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12 novembre 2015

Attentats terroristes au Liban

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Beyrouth

Deux attentats-suicides, déclenchés à quelques minutes d'intervalle, font 43 morts et plus de 200 blessés à Beyrouth, au Liban. Il s'agirait de l'action la plus meurtrière du genre dans cette ville depuis la fin de la guerre civile, en 1990.

Dans la guerre civile qui fait rage en Syrie, le Hezbollah, un mouvement politique chiite très influent au Liban, décide d'appuyer les forces fidèles au président Bachar el-Assad. Il se trouve donc en opposition à l'État islamique (EI) qui se livre à des attaques contre lui en sol libanais en 2013 et 2014. Après une période d'accalmie, Bourj El-Barajneh, un quartier du sud de Beyrouth reconnu comme un fief du Hezbollah, est la cible de deux attaques-suicides le 12 novembre 2015. En l'espace de quelques minutes, des kamikazes se font sauter dans une rue achalandée en fin d'après-midi, amenant avec eux dans la mort 44 personnes, en plus de faire au-delà de 200 blessés. Il s'agirait du pire attentat commis dans cette ville depuis la fin de la guerre civile, en 1990. Il survient quelques jours après que le Hezbollah et des troupes syriennes eurent repris possession de l'aéroport de Kweires, en Syrie, assiégé par l'EI depuis deux ans. Celui-ci revendique d'ailleurs l'attentat de Beyrouth, reprochant au Hezbollah son engagement aux côtés du président el-Assad. Le premier ministre libanais Tammam Salam exprime son indignation. Il en va de même du président français François Hollande. Quelques heures plus tard, ce sera à son tour de faire face à une intervention terroriste meurtrière sur son territoire. Son envergure et le rayonnement international de la France contribueront d'ailleurs à reléguer dans l'ombre la tragédie de Beyrouth. Le deuil national est décrété au Liban, alors que des arrestations sont effectuées auprès de Syriens et de Libanais dans les jours suivant les attentats.

Dans les médias...


Luis Lema, « Le Liban, pris dans l'engrenage syrien »

«...La double explosion à Beyrouth est certainement à mettre en relation avec l'explosion de l'avion charter russe, il y a quinze jours, au-dessus du Sinaï égyptien. Dans les deux cas, il s'agit pour Daech de porter la guerre hors de son foyer principal, en comptant sur ses groupes affiliés locaux. Ici, contre le nouvel ennemi russe; là, contre « les apostats » chiites du Liban. De fait, ce n'est pas la première fois que l'État islamique s'en prend au Hezbollah chez lui, dans ses quartiers populaires. Une série d'attentats ont eu lieu à Beyrouth entre 2012 et 2014, y compris contre l'ambassade iranienne au Liban. Mais jamais encore ces attaques n'avaient été aussi meurtrières et, surtout, l'accalmie qui a régné au Liban durant plus d'une année faisait penser à une sorte d'accord, au moins tacite, obtenu par les « parrains » internationaux qui veillent sur le sort du pays. Cet accord pourrait avoir volé en morceaux dans la double explosion de la banlieue de Bourj el-Brajneh. Si l'un des auteurs des attentats était Syrien, les deux autres étaient, semblent affirmer des sources policières libanaises, des Palestiniens provenant d'un camp de réfugiés du Liban. Des appels au calme ont été lancés de la part du Hezbollah et de son partenaire chiite Amal, pour éviter toute volonté de représailles. Pour arrêter un éventuel engrenage qui, au Liban, pourrait amener au pire. »

Le Temps (Suisse), 14 novembre 2015, p. 6.

