20 mars 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

27 août 2016

Réélection d'Ali Bongo Ondimba à la présidence du Gabon

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le président sortant du Gabon, Ali Bongo Ondimba, est réélu de justesse, obtenant 49,8 % des voix contre 48,2 % pour son plus proche adversaire, l'ex-ministre Jean Ping. Des irrégularités commises dans le déroulement du scrutin suscitent toutefois le mécontentement, dont celui de manifestants qui mettent le feu à l'Assemblée nationale.

Au pouvoir depuis 1967, le président du Gabon, Omar Bongo, décède en fonction en juin 2009. Sa mort est suivie par la tenue d'une élection, le 30 août 2009, remportée par son fils, Ali Bongo Ondimba. À l'approche de la fin de son septennat, en 2016, l'opposition s'organise. L'aspirant le plus sérieux est Jean Ping. Cet ex-diplomate, qui a présidé l'Assemblée générale des Nations unies (2004-2005) et la Commission de l'Union africaine (2008-2012), a également été ministre sous Omar Bongo, son ex-beau-père. Il rompt avec le Parti démocratique gabonais sous Ali Bongo, fonde le Front de l'opposition pour l'alternance en 2014, qui deviendra le Front uni de l'opposition pour l'alternance, et annonce sa candidature à la présidence en août 2015. Le 16 août 2016, Ping améliore ses chances grâce au ralliement d'ex-ministres d'Ali Bongo, dont Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba qui retirent leur candidature. La situation économique du pays, plombée par la baisse du prix du pétrole, alimente les critiques de Ping qui affirme aussi que Bongo, qui serait né à l'extérieur du pays, ne peut constitutionnellement être président. Celui-ci adopte pour sa part le slogan « Changeons ensemble », s'en prend aux erreurs commises par Ping lorsqu'il était ministre et met en doute son intégrité. À l'issue du scrutin à un tour, les deux hommes se proclament vainqueurs, mais c'est Bongo qui l'emporte avec une faible marge : 49,8 % contre 48,2 % pour Ping, le reste allant aux 8 autres candidats. Des irrégularités dans le dépouillement, notamment dans la province du Haut-Ogooué, un château-fort de Bongo, suscitent la méfiance. Des partisans de Ping descendent dans la rue. Certains mettent même le feu à l'Assemblée nationale, alors que le quartier général de Ping est investi violemment par la Garde républicaine. Ces gestes incitent des leaders de la communauté internationale à appeler les Gabonais au calme.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « Gabon - Ali Bongo, une réélection compliquée »

«...Durant la campagne électorale, le président sortant a fait valoir ses grands projets d'infrastructures réalisés lors de son premier mandat, en dépit d'un contexte économique mondial difficile marqué par la chute des cours du pétrole, première source des devises au Gabon. Ali Bongo s'est fait le chantre - à travers son projet « Gabon émergent » - de la diversification de l'économie. Il s'est surtout illustré sur le plan des infrastructures et la mise en concurrence de la France avec des investisseurs asiatiques. Une accélération saluée par de nombreux Gabonais et dont il a tiré un certain capital sympathie. (...) Sept ans plus tard, le voilà donc de nouveau à la manoeuvre après une élection jugée cruciale. En effet, la fin du premier septennat d'Ali Bongo est jugée chaotique dans les domaines économiques, sociaux mais aussi dans la vie publique. Pays à paradoxes, riche en pétrole, bois, manganèse mais où la paupérisation de la population est grandissante. Ainsi des réformes fortes sont attendues pour améliorer les finances publiques, apporter plus de visibilité dans les investissements sur les projets structurants ou encore arrêter la gabegie dans l'administration. Si l'alternance politique n'a pas été la voie choisie par les Gabonais, maintenant que les résultats officiels sont connus, Ali Bongo a la lourde tâche de relancer un pays hanté par la dynastie Bongo, dont le patriarche a tenu cette maxime « En Afrique, le pouvoir, ça se prend et ça ne se rend pas » pour vérité durant 41 ans. »

Le Point.Fr (France), 31 août 2016.

