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15 septembre 1950

Début du débarquement d'Incheon, en Corée du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Douglas MacArthur

L'offensive nord-coréenne au sud du 38e parallèle, le 25 juin 1950, entraîne une intervention des Nations unies (ONU) afin d'appuyer les troupes sud-coréennes repoussées dans le sud du pays. Un débarquement risqué à Incheon, le 15 septembre, permet aux forces de l'ONU de prendre l'initiative et de changer l'allure du conflit.

À partir du 25 juin 1950, les Nord-Coréens connaissent une série de succès. Une résolution de l'ONU précède l'arrivée de troupes, essentiellement américaines, qui stabilisent difficilement le front dans un périmètre autour de la ville de Busan, dans le sud-est de la péninsule. Désireux de changer l'allure du conflit, le commandant en chef du Commandement des Nations unies, le général Douglas MacArthur, planifie un débarquement surprise derrière les lignes ennemies, à Incheon. Cette ville de la côte ouest est située à 160 kilomètres du 38e parallèle et à une quarantaine de Séoul, la capitale sud-coréenne occupée. L'objectif est de couper les approvisionnements et les communications de l'adversaire, reprendre Séoul et placer les troupes nord-coréennes sur le périmètre de Busan dans une situation intenable. Plusieurs enjeux stratégiques - obstacles géographiques et naturels, mines, digues, etc. - rendent l'opération, baptisée Chromite, périlleuse. Après des manoeuvres de diversion et des bombardements, le débarquement débute le 15 septembre. Malgré les courts délais de préparation, l'effet de surprise facilite le travail des troupes onusiennes, très supérieures en nombre, qui établissent rapidement une tête de pont. Après des combats qui font plus de 1500 morts, la grande majorité du côté nord-coréen, elles progressent vers la capitale Séoul dont on annonce la libération le 25 septembre. Même si plusieurs milliers de soldats nord-coréens réussissent à éviter l'encerclement et à retraiter, le débarquement d'Incheon marque une victoire importante pour l'ONU. Prenant l'initiative, MacArthur, dont la manoeuvre audacieuse est saluée, mène les troupes bien au-delà de la frontière originale, au 38e parallèle, donnant une nouvelle dimension au conflit. Celui-ci prendra tournure avec l'intervention de Chinois, aux côtés des Nord-Coréens, entraînant une éventuelle stabilisation des affrontements près du 38e parallèle, au prix de centaines de milliers de vies humaines.

Dans les médias...


S.A., « Guerre en Corée »

«...L'anxiété qui s'est répandue sur le monde depuis que l'on se bat en Corée montre bien qu'aux yeux de beaucoup de gens cette guerre lointaine constitue un fait nouveau. Premier engagement de la catastrophe future dont la peur pèse sur notre vie présente, ou première réaction des organismes internationaux contre l'expansion communiste, l'affaire coréenne, pour des raisons contradictoires, semble marquer une étape importante du devenir historique. Sans méconnaître sa gravité, mais aussi sans l'exagérer, on peut tenter d'y voir clair et d'écarter les interprétations qui, transformant tout événement en image mythique, en augmentent le pouvoir fascinant. Le 23 juin 1950 figurera peut-être dans l'histoire, si les dates s'y enregistrent longtemps encore, comme y figurèrent le jour d'Agadir ou la nuit de Prague. Peut-être : Mais la politique de force n'a point commencé dans notre après-guerre, ce 23 juin. Elle n'a jamais cessé d'opposer l'un à l'autre deux empires hostiles et défiants. S'il exista une fois un esprit des Nations Unies, il y a beau temps que les actes des deux adversaires de la guerre froide ont transgressé cet esprit. »

Esprit (France), août 1950, p. 181.