Sibylle Rizk, « Le Liban reste l'otage du conflit voisin »

«...Si les barrages en béton et les checkpoints de l'armée et du Hezbollah installés à toutes les entrées de la banlieue sud de Beyrouth ont jusqu'à présent stoppé la vague d'attentats à la voiture piégée, ils n'ont pas intercepté la moto piégée et le kamikaze équipé d'une ceinture d'explosifs qui ont réussi à s'infiltrer dans un quartier mixte où se côtoient des réfugiés syriens, des Palestiniens du camp adjacent de Bourj al-Brajné et des Libanais, majoritairement chiites. La capacité opérationnelle des partisans de l'État islamique ne va pas au-delà de l'activation ponctuelle de cellules dormantes au Liban, estime cependant Sahar al-Atrache (un analyste). Même si les forces du calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi sont à une trentaine de kilomètres de la frontière libanaise, la capacité à envoyer des voitures piégées au Liban, sans parler d'une extension territoriale, est entravée par la reprise du contrôle des régions frontalières - autour du Qalamoun - par le Hezbollah. « On a aussi tendance à considérer à tort que la communauté sunnite libanaise est un terrain forcément fertile. Même à Ersal (une ville frontalière près de laquelle sont piégés quelques centaines de combattants djihadistes, NDLR), les habitants se sont révoltés contre Daech. »»

Le Figaro (France), 14 novembre 2015, p. 7.

Stéphane Aubouard, « Daech attaque au Liban pour désserrer l'étau en Syrie »

«...Pour Daech - et alors que l'étau se referme du point de vue militaire sur le mouvement djihadiste en Irak comme en Syrie - , il s'agit de prouver sa capacité de nuisance sur le territoire du puissant mouvement dirigé par Hassan Nasrallah (Hezbollah), dont plusieurs milliers d'hommes combattent depuis 2012 aux côtés de Bachar Al Assad, avant même que l'« EI » n'apparaisse sur le théâtre syrien. Quelques heures après le drame, le chef du Hezbollah (le parti de Dieu) a voulu mettre en garde sur les risques d'une guerre sunnito-chiite au Liban, et a appelé ses partisans à la retenue. Le Liban, aux multiples religions et communautés, est une véritable mosaïque culturelle qui, en dépit des tensions, représente un modèle de vivre-ensemble unique dans la région. Sa déstabilisation définitive serait une étape de plus vers une guerre totale au Moyen-Orient, seule chance pour Daech de perdurer. « Même si l'enquête révèle que des Syriens ou des Palestiniens sont impliqués dans les attaques, cela ne veut pas dire qu'il faille pointer du doigt une communauté en particulier », a ainsi tempéré le chef du parti chiite qui, il y a un mois, posait encore cette question : « Sans la persévérance au sol du Hezbollah face à Daech et ses alliés... qu'en serait-il de la région aujourd'hui en Irak, en Syrie et au Liban ? » »

L'Humanité (France), 16 novembre 2015.

Robert Fisk, « Hezbollah threatens « long war » as Beirut reels from deadliest bombing in years »

«...The Isis claim of responsibility was as coldly delivered as its boast of bombing the Russian airliner over Egypt, and Hezbollah, whose thousands of fighters have fought for Assad's army in Syria - hundreds of whom have paid for this campaign with their lives - delivered its equally bleak reply. This struggle against Isis and its fellow Islamists, Hezbollah said, would be « a long war ». Lebanon's own politicians uttered the sort of condemnation that now comes like confetti in a country with a parliament that can scarcely meet because of sectarian squabbling, and with a cabinet that is unable to agree on garbage collection; where the prime minister constantly threatens to resign, and where there has not been a president for a year and a half. There were « plans to create strife », one minister said, forlornly. Isis long ago proved that it goes for the jugular, sometimes, as we know, in the most literal fashion. But does the Russian and now the Hezbollah assault also suggest that Isis is under serious pressure, if only temporarily, before the weight of its multiple enemies? Perhaps. Safer, though, to take seriously the words of Hezbollah. It's going to be a long war. »

The Independent (Royaume-Uni), 14 novembre 2015, p. 32.

Gouvernance et gouvernement [ 12 novembre 2015 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Liban
IntermédiaireTammam SalamTammam Salam

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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