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29 novembre 2014

Ouverture du quinzième Sommet de la Francophonie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Michaëlle Jean

Les femmes et les jeunes sont au coeur du XVe Sommet des pays ayant le français en partage qui se déroule à Dakar, au Sénégal. L'événement qui retient le plus l'attention des médias est cependant la désignation de la Canadienne d'origine haïtienne Michaëlle Jean au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Avec l'arrivée de trois nouveaux États observateurs, soit le Mexique, le Costa Rica et le Kosovo, l'OIF passe à 80 pays, dont 54 sont des membres réguliers. Le thème de ce XVe sommet, le deuxième consécutif à se dérouler en Afrique, est « Femmes et jeunes en Francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement ». Plusieurs autres sujets sont abordés, notamment la lutte au terrorisme, celle à l'Ébola et la question de la démocratie en Afrique. Celle-ci touche particulièrement les pays où des présidents tentent de prolonger les mandats prévus par leurs Constitutions. Le président français François Hollande y fait allusion dans son discours. Il en profite aussi pour souligner l'importance de l'Afrique dans la Francophonie, rappelant qu'elle est « non seulement dans l'Histoire », « mais aussi une partie de notre avenir ». Cette déclaration fait directement référence aux passages d'un discours moins bien accueilli par les Africains, prononcé à Dakar par l'ex-président Nicolas Sarkozy en juillet 2007 (« Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. »). La question la plus discutée est cependant celle de la succession au secrétaire général de l'OIF, l'ex-président sénégalais Abdou Diouf, qui quittera ses fonctions en janvier 2015. Des cinq candidats considérés, quatre sont Africains, comme Diouf et son prédécesseur, l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali. C'est cependant une Canadienne d'origine haïtienne, Michaëlle Jean, qui est désignée pour occuper le poste. Il s'agit d'une première pour une femme. La décision, qui a été précédée d'intenses négociations, surprend quelque peu, la règle non-écrite voulant que le secrétaire général soit originaire d'Afrique.

Dans les médias...


François-Xavier Bourmaud, « La Francophonie sous la houlette d'une Canadienne »

«...Sa victoire tient beaucoup aux divisions des pays africains, incapables de s'entendre sur un candidat commun. Officiellement, la France ne soutenait personne et privilégiait une solution de consensus entre les pays africains. « La France n'a pas de candidat » , a répété à de nombreuses reprises François Hollande ce week-end. Voulant rompre avec la « Françafrique » du passé, il s'est également beaucoup félicité que ce ne soit pas Paris « qui désigne le secrétaire général de la Francophonie » . Ce qui ne l'a tout de même pas empêché de peser. Un moment, le diplomate et écrivain congolais Henri Lopes a semblé tenir la corde. Difficile à accepter pour la France dans la mesure où ce candidat venait d'un pays, le Congo, dont le président Denis Sassou-Nguesso s'apprête à modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir après trente ans de règne. Sa désignation aurait été un camouflet pour François Hollande, qui appelle depuis une semaine maintenant, et tout au long du week-end à Dakar, les dirigeants africains à ne pas essayer de se maintenir au pouvoir à tout prix. Pas de consensus non plus autour des autres candidats africains en lice, l'ex-président burundais et ancien putschiste Pierre Buyoya, l'ex-premier ministre mauricien Jean-Claude de l'Estrac et l'ancien ministre équato-guinéen Agustin Nze Nfumu. »

Le Figaro (France), 1er décembre 2014, p. 8.

Colette Braeckman, « Le double visage de la francophonie »

«...chacun se demandait si la famille francophone qui compte en son sein nombre de présidents à vie et autres anciens putschistes, allait continuer longtemps à conjuguer l'exception culturelle (bataillant pour que la production culturelle échappe aux règles de l'Organisation mondiale du commerce) et l'exception sinon l'exemption démocratique. Le doute fut rapidement dissipé par un François Hollande arrivé à la réunion papiers à la main, réécrivant son texte jusqu'à la dernière minute: dans des termes sans équivoque, le président français allait saluer les exemples du Burkina Faso et de la Tunisie, dont, dit-il, «il faudra tirer les leçons: le peuple burkinabe a fait réfléchir ceux qui voudraient se maintenir au pouvoir en manipulant la constitution». Un discours de Dakar peut en chasser un autre: François Hollande fut nettement mieux inspiré que son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui avait osé naguère soutenir que les Africains n'étaient pas entrés dans l'histoire. Le président actuel, au contraire, souligna les mutations du continent, encouragea les entreprises françaises à se rendre en Afrique, souligna que le continent était la «nouvelle frontière» de l'économie mondiale, plaida pour un développement durable protégeant toute la planète. Mais surtout, il sut trouver les mots pour souligner l'importance d'une langue française devenue celle de la diversité culturelle, du respect des différences, du refus de l'homogénéisation. «Nous avons l'ambition de vaincre le fatalisme, de changer le monde en français... Changeons le ensemble», devait-il conclure avec une éloquence inhabituelle...»

