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8 juin 2017

Réélection du Parti conservateur de Theresa May au Royaume-Uni

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Theresa May

Lors des élections législatives précipitées du 8 juin 2017 au Royaume-Uni, le Parti conservateur (PC) de la première ministre Theresa May arrive en tête avec 317 sièges sur 650. Le PC perd toutefois sa majorité, un résultat fragilisant le leadership de May qui aura besoin de l’appui d’un autre parti pour gouverner.

Le premier ministre conservateur David Cameron quitte son poste après la victoire des tenants de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), lors du référendum du 23 juin 2016. La secrétaire d’État à l’Intérieur, Theresa May, lui succède. Son gouvernement doit préparer les négociations menant à cette sortie avec les représentants de l’UE. Évoquant le désir d’un meilleur rapport de force, elle obtient le 19 avril, avec le soutien d’une grande majorité des députés, le déclenchement d’élections précipitées le 8 juin 2017. Les premiers sondages indiquent que le PC se dirige vers une solide majorité. Mais l’écart avec le Parti travailliste (PT) de Jeremy Corbyn se resserre au cours de la campagne. Celle-ci est perturbée par deux attentats terroristes meurtriers – Manchester (22 mai), Londres (3 juin) – , le premier entraînant même une courte pause de la part des partis. Le 8 juin, les Britanniques reportent le PC au pouvoir avec 317 sur 650 et 42,3 % des votes. Celui-ci perd toutefois sa majorité, ce qui constitue un échec majeur pour Theresa May. Le PT récolte pour sa part 262 sièges avec 40 % des voix, une nette amélioration par rapport à 2015 (30,4 %). Par contre, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) chute à 1,8 % des votes (12,6 % en 2015), ce qui s’expliquerait par l’appui au Brexit de 2015, le principal enjeu électoral de l’UKIP. Le Parti nationaliste écossais (PNE) recule également, passant de 56 députés à 35. Certains interprètent ce score comme le rejet de la tenue d’un deuxième référendum sur l’indépendance de l’Écosse, approuvée par le Parlement écossais le 28 mars. Sans l’appui du PT, du PNE et des libéraux-démocrates, Theresa May doit se tourner vers le Parti unioniste démocratique, une formation très à droite d’Irlande du Nord, pour soutenir son gouvernement. Les appels à sa démission sont cependant nombreux, ses critiques estimant qu’elle n’aura pas la crédibilité nécessaire pour négocier le Brexit.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Thomas Lemahieu, « May en échec, Corbyn se place au centre du jeu »

«...grâce à son programme de rupture radicale avec l'austérité, Jeremy Corbyn a réussi à imposer les urgences sociales au coeur du débat, par-delà un Brexit qu'il a accepté mais dont il refuse qu'il serve à créer un paradis fiscal en lisière de l'UE ou encore à libérer la haine des migrants. Tous les thèmes qu'il a portés ont été les moteurs du vote Labour : défense des services publics et de l'hôpital en particulier, impôts pour les plus fortunés et les multinationales, construction de logements sociaux, fin des frais d'inscription à l'université, investissements publics dans les infrastructures, etc. (...) En inspirant de nouveau confiance à l'électorat populaire, qui s'était écarté des travaillistes sous le blairisme, et en mobilisant comme jamais les jeunes - plus d'un million d'entre eux se sont inscrits sur les listes électorales une fois que l'élection anticipée a été annoncée et, selon plusieurs sondages, 63 % des 18-35 ans ont voté Labour -, Corbyn est en passe de réussir un autre exploit : il fait taire les critiques permanentes dans son camp et rassemble toute la gauche sur sa ligne... »

L’Humanité (France), 12 juin 2017.

Éric Albert, « Le pari chancelant de Theresa May »

«...Le vote en faveur du Brexit aura-t-il été le chant du cygne du UKIP? Alors que ses idées ont triomphé, le United Kingdom Independence Party, le parti europhobe, semble avoir été presque effacé de la carte électorale britannique. Les sondages le créditent d'à peine 4% des suffrages, un effondrement après les 12,5% (3,8 millions de voix) obtenus lors des législatives de 2015.Pour une large partie, cette chute vertigineuse fait suite au départ de son leader controversé, mais charismatique, Nigel Farage. Trublion de la politique, bateleur au sens de l'humour ravageur, il a réussi pendant une décennie à la tête de ce parti à imposer ses thèmes: l'Europe coûte cher, l'Europe est bureaucratique et dictatoriale, et surtout, l'Europe impose une immigration sans contrôle. Mais jaloux de ses prérogatives, peu enclin à partager le pouvoir, il avait fait du UKIP une organisation à ses ordres, ne laissant aucun lieutenant monter en grade. Son départ a laissé un grand vide.Sa succession a été un feuilleton qui a tourné au cirque. (...) Dans l'esprit de l'ancien électorat du UKIP, à l'exception des plus radicaux, il n'y a guère de doute: Theresa May mènera à bien le Brexit. Le petit parti trublion ne sert plus à grandchose. »

Le Temps (Suisse), 8 juin 2017, p. 2.

