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26 juin 1983

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Bettino Craxi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Bettino Craxi

La Démocratie chrétienne (DC) arrive en tête des formations représentées aux élections législatives italiennes avec 32,9% des voix. Elle obtient 222 sièges contre 198 pour le Parti communiste (PC) et 73 pour le Parti socialiste.

Ces élections anticipées sont provoquées par le départ des socialistes de la coalition gouvernementale, en avril 1983. Avec 32,9% des suffrages exprimés, la DC obtient le pire résultat de son histoire. Le PC n'en tire pas avantage puisqu'il subit un léger recul au niveau des sièges (198) et des intentions de votes (29,9%). L'hypothèse d'un gouvernement de gauche, dirigé par le PC et le PS, est envisagée. Mais une coalition de cinq partis - PS, DC, républicains, sociaux-démocrates, libéraux - s'entend finalement pour confier la présidence du Conseil à Bettino Craxi. C'est la première fois qu'un socialiste occupe cette fonction en Italie. La composition du cabinet de Craxi, secrétaire général du PS italien depuis 1976, reflète le résultat de l'élection. La DC se taille en effet une bonne part du gâteau avec 16 ministres, alors que les quatre autres formations de la coalition, dont le PS, en totalisent 13. Inflation, création d'emploi et criminalité sont dans la mire du gouvernement qui, au mois de septembre, adopte un programme d'austérité afin de redresser l'économie.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


André Pautard, «Les petits calculs de M. Craxi»

«...Les uns reculent, les autres se maintiennent : qui gagne donc ? Pour être tout à fait exact, il faudrait paradoxalement répondre : personne. Certes, les petits partis «laïcs» remportent des succès notables, sociaux-démocrates, libéraux, républicains surtout. Mais rien de décisif. Si bien que, demain comme hier, l'Italie se verra forcée de recourir à la même coalition boiteuse entre les formations traditionnelles. Ce que le vote révèle, en revanche, c'est un profond état d'insatisfaction, une protestation diffuse et lasse du pays. Elle s'inscrit d'abord dans l'importance, toute relative, des suffrages recueillis par les néofascistes du Mouvement social italien (M.s.i.), qui, sans atteindre le score record de 1972, gagne 12 sièges. Mais dans ce pays où l'obligation de voter est assumée avec enthousiasme, c'est surtout l'importance des abstentions qui exprime le désenchantement : 17% des électeurs ont déserté les urnes ou voté blanc. Avec ceux qui abandonnent une D.c. usée par sa présence permanente au pouvoir depuis 1948, ils auront fait la différence...»

L'Express (France), 8 juillet 1983, p. 39.

G.M., «Italie : après l'infarctus démocrate-chrétien»

«...Les jubilations de Bettino Craxi ne trompent cependant personne, et son forcing cache mal un rééquilibrage des forces laïques qui risque d'évoluer à ses dépens. En témoignent les scores impressionnants du Parti républicain de Giovani Spadolini, l'autre premier ministrable dans le nord industriel. À Turin, Milan, Vicenza ou Padoue, celui-ci dépasse le PSI, contre toute attente. Étrange, cette aube socialiste qui prend les couleurs d'un crépuscule. Reconduction probable d'une alliance à cinq partis ? Gouvernement Spadolini appuyé par les communistes ? Inutile à l'heure qu'il est de risquer des pronostics d'autant que les Italiens pourraient tout aussi bien retourner aux urnes. Pourtant, un compte à rebours a bel et bien été déclenché le 26 juin, celui d'une réforme constitutionnelle. Pas un article qui dans la presse romaine ne s'achève sur cette éventualité. Par trop stagnant, le marais électoral laisse donc émerger le vieux serpent de mer institutionnel. Et si compromis historique il doit enfin y avoir, ce sera à n'en pas douter autour du berceau d'une «seconde République».»

Esprit (France), août-septembre 1983, p. 131.

Marcelle Padovani, «Italie : le gouvernement introuvable»

«...«En 1976, il y avait un vainqueur (le P.C.I.) et pas de vaincu; en 1983, il y a un vaincu (la Démocratie-chrétienne) et pas de vainqueur» : telle est la plaisanterie qui circule à Rome en ces lendemains d'élections législatives et sénatoriales. Elle révèle l'embarras des commentateurs face à un résultat complexe, dont les conséquences sont encore difficiles à prévoir : quel gouvernement sortira de ces urnes ? (...) À part la situation très ouverte qu'elles inaugurent, ces élections, selon le juriste Stefano Rodota, ont eu quelque chose de très «adulte». Pour la première fois depuis la fin de la guerre, une majorité d'électeurs s'est décidée à mettre en rapport comportement politique et jugements moraux : dans le villes de la Camorra (Mafia napolitaine), la Démocratie-chrétienne subit un véritable écroulement; à Savonne (Ligurie), où le secrétaire fédéral socialiste fait l'objet d'une enquête judiciaire, les électeurs ne l'ont pas réélu à son siège de député.»

Le Nouvel Observateur (France), 1e juillet 1983, p. 36.

Frederick Painton, «Once Again at the Brink»

«...The unprecedented shift away from the Christian Democrats reflected voter frustration, but it failed to give the country a new governing direction. As the politicians mulled over the election results and resumed their intricate maneuvering, there seemed to be no realistic alternative to another five-party center-left coalition that may turn out to be as fragile as its predecessors and lack the cohesion to impose the economic rigor the country needs. Inflation is at 16% while unemployment, at 10%, continues an upward march. More urgent is the necessity to slash runaway public spending to reduce a threatening $60 billion 1983 budget deficit. The prospect of a series of weak coalition governments is already stirring speculation about the need for new elections in a year or two, when the Communists might do even better. Said a Western diplomat : «Once again the Italians are at the brink. Let us trust that, as usual, they will manage to pull back.»»

Time (États-Unis), 11 juillet 1983, p. 22.

Gouvernance et gouvernement [ 26 juin 1983 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéAlessando (Sandro) PertiniAmintore Fanfani

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1978 - 1988



mars
1978
Enlèvement d'Aldo Moro à Rome

août
1978
Décès du pape Paul VI

juin
1979
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Francesco Cossiga

juin
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1980
Attentat terroriste d'envergure à Bologne, en Italie

mai
1981
Tentative d'assassinat contre le pape Jean-Paul II

juin
1983
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Bettino Craxi

juin
1983
[Résultats] Élections législatives

février
1986
Ouverture du Maxi-procès contre la mafia italienne

juin
1987
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giovanni Goria

juillet
1987
[Résultats] Élections législatives


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L'union civile sépare l'Italie


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