25 avril 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

4 octobre 1992

Signature d'une entente mettant fin à la guerre civile au Mozambique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joachim Chissano

Après plus de 15 ans d'une guerre civile meurtrière, le gouvernement du Front de libération du Mozambique (Frelimo) et ses opposants de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo) signent un accord de paix à Rome. Une force internationale aidera à maintenir l'ordre pendant la période de transition qui s'amorce.

Après l'indépendance du Mozambique, en 1975, le président Samora Machel et le Frelimo, le parti unique, adoptent un modèle de développement marxiste et exercent une sévère répression contre l'opposition. Cette orientation, conjuguée à leur appui à des mouvements en lutte contre la ségrégation en Rhodésie et en Afrique du Sud, attire au Frelimo l'adversité de ces deux pays. Ceux-ci supportent la Renamo qui, à partir de 1977, livre une lutte de guérilla aux troupes gouvernementales. Les combats surviennent dans un pays déjà aux prises avec une situation économique précaire. En plus des atrocités commises de part et d'autre - exécutions massives, viols, etc. - , la population doit composer avec une sécheresse dévastatrice. Le vent de démocratisation qui souffle sur l'Europe de l'Est à la fin des années 1980, ainsi que la fin du régime d'apartheid en Afrique du Sud, favorisent un rapprochement. Un nouveau projet de Constitution est déposé en 1989 et un cessez-le-feu partiel accepté le 1er décembre 1990. Adoptée en novembre 1990, la nouvelle Constitution prévoit des élections multipartites, la liberté de presse et davantage de droits individuels. Le 4 octobre 1992, des représentants du Frelimo et de la Renamo réunis à Rome concluent un accord de paix. Une nouvelle armée sera formée avec une représentation égale de membres du Frelimo et de la Renamo, alors qu'une force des Nations unies (Onumoz) sera déployée pendant la transition. Les derniers membres de celle-ci quitteront le pays en 1995. Des élections multipartites se dérouleront les 27 et 28 octobre 1994. Le président Joaquim Chissano, qui avait succédé à Machel en 1986, sera reporté au pouvoir. Le Mozambique, un des pays les plus pauvres du monde, aura toutefois fort à faire pour se relever de cette guerre qui aurait fait près d'un million de morts et des millions de déplacés, en plus d'avoir des répercussions économiques désastreuses sur le pays.

Dans les médias...


Pietro Petrucci, « Peut-on faire confiance à la Renamo ? »

«...Peut-on faire confiance à Dhlakama (le chef de la Renamo) ? C'est la grande question qui, comme en Angola, hante l'après-guerre mozambicain dans l'attente des élections législatives et présidentielle prévues « avant octobre 1993 ». L'attachement à la démocratie d'un homme comme Dhlakama reste en effet à démontrer. Sans trop de préjugés, il a commencé sa carrière à l'ombre des services secrets rhodésiens, sud-africains et des anciens colons portugais. (...) Le Mozambique parvient à des accords de paix, épuisé, par conséquent très vulnérable face aux potentats économiques (sud-africains, portugais, et d'autres pays européens) intéressés à reconstruire ce pays qui a perdu un million de ses fils, sur quatorze, dans la guerre civile. Une conférence de tous les pays et organisations prêts à aider à la reconstruction, convoquée par l'Italie pour ce mois de novembre à Rome, mettra vraisemblablement beaucoup de ressources à la disposition du Mozambique. S'agira-t-il d'une nouvelle chance pour le Frelimo et la Renamo de coopérer, ou bien encore d'une occasion de conflit ? La transition ne sera pas simple à Maputo. »

Le Nouvel Afrique Asie (France), novembre 1992, p. 17-18.

Georges Marion, « Le gouvernement de Maputo a conclu un accord de paix avec la rébellion »

«...L'accord de paix entre le Mozambique et son opposition armée a été signé, dimanche 4 octobre, à Rome, par M. Joaquim Chissano, président du Mozambique, et M. Afonso Dhlakama, chef de la RENAMO (Résistance nationale du Mozambique), après d'ultimes négociations menées au siège de la communauté catholique de Sant'Egidio et commencées depuis plus de deux ans. Les « parrains » de l'accord, le président du Zimbabwe, M. Robert Mugabe, et le ministre sud-africain des affaires étrangères, M. Pik Botha, assistaient à la signature. L'accord devrait mettre fin à l'une des guerres les plus longues du continent africain. Comme en Angola, autre ancienne possession portugaise d'Afrique australe, l'accord de cessez-le-feu signé dimanche entre dans le cadre du règlement global des conflits issus de la décolonisation et de la guerre froide dans la région. Durant seize ans, dès l'indépendance du Mozambique, les troupes de la RENAMO, soutenues et armées par l'Afrique du Sud et la Rhodésie voisines, ont affronté le pouvoir de Maputo, régime se réclamant du marxisme. » Le résultat est dramatique : peuplé de 15 millions d'habitants, ravagé par la sécheresse, la famine et les destructions de toutes sortes, le pays sort de la guerre exsangue. Il est l'un des plus pauvres au monde. »

Le Monde (France), 6 octobre 1992, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 4 octobre 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mozambique
FaibleJoaquim Alberto ChissanoMário Fernandes da Graça Machungo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 2002



octobre
1986
Décès du président mozambicain Samora Moisés Machel dans un crash d'avion

octobre
1992
Signature d'une entente mettant fin à la guerre civile au Mozambique

octobre
1994
Élection de Joachim Chissano à la présidence du Mozambique

décembre
1999
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1999
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
Attentats terroristes et tensions civiles au Mozambique

novembre
2016
Une dette lourde à porter pour le Mozambique

décembre
2013
Mozambique : la Renamo dénonce l'accord de Rome de 1992

février
2009
Le Mozambique gravement atteint par la crise alimentaire mondiale


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016