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23 juin 2016

Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

David Cameron

Donnant suite à une promesse formulée par le premier ministre conservateur David Cameron en 2013, le gouvernement britannique organise un référendum le 23 juin 2016. À la question « Le Royaume-Uni devrait-il demeurer un membre de l'Union européenne ? », la population répond « non » à 51,9 %.

Le Royaume-Uni avait adhéré à la Communauté économique européenne le 1er janvier 1973, une décision approuvée à 67,2 % lors d'un référendum (5 juin 1975). Par contre, il n'entrera pas dans l'espace Schengen ou la zone euro. Des pressions s'exercent au début du XXIe siècle afin que le pays quitte l'Union européenne (UE) pour retrouver une plus grande souveraineté, notamment en matière d'économie ou d'immigration. En janvier 2013, le premier ministre David Cameron s'engage à tenir un référendum. La victoire de son Parti conservateur aux élections du 7 mai 2015 précède des négociations avec l'UE. Cameron obtient des concessions sur quatre grands thèmes - immigration et circulation des Européens, monnaie, marché unique, souveraineté - , le convainquant de défendre le maintien au sein de l'UE. La plupart des travaillistes, des libéraux démocrates et des membres du Parti national écossais l'appuient. Le Parti de l'Indépendance du Royaume-Uni (UKIP) ainsi que des travaillistes et des conservateurs insatisfaits, dont l'ex-maire de Londres Boris Johnson, s'y opposent. La campagne est interrompue brièvement après l'assassinat de la députée travailliste Jo Cox, le 16 juin. Le 23 juin 2016, les partisans du Brexit (British Exit) l'emportent avec 51,9 % des voix. Ce résultat surprenant démontre un clivage entre les électeurs, les plus jeunes et ceux ayant un degré de scolarisation élevé étant plus favorables à l'UE. Le vote est suivi par une chute de la bourse et de la livre qui atteint un creux depuis 30 ans. Sur le plan politique, Cameron démissionne le 13 juillet. Boris Johnson ayant fait savoir qu'il ne cherchera pas à lui succéder, pas plus que le leader de l'UKIP, Nigel Farage, qui quitte ses fonctions, c'est Theresa May qui devient premier ministre. D'autre part, des travaillistes quittent pour protester contre la mollesse de leur chef, Jeremy Corbyn. La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, réagit aussi à la décision de ses concitoyens, opposés au Brexit à 62 %. Elle parle d'utiliser un veto pour bloquer cette décision, mais aussi de tenir un autre référendum sur l'indépendance de l'Écosse. Celui du 18 septembre 2014 s'était soldé par le maintien dans le Royaume-Uni.

Dans les médias...


Sarah Diffalah, « Brexit : et si le Royaume-Uni restait finalement dans l'Union européenne? », L'Obs (France), 27 juin 2016.

«...Ce qui semble assez clair, c'est que personne ne se presse pour activer la procédure qui doit engager - au maximum d'ici deux ans - les négociations avec l'UE sur l'accord de retrait final. En effet, seul le Royaume-Uni peut activer l'article 50. Les conservateurs britanniques ont annoncé ce lundi que le remplaçant de David Cameron serait nommé d'ici le 2 septembre. L'actuel Premier ministre a, en effet, estimé qu'il en revenait au prochain leader de mener les débats et par conséquent d'appuyer sur « start ». Or, parmi les prétendants sérieux, ou supposés prétendants, nombreux sont ceux qui, déjà, temporisent. Boris Johnson, chef de file du Brexit, vient de déclarer dans une tribune parue lundi dans le « Daily Telegraph » que la sortie de l'UE devait se faire « sans précipitation ». De son côté, le ministre britannique des Finances, George Osborne, partisan du « Remain » a prévenu que le Royaume-Uni n'activera l'article 50 pour quitter l'UE qu'au moment opportun. (...) Ces soudaines prudences s'expliquent peut-être par la volonté de calmer les marchés financiers, très nerveux, mais aussi une partie des électeurs du « Brexit » qui pourraient se sentir trahis par leurs responsables politiques qu'ils ont suivis. En effet, au lendemain de l'annonce des résultats, le leader du parti populiste Ukip, Nigel Farage, a admis que certaines promesses de campagne ne seraient sans doute pas tenues car inapplicables. »

L'Obs (France), 27 juin 2016.

S.A., « Les indépendantistes écossais menacent de bloquer le « Brexit » »

«...L'Écosse ne se laissera pas tirer hors de l'Union européenne (UE) contre son gré, répète depuis des mois Nicola Sturgeon, première ministre indépendantiste du gouvernement régional d'Edimbourg. En votant à 62 % pour rester dans l'UE, les Écossais lui permettent d'avancer ses pions vers son objectif proclamé: déclencher un second référendum sur l'indépendance. Elle ne le fera que si elle est certaine de le gagner, après l'échec de celui de 2014 (45% pour, 55% contre). Le contexte créé par le «Brexit» semble remarquablement porteur. Il y aurait aussi une certaine logique à ce que la poussée nationaliste anglaise qui a produit le «Brexit» renforce en retour le nationalisme écossais. Enchaînant un nombre impressionnant d'entretiens, dimanche 26 juin, Mme Sturgon a mis en scène «la fureur de beaucoup d'Écossais» à l'idée d'être forcés par les Anglais à quitter l'UE. «Je n'ai pas créé cette situation» , a-t-elle insisté. Plusieurs sondages sont encourageants pour le Parti national écossais (SNP, indépendantiste), que dirige Mme Sturgeon. Le Sunday Times donne ainsi l'indépendance gagnante à 52% et le Sunday Post à 59%. La première ministre passe évidemment sous silence la chute vertigineuse des prix du pétrole, principale ressource d'une Écosse indépendante, qui rend l'équation de la rupture avec Londres encore plus hasardeuse qu'en 2014. »

Le Monde (France), 27 juin 2016.