Le Soir (Belgique), 1er décembre 2014, p. 10.

Mustapha Hammouche, « Francophonie, Afrique et démocratie »

«...Le choix de Michaëlle Jean n'est pas seulement l'effet de maladresses tactiques ; c'est dans l'air du temps de promouvoir des personnalités de culture démocratique à la tête d'organismes multilatéraux. C'est surtout dans l'air du temps... africain. Ce sont les peuples d'Afrique qui ont imposé le thème de l'alternance au pouvoir dans les débats qui concernent le continent ! En rappelant "la leçon burkinabée" et l'inconvenance politique de changer la Constitution pour s'éterniser au pouvoir, François Hollande n'a fait que prendre en compte l'aspiration des Africains à voir leurs dirigeants prendre, enfin, en considération leurs volontés de peuples. Certains de ces despotes, qui ne cachent pas leur intention de modifier la Constitution qui autrement les empêcherait de briguer un autre mandat, étaient dans la salle pour écouter les discours sur le destin démocratique de l'espace francophone (RDC, Congo, Rwanda) ! Ainsi que d'autres, qui refusent d'introduire le principe d'alternance dans des Constitutions qui arrangent leur projet de présidence à vie (Tchad, Cameroun, Gabon, Togo). L'on peut toujours concéder aux détracteurs de l'organisation francophone et de son fonctionnement l'existence d'"arrière-pensées néocoloniales". Mais c'est toujours un progrès que ces arrière-pensées cessent de composer avec le fléau despotique postcolonial et qu'enfin, la voix des peuples suscite plus d'attention que les sollicitations de leurs autocrates. »

Liberté (Algérie), 2 décembre 2014.

Martine Jacot, « La Canadienne Michaëlle Jean prend la tête de l'OIF »

«...La tâche de Michaëlle Jean sera d'autant plus compliquée que le sommet de Dakar a établi une feuille de route aux ambitions démesurées : l'OIF doit promouvoir une nouvelle stratégie économique aux contours flous, intensifier ses missions politiques, « lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes » , se mobiliser contre l'impunité, contre les violations des droits de l'homme, contre les discriminations à l'égard des femmes, et « renforcer ses actions sur tous les moyens d'éducation » , numérique ou pas, pour ne citer que quelques points des 48 articles de la déclaration du sommet et de ses 9 résolutions. Le tout avec un budget en baisse, qui ne dépasse pas 80 millions d'euros. Le Canada augmentera-t-il ses contributions volontaires? La France les a diminuées de moitié en quatre ans. M. Hollande s'est réjoui que l'Organisation de la francophonie soit devenue « un petit ONU » , rassemblant plus du tiers des membres des Nations unies. Il a eu d'autant plus de raisons de s'estimer satisfait qu'il a obtenu le soutien de l'OIF en vue d'un accord « universel et ambitieux » à la conférence mondiale sur le climat qu'il présidera dans un an à Paris. »

Le Monde (France), 2 décembre 2014, p. 4.

S.A., « Une nouvelle ère pour la Francophonie »

«...Premier à monter à la tribune du sommet, le président du Sénégal, Macky Sall, estime que les femmes et les jeunes, auxquels le thème du sommet était dédié, sont les « couches sociales les plus exposées en temps de conflit et les plus vulnérables en temps de paix » . Il poursuit en indiquant que « la Francophonie des peuples commande que les jeunes et les femmes restent au coeur des politiques et des efforts conjugués des Etats » . Car à son avis, « Ils sont le coeur de nos projets (...) Le coeur de nos ambitions et le coeur des défis que nous devons relever ensemble » . Mettant en exergue le potentiel de la Francophonie qui compte 14 % de la population mondiale et détient 20 % des échanges internationaux de marchandises, le président sénégalais a conclu que les échanges « constitueront le ciment de l'édifice pour l'avenir de la Francophonie ». Le président Paul Biya est allé plus loin en plaidant pour la solidarité. Une solidarité face au terrorisme mais aussi sur les chantiers du développement économique : « La solidarité qui nous unit, doit également continuer à s'exercer dans le domaine du développement. En effet, la plupart de nos pays sont encore en développement. (...) Il est impératif que les retards accumulés soient rattrapés. Ce n'est que de cette façon que l'on pourra faire reculer la misère, creuset où se forgent l'extrémisme et la révolte ». »

All-Africa, 3 décembre 2014.

Gouvernance et gouvernement [ 29 novembre 2014 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Sénégal
IntermédiaireMacky SallMohammed Dionne

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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2007
[Résultats] Élection présidentielle

juin
2007
[Résultats] Élections législatives

février
2012
[Résultats] Élection présidentielle

mars
2012
Élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal

juillet
2012
[Résultats] Élections législatives

novembre
2014
Ouverture du quinzième Sommet de la Francophonie


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