Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

20 août 2018

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2 septembre 1969

Décès du président de la République démocratique du Viêt Nam, Ho Chi Minh

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ho Chi Minh

Une figure connue de la lutte anti-impérialiste, le président de la République démocratique du Viêt Nam (RDV), Ho Chi Minh, meurt à Hanoï le 2 septembre 1969, à l’âge de 79 ans. Le décès de celui qui dirige son pays depuis l’indépendance, en 1945, survient alors que des négociations se déroulent à Paris afin de mettre fin au conflit déchirant le Viêt Nam.

Dans sa jeunesse, Nguyen Sinh Cung habite en France où il gravite autour des milieux communistes. Il fonde le Parti communiste indochinois (PCI) en 1930, avec l’aide du révolutionnaire chinois Mao Zedong. De retour en Indochine au début des années 1940, il devient Ho Chi Minh (puits de lumière). Opposé à l’occupant japonais et à l’administration française, il proclame, une fois la guerre terminée, la République démocratique du Viêt Nam, le 2 septembre 1945. Il en est le premier ministre et le président. La fin de la lutte armée contre les troupes françaises et les accords de Genève, en 1954, consacrent la division du Vietnam en deux États. Dirigeant la partie nord, Ho Chi Minh veut une réunification. L’importante présence militaire américaine dans la partie sud mène à une intensification de la guérilla communiste (Vietcong) au cours des années 1960. La résistance vietnamienne fait du président de la RDV un symbole mondial de la lutte anti-impérialiste. L’offensive du Têt, le 31 janvier 1968, et l’annonce de la suspension des bombardements américains, quelques mois plus tard, précèdent l’ouverture de négociations à Paris. Bien qu’en retrait depuis 1965, Ho Chi Minh conserve une grande influence lorsque son décès survient, le 2 septembre 1969. On en retarde l’annonce pour ne pas ombrager les célébrations de l’indépendance, le même jour. Des personnalités du monde entier se déplacent pour lui rendre hommage, comme le premier ministre chinois Zhou Enlai et celui d’Union soviétique, Alexis Kossyguine. Une courte trêve au Viêt Nam du Sud (8 au 11 septembre) entoure les funérailles, qui attirent 250 000 personnes à Hanoi le 9 septembre. Les hostilités reprennent par la suite. L’ex-vice-président Ton Duc Thang succède à Ho Chi Minh, dont il est un vieux compagnon de route. La réunification souhaitée par ce dernier se réalise en 1975. L’année suivante, le 2 juillet 1976, l’ex-capitale du sud, Saïgon, est rebaptisée Ho-Chi-Minh-Ville en l’honneur de celui qui est considéré comme le père de la nation.

Dans les médias...


Paul Bernetel, « L’exemple de Ho Chi Minh »

«...Avec le président Hô Chi Minh disparaît la plus grande et, peut-être, la plus forte personnalité du Tiers Monde. L’émotion, la tristesse provoquées par sa mort dans le monde attestent de l’envergure de ce héros de légende. (...) Le dernier volet de l’exemple de Hô Chi Minh réside dans l’originalité du combat idéologique et politique du grand chef vietnamien. Toute son action, depuis le refus d’épouser les querelles des dogmatiques chinois et soviétique jusqu’à la liaison permanente entre les vertus nationalistes de la lutte contre la domination étrangère et le concept marxiste de l’internationalisme, constitue une expérience extrêmement riche pour les mouvements de libération nationale. En Palestine, en Afrique du Sud, en Rhodésie, en Angola, les combattants de la liberté devraient s’inspirer de ce que l’historien Jean Lacouture a si justement appelé « l’inimitable combinaison de souplesse, d’indomptable énergie, d’imagination politique, de fermeté sur les principes de référence aux traditions patriotiques et d’analyse marxiste » qui a fait de Hô Chi Minh le symbole de la lutte du Tiers Monde pour la liberté dans la dignité. »

Jeune Afrique (France), 16 au 22 septembre 1969, p. 37.