Agence France Presse, « Gabon : Ali Bongo, un héritage et un bilan »

« «...Le changement c'est moi » : Ali Bongo Ondimba, déclaré réélu mercredi président du Gabon dans la contestation, tente de cultiver le paradoxe d'un leader moderne malgré son statut de président sortant, qui plus est fils du précédent chef de l'État Omar Bongo au pouvoir pendant 41 ans. « Ali » : décliné à l'infini sur des milliers d'affiches électorales pendant une campagne menée à grands frais, le message est clair. Bongo fils, 57 ans, veut inscrire son prénom dans les livres d'histoire du petit pays francophone d'Afrique centrale riche de ses forêts, mines et pétrole. Quitte à aller vite en besogne, le nouvel aéroport international de la capitale économique Port-Gentil, porte déjà son nom. Pour ses opposants, réunis pour la circonstance autour de son ex-beau-frère et candidat malheureux Jean Ping, Bongo fils perpétue une dynastie mise en place par son père en 1967 à la mort du premier président, Léon Mba. « Ali doit partir », « Nous ne sommes pas un royaume », ont immédiatement crié les opposants en descendant dans la rue à l'annonce de sa victoire. »

Boursorama (France), 1er septembre 2016.

Alain Léauthier, « Présidentielle au Gabon : le scénario de la triche du clan Bongo semble bien en marche »

«...Une marge lilliputienne mais qui était paradoxalement censée prouver la bonne tenue et la transparence de l'élection, bien plus qu'un score « soviétique » dont la rumeur a pourtant couru dès lundi parmi les partisans d'Ali. Étonnamment, selon certains observateurs, ceux-ci semblaient sûrs de la victoire bien avant que la commission électorale (Cenap) ne la confirme officiellement. Le scénario de la triche qu'invoque Jean Ping semble donc en marche, y compris avec forces blindés légers et forces spéciales cagoulés, mais contrairement à 2009, il passe mal du côté des chancelleries, de l'Union européenne et des « pays amis », la France et les États-Unis en particulier. Sans remettre formellement en cause l'élection d'Ali Bongo, on y réclame la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote mais, avec le tempérament de feu qu'on lui connaît, Jean-Marc Ayrault s'est pour l'heure contenté d'appeler à « la fin des violences.» La partie du chef de la diplomatie française n'est, il est vrai, pas la plus facile. Si l'Elysée s'est bien gardé d'intervenir dans la campagne, Ali Bongo n'y était pas forcément considéré comme le candidat à battre. Sa « victoire » tient désormais du cadeau empoisonné. »

Marianne (France), 1er septembre 2016.

Vincent Hugeux, « Gabon : casse du siècle à Libreville », L'Express (France), 31 août 2016.

«...« Les autocrates, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. » Il est tentant, après l'annonce ce mercredi de la « réélection » du sortant Ali Bongo Ondimba à la tête du Gabon, de paraphraser, quitte à le retoucher à la marge, le fameux aphorisme dû à la gouaille du dialoguiste Michel Audiard. Bien sûr, la formule date un peu. De 1963, le millésime des Tontons Flingueurs de Georges Lautner, au temps où un certain Albert-Bernard Bongo - le futur Omar - , régnait sur le cabinet du président Léon Mba. Elle date, mais n'a pas pris une ride, du moins dans les corridors et les salons du Palais du Bord de Mer. « Changeons ensemble » : le leitmotiv paradoxal d' « Ali 2016 » renvoie quant à lui plus que jamais à l'adage du vieux prince de Lampedusa : « Tout changer pour que rien ne change. » En tout cas au rayon des modalités de confiscation du pouvoir. (...) Ils ont donc osé. Pourvu qu'il parvienne au terme de ce second septennat, nouveau-né difforme, l'héritier du défunt Omar aura accompli un exploit digne de figurer dans tout manuel de sciences politiques : accomplir deux mandats sans avoir jamais été véritablement élu. On savait sa victoire de 2009 plus que douteuse. Celle de ce 27 août relève à l'évidence du bonneteau électoral. »

L'Express (France), 31 août 2016.

Gouvernance et gouvernement [ 27 août 2016 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Gabon
LimitéAli Ben Bongo OndimbaDaniel Ona Ondo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2006 - 2016



juin
2009
Décès du président gabonais Omar Bongo

août
2009
[Résultats] Élection présidentielle

août
2016
Réélection d'Ali Bongo Ondimba à la présidence du Gabon

août
2016
[Résultats] Élection présidentielle


Dans l'actualité


octobre
2017
Gabon : des élections reportées et une démocratie critiquée

avril
2017
La langue française en Afrique : un avenir incertain

février
2016
Gabon : la conjoncture internationale freine le projet Maboumine

février
2015
Dure période pour l'or noir gabonais

janvier
2012
Élections législatives gabonaises : farce ou démocratie?

octobre
2009
Gabon : Omar Bongo perd son pari, son fils prend la relève

septembre
2009
Gabon : La disparition du «Parrain»

mars
2008
Après Fidel c'est le tour d'Omar Bongo

novembre
2005
Gabon : un scrutin sans suspense


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016