Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

18 janvier 2019

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31 juillet 1969

Début du voyage du pape Paul VI en Ouganda

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Paul VI

À la suite d’une invitation de l’archevêque de Kampala, Emmanuel Nsubuga, le pape Paul VI entreprend une visite de trois jours en Ouganda le 31 juillet 1969. C’est la première fois qu’un souverain pontife se rend sur le continent africain. Paul VI est accueilli avec enthousiasme tout au long de son voyage.

Premier pape de l’ère moderne à sortir du Vatican, Paul VI s’est notamment rendu au Moyen-Orient, aux États-Unis et en Amérique du Sud depuis son accession à la papauté, en juin 1963. À la suite d’une invitation de l’archevêque de Kampala, Emmanuel Nsubuga, il accepte de se rendre en Ouganda, une décision qu’il rend publique le 19 mars 1969. Cette intention suscite certaines appréhensions au Vatican, par exemple en ce qui a trait à la sécurité du pape. Celui-ci arrive tout de même sans problème à l’aéroport d’Entebbe, le 31 juillet. Il est accueilli par le président Milton Obote et son épouse, cinq autres chefs d’État du continent qui se sont déplacés pour l’occasion et une foule en liesse. Paul VI rappelle d’ailleurs que ce « pèlerinage apostolique » est fait à l’intention de toute l’Afrique et pas seulement de l’Ouganda. Lors de la clôture de la conférence épiscopale africaine, il prononce un discours dans lequel il déclare : « vous pouvez et vous devez avoir un christianisme africain ». Le pape rencontre aussi des représentants islamiques et s’adresse à des leaders politiques africains au palais du Parlement de Kampala. Dans ce pays à forte majorité catholique, il honore également la mémoire de 22 martyrs de la fin du XIXe siècle au sanctuaire Namugongo. Paul VI parle à ses interlocuteurs de libertés, humaine et de culte, ainsi que de paix et de colonialisme, disant souhaiter « une Afrique dirigée par les Africains ». Il fait aussi des représentations diplomatiques, alors que la guerre du Biafra fait rage au Nigeria. Ce voyage sans incident sera le seul de Paul VI en Afrique. Au cours de son pontificat (1978-2005), Jean Paul II s’y rendra pour sa part une dizaine de fois, la première en mai 1980, visitant 40 pays en tout. Des centaines de millions d’Africains se disent chrétiens au tournant du siècle, une croissance confirmant l’importance grandissante du continent au sein de l’Église.

Dans les médias...


S.A., « Pour une Église véritablement universelle »

«...quelle que soit l’importance que l’opinion publique internationale et Paul VI lui-même attachent à la solution du conflit entre le Biafra et le Nigeria, le voyage en Ouganda, après ceux de Bombay et de Medellin, illustre une nouvelle fois la volonté de l’Église catholique de ne plus apparaître comme liée essentiellement à la civilisation occidentale. Paul VI, dès son arrivée en Afrique, a refusé de se présenter comme un missionnaire au sens traditionnel du mot : proposant comme indissociable les unes des autres une certaine foi, une certaine tradition, une certaine civilisation. Il a, au contraire, appelé les Africains à prendre davantage en charge l’évangélisation de leur continent. Il leur a demandé de ne rien renier de l’originalité de leur personnalité « individuelle, ecclésiale et même civile ». L’Église africaine ne doit plus être considérée comme un sous-produit de l’Église romaine : elle peut au contraire lui apporter la « contribution de la négritude » et l’aider aussi à devenir véritablement universelle. La pape, il est vrai, a pu d’autant pu facilement encourager les Africains à prendre pleinement leurs responsabilités que dans ce continent, à la différence de ce qui se passe par exemple en Amérique latine, l’autorité de la hiérarchie ne paraît pas fortement remise en cause. »

Le Monde (France), 2 août 1969, p. 1.

Bertrand Bellaguie, « Paul VI à Kampala »

«...Ce n’est pas le seul chef d’une Église universelle que des centaines de milliers d’Ougandais d’Entebbe et de la capitale allaient accueillir, mais, pour les croyants catholiques, le successeur légitime de saint Pierre et, pour tous les autres, celui auquel on reconnaît l’une des plus hautes autorités morales. (...) Les grandes foules d’Entebbe et de Kampala avaient bien compris – avant même qu’on le leur dise – la portée de ce voyage qui devait prendre par la suite une triple signification. Sur le plan religieux et humain, en exaltant le sacrifice des martyrs ougandais brûlés pour leur foi, le 5 juin 1886, il en a fait le symbole de la dignité et de la fidélité religieuse du peuple noir; sur le plan politique, il a tenté de réconcilier les frères ennemis du Nigeria; sur le plan humain, il a condamné une fois de plus le racisme « car, dit-il, nous déplorons que dans plusieurs parties du monde persistent des situations sociales fondées sur la discrimination de la race souvent voulue et soutenue par des systèmes idéologiques. Ces situations constituent un affront manifeste et inadmissible aux droits fondamentaux de la personne humaine et aux lois de la vie civile. »

Jeune Afrique (France), 19 au 25 août 1969, p. 20-21.

Gouvernance et gouvernement [ 31 juillet 1969 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Ouganda
FaibleApolo Milton OboteApolo Milton Obote

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1979



octobre
1962
Proclamation de l'indépendance de l'Ouganda

octobre
1962
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

avril
1966
Accession de Milton Obote à la présidence de l'Ouganda

juillet
1969
Début du voyage du pape Paul VI en Ouganda

janvier
1971
Renversement du gouvernement de Milton Obote en Ouganda

avril
1979
Renversement du dictateur ougandais Idi Amin Dada


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