Guillaume Perrault, « Les Britanniques pro-Brexit sont affreux, sales et méchants ! »

«...Une kyrielle de commentateurs affichent sans complexe leur morgue en dépeignant les Britanniques pro-Brexit comme des «beaufs», des «petits Blancs», symboles d'une Angleterre «rancie», «moisie», voire «raciste». Bref, un monde «fermé», opposé à l'«ouverture» chère aux Londoniens. (...) Certes, les commentateurs les plus charitables consentent à prendre acte du vote souverain des Britanniques, pour ajouter aussitôt qu'il est irrationnel. Nos voisins ont voté contre leur intérêt, assurent-ils. Mais de quel intérêt parle-t-on? Marxistes et libéraux chimiquement purs ont ceci de commun qu'ils ne prennent au sérieux que l'intérêt matériel. Ils ne conçoivent pas que l'être humain obéisse à d'autres motivations. Or, pendant la campagne, les adversaires du Brexit n'ont cessé de prédire l'apocalypse pour l'économie de leur pays si la Grande-Bretagne quittait l'Union. Ce risque est d'ailleurs très réel. Les multinationales peuvent plier bagage. Il est à craindre que les investissements directs étrangers s'effondrent. Si l'on veut bien admettre que les humbles réfléchissent, il faut donc conclure que les classes populaires qui ont voté en masse pour le Brexit avaient conscience du risque pris au plan économique et qu'elles ont fait le choix délibéré de faire prévaloir d'autres préoccupations. L'Ukip a imposé l'immigration comme le thème majeur de la campagne, sans être, il est vrai, retenu par le moindre souci de rigueur. Mais une des causes de son succès tient à ce que, pendant quarante ans, conservateurs et travaillistes ont paru mener des politiques perçues comme analogues en matière d'immigration. »

Le Figaro (France), 28 juin 2016.

Francis Vailles, « Quand le peuple déjoue les experts »

«...Nul doute qu'un réflexe de protection, notamment face à l'immigration, a influencé l'issue du référendum. Nul doute que la guerre au Moyen-Orient et les mouvements migratoires rapides qui ont suivi ont engendré une crainte dans la population, même si le Royaume-Uni ne fait pas partie de l'espace Schengen de libre circulation des habitants de l'Union européenne. Au Royaume-Uni comme ailleurs, les récents attentats terroristes provoquent un réflexe de repli sur soi. Nul doute que la crise financière de 2008, avec les compressions et les pertes d'emplois qui ont suivi, a soulevé de la grogne dans la population et pesé dans la balance. Les inégalités ont d'ailleurs crû significativement sur les terres de la reine Élisabeth depuis 20 ans, plus qu'ailleurs en Europe. L'économie s'en remettra. Une fois la poussière retombée, les marchés financiers s'ajusteront, les investisseurs constateront qu'ils ont réagi trop brusquement, jaugeant mieux le risque. Le peuple continuera de manger, de boire, d'écouter le football. Il y aura même des occasions qui se créeront, dans l'économie réelle comme sur les marchés financiers. Mais on ne peut imaginer qu'un pays avec un produit intérieur brut (PIB) de plus de 3500 milliards CAN, dont le cinquième dépend des exportations, puisse quitter une zone économique de libre-échange sans conséquence. Qu'un bloc de 65 millions d'habitants demande démocratiquement de changer de trajectoire sans qu'il n'y ait d'impacts. Malheureusement, les moins nantis et la classe moyenne, bref le peuple, risquent de perdre au change. »

La Presse, (Québec, Canada), 25 juin 2016.

S.A., « Britain and the European Union : After the vote, chaos »

«...despite repeated warnings from an alphabet soup of national and international bodies (...) that the economy would suffer as Brexit led to lower trade, less investment and lower growth, many voters were unimpressed because they did not feel the economy worked for them now. (...) Leavers also took on a strong anti-establishment tone, championing losers from globalisation and fiscal austerity. That message chimed well with Labour voters in northern England, who backed Leave unexpectedly heavily. The division between London, which voted strongly for Remain, and the north, which did the reverse, reveals a sharply polarised country, with a metropolitan elite that likes globalisation on one side and an angry working class that does not on the other. The Leave campaign also won on immigration. Mr Cameron was unable to say how he could meet his twice-promised target of reducing the net annual number of immigrants to « the tens of thousands » so long as Britain was bound by the EU principle of the free movement of people. Remainers failed to convince voters that EU migrants brought economic benefits, or to explain that more than half the 330,000 net immigrants in 2015 came from outside the EU. The Leave slogan that Britain should « take back control » of its own affairs from Brussels worked especially well on this issue. »

The Economist (Royaume-Uni), 25 juin 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 23 juin 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIDavid Cameron

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2011 - 2016



juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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