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14 septembre 2003

Référendum en Suède sur l’adhésion à l’euro

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 14 septembre 2003, les Suédois s’expriment massivement en défaveur d’une possible adhésion à l’euro. Huit ans après l’entrée de la Suède au sein de l’Union européenne (UE), ses citoyens préfèrent à 56,1 % mettre un frein au processus d’intégration en conservant leur monnaie nationale.

Après un référendum tenu le 13 novembre 1994, les Suédois décident à une faible majorité (52,3 %) de joindre l’UE. Lors du passage à l’euro, le 1er janvier 1999, ils optent toutefois avec d’autres pays, comme le Royaume-Uni et le Danemark, pour conserver la monnaie nationale. Dans le cas de la Suède, il s’agit de la couronne. En 2003, un référendum est organisé afin de connaître l’opinion de la population sur une possible adhésion à l’euro. « Estimez-vous que la Suède doive introduire l'euro comme monnaie ? » Telle est la question à laquelle les Suédois doivent répondre lors d’une consultation référendaire organisée par le premier ministre Göran Persson, fervent défenseur de la monnaie unique. La campagne est bouleversée le 11 septembre avec le meurtre de la ministre des Affaires étrangères Anna Lindh, une fervente europhile. Plusieurs sondages prédisent alors une montée du « oui ». Le premier ministre et les partisans de l’euro se montrent également plutôt confiants. Malgré l’émotion suscitée par la mort de Lindh, les électeurs ne répondent pas aux aspirations de la défunte ministre et le poids des arguments eurosceptiques fait pencher la balance en faveur du « non ». Les résultats du référendum sont sans appel. Avec une majorité de 56,1 % des suffrages, le rejet de l’euro l’emporte contre 41,8 % des voix en faveur et 2,1 % de bulletins blancs. Le chef du gouvernement reconnaît sa défaite, d’autant plus qu’il y a eu une forte participation au scrutin, soit un taux de 81,2 %. Selon les analystes, les nombreuses réticences à l’encontre d’une UE jugée trop bureaucratique, corrompue et inefficace, ont eu raison de l’introduction de la monnaie unique en Suède.

Dans les médias...


Marie-Laure Le Foulon et Alexandrine Bouilhet, « Le non des Suédois à la monnaie unique »

«...En réalité, le non à l'euro était arrivé en tête dans les sondages tout au long de la campagne mais l'assassinat d'Anna Lindh l'avait rendu plus incertain ces derniers jours. Surnommée la reine du « ja », la ministre des Affaires étrangères s'était en effet engagée avec détermination dans la campagne en faveur de l'euro. Si le camp du non a accueilli sa victoire avec joie, l'heure n'était vraiment pas à la fête hier dans la nuit, à Stockholm. Car c'est un pays en deuil qui est allé voter hier toute la journée. Jamais un référendum n'aura apparu si futile alors que l'émotion est toujours très forte après l'assassinat d'Anna Lindh. Les sept millions de Suédois qui ont dû répondre à la question : « Estimez-vous que la Suède doive introduire l'euro comme monnaie ? » avaient surtout le visage de la défunte en mémoire. Ils n'ont pourtant pas mélangé l'émotion et le porte-monnaie. »

Le Figaro (France), 15 septembre 2003, p.6.

Axel Gylden, « Suède : un idéal poignardé »

«...La surexposition médiatique d’Anna Lindh dans une campagne référendaire anormalement passionnelle a aussi joué son rôle. La ministre avait été récemment apostrophée à plusieurs reprises par des marginaux sur des marchés de province. Là encore, la police n’a rien vu venir tandis qu’Anna Lindh n’avait qu’une chose en tête : convaincre les eurosceptiques. Elle savait qu’une profonde fracture divise la société. Celle-ci oppose, d’un côté, les Suédois urbains ancrés dans l’Europe et, de l’autre, un électorat rural, isolationniste, méconnaissant l’Europe. Des électeurs surtout bercés par le mythe d’une Suède éternelle où l’ordre social ancien n’aurait pas été bouleversé par la fin de la guerre froide, la globalisation et l’immigration. « Anna Lindh savait que cet antagonisme était porteur de dangers pour la Suède », note Cecilia Stegö, directrice du magazine politique Initierat. Hélas ! non seulement cette personnalité hors du commun en aura été la victime, mais son sacrifice n’aura même pas permis à la cause européenne qu’elle servait de triompher dimanche dernier. »

L’Express (France), 18 septembre 2003, p. 25.

Isabelle Hachey, « La désunion européenne »

«...Ce n'est pas une bonne nouvelle pour Bruxelles, car l'enjeu ne touche pas seulement la monnaie unique, mais la nature même de l'UE, et sa relation avec ses 450 millions de citoyens. De plus en plus, l'euro est perçu comme le symbole d'une politique menée par les élites, d'un gouvernement lointain, opaque, antidémocratique. Certains sondages indiquent même que le tiers des Suédois préféreraient que leur pays se retire carrément de l'UE, à laquelle ils ont adhéré par un vote serré, en 1994. (...) Plus que jamais, l'union des acteurs européens en une seule force politique et économique pour faire contrepoids au géant américain semble illusoire. La guerre en Irak a exposé au grand jour l'incapacité du continent à parler d'une même voix. Pendant toute la durée de la crise, l'Europe s'est déchirée sur la place publique. Sur un ton paternaliste, le président français, Jacques Chirac, a rabroué les pays de l'Est pour leur soutien à la cause américaine. Tony Blair, qui espérait faire de son pays un pont entre l'Europe et les États-Unis, n'aura réussi qu'à donner l'impression d'être un allié servile. Au milieu de cette cacophonie, il est difficile d'imaginer qu'une monnaie et un marché communs seront suffisants pour créer un quelconque patriotisme européen. »

La Presse (Québec, Canada), 20 septembre 2003, p. B3.

S.A., « The Stockholm syndrome »

«...It has often been argued in Brussels that the Swedes' aversion to the euro has been driven mainly by a general hostility to the EU, by an unfocused sense that their welfare state is threatened by the EU, and by a broad resistance to change, especially among older people. The evidence, however, suggests other reasons. Voters in the 18-30 bracket voted more heavily against joining the euro than any other age group. The same exit polls that accurately predicted a no to the euro also showed that 60% of voters want Sweden to remain in the EU. Indeed, sentiment towards the Union has actually warmed since Sweden first voted to join in 1994. Asked to list the issues that had mattered most, the antis put the welfare state only fourth. Their two biggest worries were about democracy and sovereignty; national control of interest rates came third. »

The Economist (Royaume-Uni), 18 septembre 2003

Gouvernance et gouvernement [ 14 septembre 2003 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Suède
ÉlevéCharles XVI (Gustave)Göran Persson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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[Résultats] Élections législatives

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[Résultats] Élections législatives

septembre
2003
Référendum en Suède sur l’adhésion à l’euro

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[Résultats] Élections législatives

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2010
[Résultats] Élections législatives

septembre
2014
Élections législatives en Suède

septembre
2014
[Résultats] Élections législatives


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