refus. Ce qui laisse un immense point d'interrogation à l'horizon : si le projet national palestinien est mort et enterré, par quoi le remplacera-t-on ? Quelles sont les autres hypothèses sur la table ? Difficile à dire ce qu'en pense précisément l'ex et futur premier ministre israélien, pour la simple raison qu'il a soigneusement évité d'aborder ce sujet pendant la campagne électorale - tout comme la majorité des autres partis, d'ailleurs. »

La Presse (Québec, Canada), 21 mars 2015, p. A24.

Peter Beaumont, « Israel election : Bibi the magician pulls off a victory - but at what cost ? »

«...The first and most immediate takeaway from Binyamin Netanyahu's surprise victory is perhaps the least surprising. Netanyahu, who was nicknamed « Bibi the magician » in the 1990s for his formidable electoral skills, not only knew what buttons to push to secure re-election but did so shamelessly, playing on the anxieties of the Israeli right. Conspiratorial, at times smacking of racism when he spoke of droves of Arab citizens of Israelbeing bussed to polling stations, and playing on the notion of the right as the victim of an alliance of the left and unnamed foreign powers, it was an appeal both demagogic and pitched to be alarmist. The result, however, also confirms a truism about Israel's drift to the right in recent years which has seen successive Labour leaders - including Isaac Herzog, even in an electoral alliance with former justice minister Tzipi Livni - fail to defeat a succession of rightwing-led governments. (...) Paradoxically, however, the result also reveals an Israel implacably divided. Herzog's still strong showing in defeat, not least when put next to the seats won by the new Joint Arab Israeli List, point to a large constituency in Israel opposed to all that Netanyahu and the right stand for. Netanyahu might head up the next government but even he must know that he is not a leader of all of Israel as he has tried to claim. »

The Guardian (Royaume-Uni), 19 mars 2015.

Gouvernance et gouvernement [ 17 mars 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireReuven RivlinBenyamin Netanyahou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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janvier
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Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

mars
2015
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