Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 octobre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

22 septembre 1980

Fondation du syndicat Solidarnosc en Pologne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lech Walesa

Le mouvement de grève qui secoue la Pologne à l'été 1980 entraîne des bouleversements politiques et la formation de Solidarnosc (Solidarité), un syndicat indépendant auquel adhérent des millions de travailleurs.

Une situation économique difficile à laquelle s'ajoute une hausse du prix de la viande soulève l'ire des Polonais à l'été 1980. Des grèves éclatent dans les villes ouvrières -Lublin, Gdansk, etc.- où l'on réclame, entre autres, la création de syndicats indépendants du Parti ouvrier unifié polonais (POUP). Des changements politiques surviennent, dont le départ du secrétaire général du POUP, Edward Gierek, et son remplacement par un modéré, Stanislaw Kania. Un accord permet la reconnaissance de syndicats indépendants et le droit de grève. Le 22 septembre, des millions de travailleurs adhérent à Solidarnosc, un syndicat qui compte parmi ses dirigeants les instigateurs des grèves de l'été, dont Lech Walesa. Leurs revendications dépassent les questions ouvrières et créent des tensions avec l'appareil politique. Le 13 décembre 1981, le premier ministre du pays, le général Wojciech Jaruzelski, proclame l'état de siège. Des arrestations et la dissolution de Solidarnosc, en octobre 1982, ne réussiront pas à écraser la contestation qui se poursuivra sous différentes formes au cours des années 80.

Dans les médias...


Paul Thibaud, « Ce qui a commencé à Gdansk »

«...Le situation présente ne saurait en effet se comparer à celles de 1956 et de 1970 qui virent l'arrivée au pouvoir de Gomulka et de Gierek. Dans ces deux occasions la société était entrée, partiellement, en révolte contre un pouvoir disqualifié. Mais en résistant aux Russes, en se montrant capable de parler aux ouvriers, en mélangeant autocritiques et promesses, le nouveau pouvoir avait rapidement reconstitué une légitimité ébranlée. Cette fois c'est la société que la révolte sereine et responsable des grévistes a légitimée. De cette révolte le nouveau pouvoir ne tire pour l'instant aucun renouveau de légitimité. Certes, il a su négocier avec les grévistes. Mais il lui reste à faire la preuve qu'il peut changer suffisamment sa gestion économique et politique pour la rendre compatible avec la charte des libertés sociales dictée à M. Jagielski par les grévistes de Gdansk (charte qui n'est rien d'autre que le programme de toute l'opposition aussi bien « modérée » que « radicale »). »

Esprit (France), octobre 1980, p. 6.

Jean Daniel, « Vive la Pologne ! »

«...l'événement « chimiquement pur », d'un point de vue révolutionnaire, nous sommes bel et bien en train d'y assister. La levée en masse des travailleurs dans tout le pays, ce n'est pas le fait des manipulations « capitalistes », des réactions bourgeoises ou des rêves d'intellectuels. Ce n'est pas le fait d'étudiants privilégiés rêvant de l'Occident et souffrant du mal de vivre en société collectiviste. Ce sont des hommes sur le tas, dans leur milieu de travail, sur le terrain des luttes. Leurs revendications, ce sont celles des travailleurs de tous les pays et de tous les temps : le pain et la liberté, c'est-à-dire les mots d'ordre de tous les grands rassemblements populaires. Ils expriment les idées qui ont jalonné l'histoire du mouvement ouvrier, toute l'histoire « faite » par le mouvement ouvrier. C'est avec ces mots à la bouche que des peuples ont fait des guerres et des révolutions; avec eux qu'ils ont tenté de construire le « socialisme ». »

Le Nouvel Observateur (France), 23 août 1980, p. 18.

Bertrand de la Grange, « Grèves politiques en Pologne »

«...Il faut remarquer que, même s'il a adopté un langage dur à l'égard des « groupes irresponsables, anarchiques et anti-socialistes ». M. Gierek s'est donné une importante marge de recul en fixant des limites assez larges : les « principes socialistes » et le régime communiste ne pourront être remis en cause. (...) Les grévistes sont conscients de leur force mais ils ne sous-estiment pas non plus les risques d'une confrontation avec le pouvoir. Dans le passé, ils ont provoqué la chute des hommes au pouvoir à deux occasions, en 1956 et 1970, mais ils ont dû payer cher leur victoire (une centaine de morts?). De plus, en cas de répression sanglante par la milice polonaise ou par les troupes du pacte de Varsovie, ils ne pourront guère compter sur l'appui moral des pays occidentaux. Mais le contexte international leur est favorable, à l'approche de la réunion de Madrid qui (...) pourrait se transformer en véritable tribunal pour condamner l'Union soviétique. Après les problèmes soulevés par l'occupation de l'Afghanistan et l'échec relatif des Jeux olympiques, Moscou ne souhaite peut-être pas aggraver son cas, malgré le mauvais exemple donné par les Polonais. »

Le Devoir (Québec, Canada), 20 août 1980, p. 6.

Éditorial

«...As always, the last word appears to lie with the Soviet Union, guarantor of Communist Party government in the real world of power politics. The Soviet government obviously cannot like the notion of workers asserting their rights in opposition to a dictatorship of the proletariat, but it has serious problems in responding appropriately to the challenge represented by the Polish workers. Everyone asks when the Soviet army will intervene in Poland. But this is not so simple a matter as it was to send Soviet troops into Czechoslovakia in 1968 or Hungary in 1956. Recent visitors to Poland are convinced that some units of the Polish army would physically resist invasion. That would be politically disastrous for a Soviet government, already being quietly criticized within its own bloc for its invasion of Afghanistan. No one doubts that the Soviet Union is militarily capable of smashing Polish resistance. But military victory would leave the Soviet Union in control of 35 million disgruntled Poles and a troubled economy with a work force that would have little or no incentive for improving productivity. »

The Boston Globe (États-Unis), 15 novembre 1980.

Gouvernance et gouvernement [ 22 septembre 1980 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pologne
FaibleWojciech JaruzelskiJózef Pinkowski

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1975 - 1985



octobre
1978
Élection du pape Jean-Paul II

juin
1979
Premier voyage du pape Jean-Paul II en Pologne

septembre
1980
Fondation du syndicat Solidarnosc en Pologne


Dans l'actualité


avril
2017
Pologne : des mouvements migratoires inégaux

novembre
2016
L'avortement en Pologne : volte-face du gouvernement

janvier
2016
Élections en Pologne : un vent de changements

septembre
2015
Une surprise lors de l'élection présidentielle en Pologne

janvier
2015
Donald Tusk : la détermination que l'Europe attendait

septembre
2014
L'héritage controversé de Wojciech Jaruzelski

janvier
2014
Le parcours d'un célèbre politicien polonais : Lech Walesa

janvier
2014
« Steadfast Jazz » de l'OTAN: un écho de la guerre froide ?

janvier
2014
Varsovie : aucun progrès mesurable lors du sommet sur les changements climatiques

octobre
2013
Les Polonais dans les rues pour dénoncer les politiques du gouvernement


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016