Florentin Collomp, « Theresa May en sursis »

«...May doit aussi faire face au groupe parlementaire conservateur, furieux de la perte de 24 sièges en Angleterre et au pays de Galles. Au sein du parti et même du gouvernement, de nombreux tories modérés voient d'un mauvais oeil un rapprochement avec le DUP, parti europhobe extrémiste sur les questions sociales, antiavortement et antigay. Selon la presse dominicale, les couteaux sont déjà tirés pour régler son sort à une chef du gouvernement en sursis. Cinq ministres auraient apporté leur soutien à une offensive de Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, pour prendre sa place. L'intéressé dément mollement ces « inepties » . Pour l'instant. Le ministre du Brexit, David Davis, pourrait lui faire face dans cette compétition. Toute la difficulté réside dans le timing. Le gouvernement est censé présenter lundi prochain, lors du discours de la reine au Parlement, son programme, soumis à un vote. Arrivé en deuxième position, le leader travailliste, Jeremy Corbyn, dit se tenir prêt à présenter une alternative. Et les négociations avec Bruxelles sur le Brexit sont aussi censées s'ouvrir la semaine prochaine. Theresa May peut-elle s'en charger ? Ce climat de chaos éclipse la question de fond sur le type de Brexit qui doit être mis en oeuvre après la nouvelle donne électorale. L'option « dure » a du plomb dans l'aile alors qu'un modèle d'association à la norvégienne revient en force. Theresa May est l'otage de son parti. »

Le Figaro (France), 12 juin 2017, p. 15.

Christian Rioux, « Royaume-Uni - Victoire amère pour Theresa May »

«...Cette véritable rebuffade infligée aux conservateurs risque surtout de mettre à mal la stratégie de Theresa May, qui cherchait un mandat fort pour négocier avec Bruxelles. Selon l'ancien stratège de Tony Blair, Alastair Campbell, cette élection est « un rejet de May et d'un Brexit dur ». L'échec est tel que la première ministre pourrait rapidement faire face à une bronca dans son propre parti. L'ancien chancelier de l'Échiquier, George Osborne, congédié par Theresa May, a dit douter qu'elle « survive à terme comme leader du Parti conservateur ». Déjà, dans la nuit de jeudi à vendredi, les critiques commençaient à fuser. Selon le quotidien de droite The Telegraph, plusieurs personnalités conservatrices dénoncent des « erreurs stratégiques fondamentales » et une campagne fondée sur « le culte de la personnalité ». « C'est mauvais, plus que mauvais, disait l'un d'eux. Ses conseillers devraient franchir la porte et ne plus jamais revenir, quel que soit le résultat final. » De l'avis de tous les analystes, Theresa May a mené une campagne épouvantable, évitant les débats avec son adversaire et se retrouvant même obligée de revenir sur certaines propositions de son programme. Selon l'ancien leader de UKIP Nigel Farage, dans cette campagne, la première ministre a paru « peu sincère et robotique ». Pour le reste, la Grande-Bretagne semble revenue au bipartisme. Avec environ 14 députés, les libéraux démocrates ne se remettent pas vraiment de leur échec de 2015. »

Le Devoir (Québec, Canada), 9 juin 2017, p. A1.

Ceylan Yeginsu et al., « Britain’s Youth, Outraged Over Brexit, Helped to Turn Tide Against May »

«...As Britain took stock on Friday of the stunning results of a snap election that wiped out the parliamentary majority of Prime Minister Theresa May and her governing Conservative Party, one narrative bubbled up to the surface: The youth had spoken. The election results were fueled partly by a higher turnout rate among young British voters who had long been angry at the results of the referendum last year to leave the European Union, known as Brexit. That vote, overwhelmingly supported by older Britons, was seen by many younger people as a threat to their jobs, their ability to study abroad and their desire to travel freely across the bloc's borders. In other words, the vote by young Britons on Thursday had a whiff of payback. (...) Even when members of Mr. Corbyn's own party declared him unfit to lead, he continued to focus on young voters, including sitting for an interview with some of the country's top grime music stars that kick-started the grass-roots campaign group « Grime4Corbyn, » which encouraged young people to register to vote. Analysts say that the part of Labour's manifesto that most resonated with Britain's youth was its promise to abolish university tuition fees. But Malia Bouattia, the president of the National Union of Students, said the student vote was also about issues like cuts to the National Health Service. »

New York Times (États-Unis), 10 juin 2017, p. A10.

Gouvernance et gouvernement [ 8 juin 2017 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITheresa May

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 2012 - 2016



juillet
2012
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

septembre
2014
Tenue d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse

mai
2015
Réélection du gouvernement conservateur de David Cameron au Royaume-Uni

mai
2015
[Résultats] Élections législatives

juin
2016
Tenue d'un référendum au Royaume-Uni sur la sortie de l'Union européenne


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