Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

14 décembre 2018

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1 novembre 1976

Renversement du président burundais Michel Micombero

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Michel Micombero

Le président burundais, Michel Micombero, est renversé par un coup d'État orchestré par un chef d'état-major général adjoint, le colonel Jean-Baptiste Bagaza. Très critique du régime précédent, celui-ci s'engage à favoriser une réconciliation nationale et à faire des réformes démocratiques.

Après avoir pris le pouvoir et aboli la monarchie en 1966, le président Michel Micombero et le parti unique, l'Unité pour le progrès national (UPN), dirigent le Burundi de façon autoritaire. En 1972, les tensions entre la majorité hutue et la minorité tutsie, qui tient les rênes du pouvoir, dégénèrent en massacres qui font des centaines de milliers de morts et d'exilés. Le mécontentement grogne à l'endroit du président, que l'on accuse également de corruption et d'un manque de vision pour son pays. Les rumeurs d'un coup d'État du chef d'état-major, Thomas Ndabemeye, incitent un autre militaire, le chef d'état-major général adjoint, le colonel Jean-Baptiste Bagaza, à passer à l'action. Le 1er novembre 1976, Micombero est renversé sans effusion de sang. Ndabemeye est également écarté. La Constitution est suspendue et Bagaza, un Tutsi appuyé par l'armée, est désigné président par un Conseil suprême révolutionnaire (CSR) formé de 30 membres. La fin de la première république est proclamée alors qu'un nouveau gouvernement, le premier de la seconde république, est formé. On rétablit la fonction de premier ministre qui est confiée au lieutenant-colonel Édouard Nzambimana. Après les conflits et les divisions des dernières années, le président Bagaza, qui dénonce le « régionalisme et le clanisme » sous Micombero, s'engage à promouvoir une réconciliation nationale. Peu de Hutus sont toutefois intégrés au nouveau cabinet. Bagaza souhaite également adopter des réformes agraires et démocratiques. Il restera en poste pendant 11 ans, avant d'être renversé à son tour par un coup d'État, le 3 novembre 1987.

Dans les médias...


Philippe Decraere, « Le coup d'État serait la conséquence de rivalités au sein de l'armée »

«...Les relations avec les pays limitrophes posent d'épineux problèmes, la plus grande partie des élites Hutus ayant émigré depuis dix ans au Zaïre, en Tanzanie et surtout au Rwanda. Dans ce dernier pays, où les clivages ethniques sont aussi marqués qu'au Burundi, la situation politique est radicalement différente. Alors que le Burundi était, depuis le putsch perpétré par Michel Micombero une véritable République Tutsi, au Rwanda, ce sont les Hutus qui contrôlent le pouvoir. Deux questions se posent au lendemain du coup d'État du 1er novembre à Bujumbura. Quel va être l'avenir de la population Hutu du Burundi ? Quelle sera l'évolution des rapports entre Bujumbura et Kigali ? Pour que l'ancienne colonie belge sorte enfin du sous-développement qui en fait l'une des plus pauvres républiques du continent noir. Il est indispensable que la concorde règne entre les deux communautés Hutu et Tutsi à l'intérieur du pays, mais aussi que la coopération se développe entre le Burundi et le Rwanda. »

Le Monde (France), 4 novembre 1976, p. 8.

Abdelaziz Dahmani, « Un coup d'État pour quoi ? »

«...Le lieutenant général Michel Micombero (...) se préparait à fêter, le 28 novembre, le dixième anniversaire de son accession au pouvoir en tant que « père », « héros » et « leader bien-aimé » de la nation. Le 1er novembre, le voilà déchu. Les messages de soutien attendus dans le courrier du président se transforment en attaques violentes contre le tyran, l'usurpateur, le dictateur... De nouveau, les 99,99% sanctionnant les consultations électorales se changent en allègres zéros... « Le roi est mort, vive le roi ! » Les messages de soutien sont, depuis le 3 novembre, adressés au nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Bagaza, trente ans, rentré au Burundi il y a cinq ans, diplômé d'une école militaire belge. Il faut lui prêter allégeance avant le couvre-feu de 17 heures et ne pas se déplacer d'une province à l'autre. Ces restrictions ont tout de même été allégées le 6 novembre. Comme Micombero il y a dix ans, Bagaza a, dans sa première déclaration, justifié le putsch par l'abus d'autorité, le népotisme et la corruption de son prédécesseur. Ici l'histoire se répète, à cette différence près que Micombero a renversé en 1966 un roi lui-même monté sur le trône par un acte de félonie accompli, quelques mois plus tôt, à l'encontre de son père. Bagaza a donc destitué un militaire qui, en dix ans, a accaparé plus de pouvoirs que le plus autoritaire des mwami (rois) ayant régné sur le Burundi depuis l'an 1675. »

Jeune Afrique (France), 19 novembre 1976, p. 38.

Gouvernance et gouvernement [ 1 novembre 1976 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Burundi
FaibleMichel MicomberoAlbin Nyamoya

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1966 - 1986



novembre
1966
Renversement du roi Ntare V au Burundi

avril
1972
Début d'une insurrection au Burundi

novembre
1976
Renversement du président burundais Michel Micombero

avril
1980
Renversement du président libérien William R. Tolbert


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