S.A., « Le tournant en Corée »

«...Le débarquement américain à Incheon marque un revirement inattendu dans la situation en Corée. Déjà les dernières offensives des Nord-Coréens, bien que lancées avec vigueur, témoignaient d'un essoufflement rapide. Faut-il croire que leurs forces en nombre et en matériel commençaient à s'épuiser sous l'effet des bombardements aériens. Celles des Nations unies au contraire ne cessent d'augmenter, et le point d'équilibre est peut-être atteint et dépassé en leur faveur. D'après les déclarations du général Mac Arthur (sic), il faudrait mettre fin rapidement à la guerre en prenant l'ennemi par derrière et en bloquant la Corée vers le 38e parallèle, de manière à lui couper la retraite. Si ce plan réussit, les perspectives internationales seront profondément modifiées lorsque siégera l'Assemblée des Nations unies. L'échec de l'agression soviétique sera patent. Faudra-t-il encore craindre que la guerre ne se prolonge dans la Corée du Nord par l'envoi de secours supplémentaires ou par l'intervention chinoise ? C'est peu probable. Moscou ne saurait sacrifier indéfiniment son matériel pour un satellite secondaire et pour une cause incertaine. L'action des avions américains en Corée sera un avertissement salutaire pour Mao Tse Toung. »

Le Monde (France), 18 septembre 1950, p. 1.

S.A., « L'offensive est lancée en Corée »

«...Une transformation profonde s'est effectuée depuis quelques jours dans les opérations militaires engagées en Corée. Les forces des Nations Unies ont enfin pris l'initiative de l'attaque, après être demeurées sur la défensive pendant trois mois, et obtiennent des gains dans plusieurs secteurs à la fois. (...) Cela pourrait permettre au général MacArthur de grouper bientôt à cet endroit des forces aériennes qui accorderaient leur appui aux troupes pour détruire les nids de résistance que celles-ci rencontreraient au cours de leur progression à l'intérieur du pays. Dans le sud également les combattants des Nations Unies sont passés à l'attaque et avancent presque partout. Il est fort possible, d'ailleurs, que l'ennemi sera démoralisé par la nouvelle du débarquement qui menace de lui couper ses sources d'approvisionnement. Nous ne sommes encore qu'au début d'opérations de grande importance qui pourraient bien transformer du tout au tout le caractère qu'avaient les hostilités ouvertes en Corée par les communistes il y a maintenant trois mois. Mais la situation actuelle est très encourageante. »

La Presse (Québec, Canada), 18 septembre 1950, p. 4.

General Carl Spaatz, « Gen. MacArthur Read Gen. Wolfe »

«...Looking back upon it now, we are likely to think of the victory in Korea as something foreordained and inevitable. But it was not and we should not forget it. Ou forces won because they were brilliantly led, because their component elements had on their rosters fighting men of the highest quality whose morale remained high even when the fortunes of war were running low, and because their equipement was excellent in all branches. Gen. Douglas MacArthur was, of course, the key figure. His decision to move into the beachhead area in Incheon with an amphibious operation even though this required him to weaken his original beachhead line around Pusan at a time when the Pusan situation seemed critical, if not desperate, will go down in the annals of war as a classic of military daring. (...) Already it is hard to remember that three months ago a pitifully small United Nations force and a temporarily disorganized South Korean Army faced what seemed the almost hopeless assignment of holding off a well-trained, well-equipped and partially battle-experienced North Korean Army, which had achieved surprise in its invasion and was rolling fast. Now that force has been all but annihilated. There may be a more impressive chapter somewhere in military history but if so I don't know anything about it. »

Newsweek (États-Unis), 9 octobre 1950, p. 26.

Gouvernance et gouvernement [ 15 septembre 1950 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
FaibleSyngman RheeHo Chong

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1945 - 1955



avril
1948
Début d'une répression massive sur l'île de Jeju, en Corée du Sud

mai
1948
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1948
[Résultats] Élections législatives

août
1948
Proclamation de l'indépendance de la République de Corée

mai
1950
[Résultats] Élections législatives

juin
1950
Répression en Corée du Sud à la suite du déclenchement du conflit avec la Corée du Nord

septembre
1950
Début du débarquement d'Incheon, en Corée du Sud

août
1952
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1954
[Résultats] Élections législatives


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