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17 septembre 1991

Proclamation d’indépendance de la Macédoine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 8 septembre 1991, alors que plusieurs républiques yougoslaves proclament leur indépendance, la Macédoine tient un référendum sur cette question. À cette occasion, la population se prononce largement en faveur de l’indépendance vis-à-vis de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (RFSY). Elle devient officielle le 17 septembre.

Formée en 1945, la RFSY est constituée de six républiques socialistes: la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie et la Slovénie. À la fin des années 1980, dans le contexte de l’effondrement du bloc communiste, celles-ci expriment un plus grand désir d’autonomie. De plus, les sentiments nationalistes s’intensifient depuis le décès du président de la Yougoslavie, le maréchal Tito, en mai 1980. Ce dernier luttait afin de maintenir l’unité de ce pays multiethnique. Après les déclarations d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie, en juin 1991, la Macédoine suit leurs traces en tenant un référendum le 8 septembre 1991. Celle-ci veut quitter la fédération yougoslave qu'elle juge dominée par la Serbie. Avec un taux de participation excédant les 74 %, les Macédoniens appuient la proposition d’indépendance à près de 95 %. Ils soutiennent aussi l’idée d’une potentielle union d’États souverains de Yougoslavie, une suggestion également formulée lors du référendum. Les Albanais de Macédoine, qui forment près de 20 % de la population, boycottent ce vote dans le but de dénoncer leur situation de « peuple opprimé ». Le Parlement de Macédoine déclare officiellement son indépendance quelques jours après, soit le 17 septembre 1991. Une nouvelle Constitution est adoptée le 17 novembre. Malgré des tensions, cette transition se fait sans conflit armé. Ce jeune pays devient membre des Nations unies dès 1993. Cependant, il est confronté à différents problèmes, dont les revendications de la minorité albanaise, qui souhaite plus d’autonomie, et l’opposition de la Grèce à sa reconnaissance internationale. Celle-ci juge que le nom République de la Macédoine fait partie de son patrimoine historique national. Encore au XXIe siècle, ce désaccord joue contre l’adhésion de la Macédoine au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Dans les médias...


S.A., « Reconnaissance internationale de la Macédoine »

«...L'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Danemark et la Suède ont annoncé, hier, l'ouverture de relations diplomatiques avec Skopje. La France a annoncé qu'elle formaliserait avant fin décembre l'établissement de relations diplomatiques et les Pays-Bas ont proposé à la Macédoine d'établir de telles relations. (...) [O]nze pays de l'Union européenne (à l'exception de la Grèce) devraient avoir des relations diplomatiques avec la Macédoine avant la fin de l'année. Contrairement aux autres républiques sécessionnistes de l'ex-Yougoslavie, la Macédoine a dû attendre jusqu'au 8 avril 1993 pour être admise à l'ONU et ce, sous le nom provisoire d’Ancienne république yougoslave de Macédoine et sans drapeau, en raison de l'hostilité ouverte de la Grèce qui considère le nom de Macédoine comme propriété exclusive du patrimoine grec. Le porte-parole du gouvernement grec a réaffirmé, hier, que « jamais » la Grèce ne reconnaîtrait sous le nom de Macédoine son voisin du nord. (...) La Macédoine a été reconnue sous son nom constitutionnel de République de Macédoine par deux membres du Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la Chine, ainsi que par la Turquie, la Bulgarie, l'Ukraine, la Biélorussie, la Croatie, la Slovénie, la Bosnie, la Malaisie, le Pakistan, l'Iran, l'Indonésie et la Corée du Nord. »

Les Échos (France), 17 décembre 1993.

Florence Hartmann, « La Macédoine a proclamé son indépendance »

«...Craignant l'« hégémonisme » de la Serbie, dont plusieurs partis nationalistes convoitent ouvertement cette ancienne province du Sud, la Macédoine avait rejoint le camp des « confédéralistes », aspirant à un modèle qui sauvegarderait la Yougoslavie tout en reconnaissant la souveraineté et l'intégrité des États membres. Compte tenu de l'aggravation de la crise yougoslave et des risques croissants de désintégration, les dirigeants de la Macédoine ont jugé bon de consulter rapidement la population. En votant pour un État libre, souverain et indépendant, les Macédoniens ont confirmé qu'ils refusaient de rester dans une Yougoslavie amputée de la Croatie et de la Slovénie et qui serait dominée par les Serbes. Ils ont aussi par ce vote approuvé les déclarations de leur président, M. Gligorov, qui avait déclaré, au printemps, que la Macédoine quitterait la Yougoslavie si la Slovénie et la Croatie en sortaient. (...) Le « oui » est diversement interprété. Les partis nationalistes, notamment le Parti démocratique pour l'unité nationale macédonienne (VMRO), estiment qu'il confirme l'indépendance et l'autonomie de la Macédoine. Les autres rétorquent que le « oui » ne signifie en aucune manière la sécession immédiate mais constitue une assurance en cas d'éclatement définitif de la Yougoslavie. Les autorités macédoniennes devront désormais s'entendre sur le sens exact du référendum et agir avec » modération », comme le leur proposent certains pays occidentaux. »

Le Monde (France), 8 septembre 1991.

Catherine Samary, « La communauté internationale face à la guerre civile en Yougoslavie »

«...La volonté des Républiques yougoslaves d'être des sujets de droit pleinement souverain - pouvant éventuellement décider de renoncer de leur plein gré à une part de cette souveraineté - est une donnée irréversible; autant qu'elle l'est pour diverses Républiques de l'Union soviétique ou pour les États membres de la CEE. Mais les Républiques yougoslaves tendent à se transformer en États-nations (État d'une nation) alors qu'il s'agissait jusqu'alors d'États plurinationaux: dans la Constitution de 1974, la Croatie était l'État des Croates et des Serbes; la Bosnie-Herzégovine celui des Serbes, Croates et Musulmans; et la souveraineté serbe s'arrêtait aux limites des provinces autonomes. La crise économique, morale et politique que le système connaît depuis les années 80 a nourri la montée des nationalismes. La remise en question des frontières intérieures yougoslaves est la conséquence d'une volonté de souveraineté exclusive de la nation dominante en Serbie et en Croatie sur « son » État et la logique de guerre civile s'est enclenchée dès l'extension de l'autorité serbe aux deux provinces du Kosovo et de Vojvodine en 1989, puis avec la Constitution croate de 1990 faisant de cet État celui des seuls Croates. (...) Ainsi resurgissent les fantômes du passé, et des conflits que l'on croyait réglés pourraient renaître entre la Yougoslavie et ses voisins: avec la Grèce et la Bulgarie au sujet de la Macédoine; avec l'Italie au sujet d'une partie de l'Istrie; avec l'Albanie au sujet du Kosovo; avec la Hongrie... Ces questions sont liées à celle des minorités nationales, nombreuses en Yougoslavie et désormais maltraitées par les nouveaux pouvoirs, notamment en Serbie. »

Le Monde diplomatique (France), 1er septembre 1991, p. 6-7.

Gouvernance et gouvernement [ 17 septembre 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Macédoine
Non disponibleKiro GligorovNikola Kljusev

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1981 - 2001



septembre
1991
Proclamation d’indépendance de la Macédoine


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