Oliver Todd, « Viêt-nam : Après l’oncle Hô »

«...Dès l’annonce officielle de la mort du « derniers des grands du Kominterm » Nguyen Sinh Cung, dit Nguyen Ai Quoc puis Hô Chi Minh, les Américains se sont préoccupés de savoir qui serait le successeur et s’il serait moins intransigeant. Normal : l’Amérique fait la guerre. Mais, comme le remarquait précisément un journaliste américain, en France, c’est comme si un des nôtres avait soudain disparu. Pour les uns ennemi intime, mais admiré : le plus respecté des adversaires dans nos guerres coloniales. Pour les autres, symbole de l’opiniâtreté révolutionnaire, de la ténacité dans la lutte, la sérénité dans les drames. (...) À Saigon, peu avant qu’on ne parle de la maladie d’Hô, un sénateur anticommuniste qui vient de refuser un poste ministériel dans le nouveau gouvernement Khiem me disait : « Les négociations avec Hanoi et le F.N.L. seraient plus faciles si nous avions seulement affaire aux gens les plus réalistes en face : Hô Chi Minh, Pham Van Dong, Giap. Nous nous méfions des doctrinaires comme Le Duan et Truong Chinh. » Pour ce sénateur sud-vietnamien, chez les premiers, le nationalisme est aussi puissant que le communisme; chez les seconds, le dogmatisme l’emporte. »

Le Nouvel Observateur (France), 8 septembre 1969, p. 22-23.

Claudine La Haye, « La longue passion de Ho Chi Minh »

«...Un deuil partagé a réuni pour la première fois en quinze ans, de la frontière de Chine à la pointe de Camau, tout le peuple vietnamien. Unité fugitive, à laquelle avait consacré toute sa vie celui-là même que l’on pleurait : Ho Chi Minh. Champion de la résistance contre « l’agression américaine » pour les 19 millions de Vietnamiens du Nord, il était resté pour les 17 millions de vietnamiens du Sud, quel que soit leur camp, le héros de la lutte de l’indépendance contre les Français. En ce frêle mandarin de 79 ans s’incarnait une nation à la reconquête d’elle-même. « C’est le seul leader que, du Nord au Sud, chaque Vietnamien reconnaisse », disait à L’Express, il y a peu, le sénateur Tran Van Don, à Saigon. « C’est l’âme même de cette guerre dont nous tentons de venir à bout », disaient militaires et diplomates, les Américains. Pour ou contre, chacun, de part et d’autre du 17e parallèle, se définissait par rapport à lui. Et aujourd’hui chacun s’interroge. »

L’Express (France), 8 au 14 septembre 1969, p. 25-26.

Kenneth Crawford, « Washington : Kindly Uncle Ho »

«...Ho Chi Minh’s biography reads like not very credible fiction. (...) he was so frail, so benign-looking with his chin whiskers and pallor, so enthusiastic a baby-kisser when in public, that he was Uncle Ho not only to his North Vietnamese friends but to many of his South Vietnameses enemies. His appearance could not have been more deceptive. He was a sophisticated, ruthless political organizer who could defy the world in several languages, including English, and who was capable or oredering purges comparable with Stalin’s. He sacrificed thousands of lives by execution and millions in battle to his dream of uniting the countries formerly Indochina – North and South Vietnam, Cambodia and Laos – under his own Communist dictatorship. Whether he was more nationalist than Communist, as those who favored his appeasement always contended, is irrelevant. His objective was nationalisticbut his method was Communistic. Like Lenin, he believed in jettisoning his nationalist followers if they rejected his Communism. »

Newsweek (États-Unis), 15 septembre 1969, p. 29.

Gouvernance et gouvernement [ 2 septembre 1969 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Viêt Nam
Non disponibleinformation non-pertinentePham Van Dông

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1964 - 1974



août
1964
Incident naval entre Nord-Vietnamiens et Américains dans le golfe du Tonkin

janvier
1968
Offensive du Têt au Viêt Nam

septembre
1969
Décès du président de la République démocratique du Viêt Nam, Ho Chi Minh


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