21 septembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

3 septembre 1987

Renversement du président burundais Jean-Baptiste Bagaza

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pierre Buyoya

Pendant qu'il assiste au sommet de la Francophonie qui se déroule à Québec, au Canada, le président burundais Jean-Baptiste Bagaza est renversé par un coup d'État effectué par des militaires. Un Comité militaire pour le salut national est formé, avec à sa tête le major Pierre Buyoya qui accède à la présidence.

Le président Jean-Baptiste Bagaza, qui avait accédé au pouvoir en 1976 à la suite d'un coup d'État, assiste au sommet de la Francophonie, au Québec, en septembre 1987. Pendant son absence, le major Pierre Buyoya, un cousin du président, renverse le gouvernement avec l'aide d'autres militaires, mais sans violence. De retour, le président ne peut rentrer au pays et s'établit en Ouganda. Buyoya, un membre de la minorité tutsie, prône un gouvernement « d'unité et de réconciliation » afin d'apaiser les tensions entre Tutsis et Hutus. Il s'engage aussi à libérer des prisonniers politiques et à assouplir ou à abolir des mesures adoptées par le gouvernement précédent face aux catholiques, qui forment la majorité au Burundi. La Constitution de la deuxième république est suspendue alors qu'un Comité militaire pour le salut national est formé, dans l'attente d'institutions démocratiques que Buyoya souhaite mettre en place. Des tensions apparaissent dès 1988. Des affrontements entre Hutus et Tutsis dégénèrent. Une répression sanglante est exercée par l'armée, sous le contrôle des Tutsis, faisant environ 20 000 morts. Après ces massacres, le président Buyoya formera en octobre une commission d'enquête chargée d'étudier la question de l'unité nationale. En octobre 1988, un Hutu, Adrien Sibomana, est nommé premier ministre. Une nouvelle Constitution sera adoptée en 1993 et des élections présidentielle et législatives tenues peu après. Le 1er juin, Buyoya sera défait par Melchior Ndadaye, le premier président hutu du Burundi et le premier chef d'État de ce pays élu lors d'un scrutin à candidatures multiples. Son règne sera toutefois de courte durée puisqu'il sera assassiné lors d'un coup effectué le 21 octobre 1993.

Dans les médias...


H.K., « Troisième coup d'État : un cousin chasse l'autre »

«...Le Burundi a vécu ainsi son troisième coup d'État. Un coup d'État qui n'a pas surpris ceux qui connaissent « le pays des mille collines », et qui estiment que la crise que vit le pays depuis un peu plus de trois ans ne pouvait aboutir sur un autre résultat. (...) Sans se compromettre lui-même dans le mercantilisme qu'il avait reproché au précédent régime, il ferme néanmoins les yeux sur des affaires de pots-de-vin et de détournement de fonds commis par ses proches. Plus grave encore il engage une partie de bras de fer avec l'Église catholique en interdisant les messes matinales quotidiennes puis en nationalisant des petits et moyens séminaires. De nombreux missionnaires étrangers seront expulsés ou contraints à quitter le pays, faute de renouvellement de leurs titres de séjour, tandis que des prêtres burundais seront jetés en prison. C'était pousser trop loin le bouchon en ce pays profondément religieux, où plus des deux tiers de la population (90% selon certains) sont catholiques ou protestants et où l'Église exerce depuis la colonisation un quasi-monopole sur l'enseignement et le secteur de la santé. »

Jeune Afrique (France), 16 septembre 1987, p. 24-25.

Jacques de Barrin, « Le nouvel homme fort du pays promet le rétablissement des libertés religieuses »

«...Dans sa première allocution radiodiffusée, le major Buyoya a longuement expliqué les raisons pour lesquelles les forces armées avaient décidé de « sauver le pays de la dérive », ce qui a été fait, a-t-il dit « dans le calme et la dignité. Il s'est alors employé à dresser la liste des « errements » du régime : corruption, favoritisme, concentration des pouvoirs, incohérence des décisions, tensions arbitraires, violations de certaines libertés fondamentales, etc. Évoquant la politique engagée par le colonel Bagaza, le major Buyoya a reconnu que « l'exaspération de querelles religieuses stériles entraînant une cascade de mesures irréfléchies désorienterait complètement la population ». À l'en croire, ces décisions à caractère répétitif, obsessionnelles et surprenantes, sont devenues un alibi pour masquer les insuffisances et incohérences du régime. Et de promettre que « la liberté de culte sera de nouveau garantie ». En définitive, « le cortège de tous ces fléaux » avait fini, selon le major Buyoya, par « ternir l'image de marque du pays » et créé un « climat général d'antipathie et de méfiance » qui provoqua une baisse grave de l'aide étrangère, notamment de la Belgique, l'ancien tuteur avec lequel les relations étaient devenues exécrables. Le nouvel homme fort de Bujumbura n'a rien dévoilé de son programme de gouvernement, se contentant d'affirmer que « le peuple doit être consulté pour être bien dirigé ». »

Le Monde (France), 8 septembre 1987, p. 2.

Gouvernance et gouvernement [ 3 septembre 1987 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Burundi
FaiblePierre BuyoyaÉdouard Nzambimana

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1977 - 1997



avril
1980
Renversement du président libérien William R. Tolbert

septembre
1987
Renversement du président burundais Jean-Baptiste Bagaza

avril
1994
Attentat contre les présidents du Burundi et du Rwanda

juillet
1996
Renversement du président burundais Sylvestre Ntibantunganya


Dans l'actualité


janvier
2018
Une course au ralenti pour le taux de fécondité au Burundi

septembre
2015
Chou blanc pour les putschistes burundais

janvier
2007
Burundi : un ancien Président est acquitté


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019