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16 août 1992

Élection de Pascal Lissouba à la présidence de la République du Congo

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pascal Lissouba

Un vent de changement souffle sur la République du Congo alors que Pascal Lissouba, le candidat de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), remporte l'élection présidentielle avec 61,3% des voix. C'est la première fois que le chef de l'État congolais est élu au suffrage universel entre plusieurs candidats.

Un vent de changement démocratique souffle avec la chute du mur de Berlin, en novembre 1989, et le discours de La Baule, le 20 juin 1990, dans lequel le président français François Mitterrand invite les pays africains à adopter des réformes. L'agitation qui gronde en République du Congo amène le président Denis Sassou-Nguesso à instaurer le multipartisme. Lors d'une conférence nationale, qui se déroule du 25 février au 10 juin 1991, la décision est prise de réduire les pouvoirs présidentiels, de dissoudre l'Assemblée nationale et de former un Haut conseil de la République avant la tenue d'un scrutin. Une nouvelle Constitution est approuvée à 93% lors d'un référendum qui se tient le 15 mars 1992. Des législatives, le 24 juin et le 19 juillet, permettent à l'UPADS de former un gouvernement, avec l'appui de l'ex-parti unique, le Parti congolais du travail (PCT) de Sassou-Nguesso. Ce dernier arrive pour sa part troisième lors du premier tour de la présidentielle, le 2 août. Lors du deuxième tour, c'est Pascal Lissouba, un ex-premier ministre (1963-1966), qui est victorieux avec 61,3%. Environ 60% des Congolais participent à chacun des tours de ces élections historiques. Insatisfait de la distribution des ministères, le PCT a cependant tôt fait de retirer son appui à l'UPADS. Un gouvernement d'union nationale est formé en attendant un retour aux urnes qui a lieu en mai et juin 1993. La coalition Tendance présidentielle, dont l'UPADS de Lissouba est la principale formation, l'emporte. Mais la contestation s'élève contre des irrégularités présumées et des violences éclatent entre le gouvernement et l'opposition. Déjà accablée par un endettement important, la République du Congo entre dans une période d'instabilité et de conflits internes, malgré la proclamation de l'état d'urgence le 16 juillet 1993.

Dans les médias...


Ibrahima Signaté, « Les desseins de Lissouba »

«...Le (Lissouba) voilà en tout cas à la tête de la deuxième formation politique du pays, damant le pion à quelques politicien chevronnés qui ont dû se contenter de faire de la figuration. Quel usage en fera-t-il ? Opposition constructive ou systématique, telle est la question. De ces élections, on retiendra aussi la base régionale incontestable des trois grands partis. Ce qui a fait crier trop vite, semble-t-il, à un vote essentiellement « tribal ». En réalité, c'est une affirmation qui mériterait d'être nuancée, notamment pour l'UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) qui a fait la preuve de sa large implantation (même si elle est inégale). Les autres formations les plus significatives ont aussi, à des degrés divers, des caractéristiques nationales. Au lieu de faire une fixation sur un phénomène somme toute assez répandu en Afrique et que le parti unique a entretenu, il faudrait plutôt réfléchir aux moyens d'en réduire la portée, voire de le transcender. Nul doute que le nouveau pouvoir y veillera. Un nouveau pouvoir qui aura précisément du pain sur la planche. Car le bilan du PCT et de Sassou, singulièrement, est tout sauf une réussite. Dans ces conditions, il est permis de s'étonner des exigences que mettent en avant aujourd'hui les hommes de l'ancien régime, forts, sans doute, de leur relative contribution à l'élection au second tour de Lissouba. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), septembre 1992, p. 9.

Sennen Andriamirado, « Lissouba rassembleur »

«...En véritable professeur de génétique qu'il est, Pascal Lissouba avait déjà surpris, en mai 1991, les délégués à la conférence nationale du Congo. Il avait présenté en effet non pas un programme politique - encore moins un discours idéologique - mais un document savamment intitulé « Instauration et organisation de la démocratie au Congo - Pour le redressement, le développement et l'unité », étayé par des tableaux disséquant ses « principes et objectifs » en « activités à entreprendre » et en « résultats attendus ». Scientifique, Pascal Lissouba n'en a pas moins révélé dès l'année dernière d'autres ambitions. Selon son directeur de campagne, le jeune Marc Mapingou, qui a su comprendre le « Vieux » « en créant l'Upada » (Union panafricaine pour la démocratie sociale), Lissouba voulait « relever un certain nombre de défis en Afrique, pour permettre aux générations futures d'hériter d'une oeuvre bien accomplie ». C'est pourquoi il a tenu à faire de son parti un mouvement « panafricain » et choisi « Le défi d'un continent » parmi ses slogans électoraux. »

Jeune Afrique (France), 3 au 9 septembre 1992, p. 6.

C.S., « M. Pascal Lissouba a remporté une nette victoire »

«...Le cheveu blanchissant, le regard vif derrière les épaisses lunettes, celui que ses admirateurs appellent affectueusement « le professeur », a su, très habilement, durant toute la campagne présidentielle, joueur de son image d'homme de science et de politicien madré pour gagner, sinon le coeur, du moins la majorité des suffrages de l'électorat congolais. Cette réputation n'est pas usurpée. Les quelque onze années passées à l'étranger, de 1979 à 1990 (...) ont porté chance à M. Pascal Lissouba, en l'éloignant des querelles intestines trop récentes et de leurs désagréables retombées. En dépit de cette longue absence, sa passion pour la politique congolaise ne s'est pourtant jamais émoussée. Marxiste bon teint dans les années 60 et 70, il se convertira sans peines aux thèses du libéralisme économique et du pluralisme politique, aujourd'hui à la mode sur le continent africain. L'ancien ingénieur agronome, titulaire d'un doctorat en sciences naturelles (option génétique) obtenu à la Sorbonne, en 1958, n'est pas seulement atteint par le virus du « savoir ». Celui du pouvoir politique, auquel il a longuement goûté avant son exil volontaire, ne l'a jamais vraiment quitté. »

Le Monde (France), 22 août 1992, p. 5.

Gouvernance et gouvernement [ 16 août 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo
IntermédiaireDenis Sassou-NguessoAndré Milongo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 2002



août
1992
Élection de Pascal Lissouba à la présidence de la République du Congo

octobre
1997
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