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27 décembre 1979

Intervention militaire soviétique en Afghanistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Babrak Karmal

L'instabilité de la situation politique en Afghanistan entraîne l'intervention militaire de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Les troupes soviétiques occuperont le pays pendant près de 10 ans avant de le quitter en février 1989.

En avril 1978, le président afghan Mohammed Daoud est renversé et tué par un groupe de militaires favorables à l'URSS. Mohamed Taraki lui succède à la présidence du pays. L'adoption de réformes communistes suscite une forte opposition au régime, particulièrement chez les islamistes. L'exode de dizaines de milliers d'entre eux et l'adoption de mesures répressives ne suffisent pas à enrayer l'insurrection qui gagne une bonne partie du pays. Après l'élimination du président Taraki, que remplace Hazifullah Amin, l'URSS, qui dit répondre à une demande de Kaboul, intervient en faisant traverser la frontière afghane à ses troupes en décembre 1979. Un homme de confiance des Soviétiques, Babrak Karmal, prend la tête du pays. Cette intervention soulève la réprobation dans plusieurs pays qui adopteront des sanctions économiques ou boycotteront les Jeux olympiques de Moscou, à l'été 1980, en guise de représailles. Les troupes soviétiques quitteront l'Afghanistan en février 1989, laissant derrière elles des milliers de morts et une rébellion qu'ils n'ont jamais réussi à écraser.

Dans les médias...


Paul Thibaud, «Ouvrons les yeux»

«...Ce que révèle la crise actuelle, ce sont les conséquences dangereuses de cette logique de l'intervention sans limites et sans retour. La tactique souple d'aide aux leaders progressistes a souvent déçu, les communistes locaux en ont fait plus d'une fois les frais, du moins évitait-elle à l'Union soviétique de se trouver prise dans un engrenage de type vietnamien (...) D'après un éditorial du Monde (11 janvier), les Européens sont perplexes sur l'affaire de Kaboul, ils se demandent si les Russes accomplissent une «opération chirurgicale risquée» mais limitée (auquel cas il n'y aurait qu'à retenir son souffle un moment) ou bien si c'est le début d'une stratégie plus ample en direction du Moyen Orient (auquel cas il y aurait urgence à réfléchir). Ce dilemme est un mauvais instrument d'analyse en ce qu'il limite les interrogations aux intentions de Moscou, alors qu'il faut plutôt prendre note de l'affaiblissement idéologique et politique du communisme, dont l'interventionnisme militaire n'est qu'une contrepartie.»

Esprit (France), février 1980, p. 5.

Pierre Doublet, «Les Russes attaquent»

«...Car la détente n'existe plus. Elle avait survécu à l'aventure américaine au Vietnam, à la guerre de Kippour, aux crises africaines. La voilà noyée, pour longtemps, sous la boue des convois qui roulent vers Kaboul (...) Jamais depuis la querelle Eisenhower-Khrouchtchev en 1960, à propos d'un avion espion, les relations personnelles entre les deux principaux dirigeants de la planète n'étaient tombées si bas. Et c'est grave. Les Soviétiques avaient certes prévu tout cela avant de lancer leurs troupes sur Kaboul. Il ne s'agit pas d'un coup de tête : les plans étaient dressés depuis au moins trois mois. Ils ont pourtant choisi le risque : l'Afghanistan leur a paru plus important que tout le reste. Pour deux raisons : ils ne pouvaient pas, sans une lourde perte de prestige auprès de nombre de leurs protégés asiatiques ou africains, laisser choisir un régime révolutionnaire qui se réclamait d'eux. Et ils ne pouvaient pas tolérer l'instauration d'un régime -ou d'une anarchie- fanatiquement islamique et antisoviétique à leurs marches musulmanes d'Asie. Car il y a 50 millions de musulmans en U.R.S.S. D'ici à trente ans, ils seront peut-être le double, et la majorité de l'U.R.S.S., un jour.»

L'Express (France), 12 janvier 1980.

Jean Pellerin, «Un intermède afghan»

«...Au lendemain d'un transport de troupes soviétiques fort impressionnant, on peut difficilement douter que c'est Moscou qui a cuisiné l'assassinat d'Amin, de même que le retour précipité d'exil de Babrak Karmel. Ce dernier a promis mer et monde : libération des prisonniers politiques, abolition du chômage, tenue d'élections démocratiques... Mais le véritable problème s'appelle «Jamiat Eslami», une association islamique qui se révèle militairement efficace et qui a investi, ces derniers mois, une bonne partie du territoire afghan. Coincé entre l'URSS, le Pakistan et l'Iran, l'Afghanistan se trouve au beau milieu du courant d'air islamique venu de ses grands voisins. De ce fait, il a tout ce qu'il faut pour être le Vietnam de l'Union soviétique.»

La Presse (Québec, Canada), 29 décembre 1979, p. A4.

Éditorial

«...The question is why, and the first response that comes to mind is, why not ? Events of the last few years certainly must suggest to the Soviets that there is very little risk of serious opposition from the U.S. to covert, in most parts of the globe (...) However, a broader answer is needed. The Russians will pay some price, in lives and expense, in trying to subdue Afghan anti-Marxists, and they risk alienating even those few Afghans who supported the puppet Marxist government. They are obviously making some calculations, not the least of which is that this is an inexpensive way of demonstrating their military capability and the will to use it (...) The lesson for the rest of Asia and the Middle East is that what can be done there can be done elsewhere.»

The Wall Street Journal (États-Unis), 28 décembre 1979.

Gouvernance et gouvernement [ 27 décembre 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afghanistan
TransitionBabrak KarmalBabrak Karmal

Russie
FaibleLeonid BrejnevAleksei Kossyguine

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1969 - 1989



juillet
1973
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décembre
1979
Intervention militaire soviétique en Afghanistan


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