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17 avril 2011

Tenue d’élections législatives en Finlande

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Les élections législatives finlandaises du 17 avril 2011 sont teintées par des discours populistes. La montée de la droite apporte des changements à l’Eduskunta, l’unique chambre du Parlement finlandais. La Coalition nationale remporte le plus de sièges, suivie de près par le Parti social-démocrate et le parti des Vrais Finlandais.

En Finlande, les élections législatives sont habituellement remportées par les trois mêmes partis : la Coalition nationale, le Parti social-démocrate et le Parti du centre. Depuis 2010, les pays de l’Union européenne, surtout ceux de la zone euro, sont confrontés à des problèmes économiques et migratoires. Ces événements changent la donne lors des élections finlandaises du 17 avril 2011. La campagne électorale laisse place à un discours populiste et eurosceptique tenu par le parti des Vrais Finlandais et son leader, Timo Soini. La Coalition nationale, une formation de centre droit, termine première avec 44 sièges, suivie du Parti social-démocrate avec 42 et du parti des Vrais Finlandais avec 39 sièges sur les 200 de l’Eduskunta. Bien que la Coalition nationale arrive en tête du scrutin, la formation ayant fait le plus de gains par rapport à 2007 est le parti des Vrais Finlandais avec ses 34 sièges supplémentaires. Le Parti du centre, dirigé par la première ministre Mari Kiviniemi, perd 16 de ses sièges et le pouvoir, marquant un recul pour ce parti. Les Vrais Finlandais sont donc les seuls à progresser depuis les élections de 2007. Timo Soini soutient que ces élections sont une victoire personnelle pour lui. Il a réussi à orienter la campagne électorale avec un discours populiste, eurosceptique et réticent envers l’immigration. Les Vrais Finlandais soutiennent aussi qu’il est inacceptable que la Finlande débourse pour les pays de la zone euro faisant face à des difficultés économiques. Ils s’opposent à une augmentation des prêts accordés à ces pays qui, selon Timo Soini, ont mal géré leur économie. C’est Jyrki Katainen de la Coalition nationale qui devient le premier ministre, à la tête d’un gouvernement impliquant six partis. Pour leur part, les Vrais Finlandais refusent d’entrer au gouvernement, puisqu’ils le jugent trop pro-européen.

Dans les médias...


S.A., « Soini, l’homme aux deux visages »

«...Fervent opposant à la monnaie unique, Timo Soini a réussi un coup de maître ces dernières semaines, en faisant de la participation de la Finlande aux plans de sauvetage aux pays européens en difficulté, le sujet le plus débattu de la campagne. (...) Le discours populiste de Timo Soini séduit. Dans un pays où l'écrasante majorité est finnophone, il propose l'abolition de l'enseignement obligatoire du suédois dans les écoles de langue finnoise. Il exige un durcissement sur l'immigration, même si les immigrés ne représentent que 3 % de la population. Il défend aussi le système de protection sociale, s'oppose à l'avortement et au mariage homosexuel. Lauri Korvanen, professeur de sciences politiques à l'Université d'Åbo, voit en lui « le rhétoricien le plus brillant du pays ». Ce père de famille de 48 ans, converti au catholicisme dans un pays majoritairement luthérien, a « un talent pour les petites phrases qui vont droit au coeur des Finlandais », affirme le politologue. Ses détracteurs l'accusent d'être populiste. Il le revendique, tout en prenant ses distances avec les mouvements d'extrême droite scandinaves. Il nie être raciste, mais il ne désavoue pas un élu du parti, condamné pour avoir comparé l'islam à la pédophilie. En Finlande, ses opposants craignent que la percée de son parti casse l'image, sereine, du pays à l'étranger. »

Le Soir (Belgique), 16 avril 2011, p. 13.

Olivier Truc, « En Finlande, la percée du parti xénophobe des Vrais Finlandais pèsera sur l’exécutif »

«...Dans l'ombre des Vrais Finlandais, l'élection de dimanche est aussi une victoire historique pour les conservateurs puisque, pour la première fois, ils arrivent en tête du scrutin et vont récolter le poste de premier ministre qui va échoir au ministre des finances sortant, Jyrki Katainen, 39 ans. Celui-ci est pragmatique et il pourrait bien adopter une ligne plus intransigeante vis-à-vis des questions européennes, notamment dans les discussions à venir sur l'aide européenne aux pays en difficulté. M. Katainen sera poussé en cela par Timo Soini, le président de PS, député européen depuis deux ans, et partisan de nouvelles négociations sur l'aide au Portugal. « Je refuse de gaspiller notre argent, a déclaré Timo Soini. Les Finlandais ne veulent pas qu'on ne moque d'eux. » Il veut, à l'instar d'une majorité de Finlandais, bloquer la création du Fonds européen de stabilité financière. Les Vrais Finlandais ont aussi profité des discussions sur les écarts grandissants entre riches et pauvres, les licenciements dans l'industrie papetière, les disputes sur l'âge de la retraite et sur la politique d'immigration, dans un pays qui compte pourtant très peu d'étrangers. »

Le Monde (France), 19 avril 2011, p. 10.

Antoine Jacob, « Le parti des « Vrais Finlandais » agite la campagne électorale »

«...Tous les autres partis, à l'exception des Verts, envisagent de laisser les Vrais Finlandais entrer au gouvernement. Timo Soini a même été invité aux débats des premiers ministres potentiels. Une consécration pour celui qui incarne un mouvement longtemps resté en marge. Les Vrais Finlandais (Perussuomalaiset) sont issus du Parti rural, populiste et anti-élites. Son chef, Veikko Vennamo, était le père spirituel de Timo Soini, qui a repris le flambeau en 1995, dans l'indifférence générale. Son discours anti-européen restait sans écho dans un pays qui, cette année-là, entrait dans l'Union européenne pour mieux s'ancrer à l'Ouest, après trois quarts de siècle de voisinage avec l'Union soviétique. « Aujourd'hui, beaucoup de gens ont relégué cet apport en arrière-plan, note Teija Tiilikainen, la directrice de l'Institut finlandais des affaires étrangères. D'une approche positive de l'Europe, on est passé à une vision plus sceptique et comptable.» Selon elle, la montée des Vrais Finlandais est directement liée au plan d'urgence des Vingt-Sept pour sauver la Grèce. Timo Soini enfonce le clou : «Les Grecs nous ont menti sur leurs comptes, qu'ils se débrouillent tout seuls!» (...) Pour Tom Biaudet, candidat du parti représentant la minorité suédophone (moins de 6% des 5,3 millions d'habitants), «les Vrais Finlandais se créent des ennemis pour se faire des amis».»

La Croix (France), 15 avril 2011.

Tony Barber, « Frustrated True Finns feed Europe’s very own Tea Party »

«...(True Finns) they have just detonated the biggest bomb in Finnish politics since the nation's declaration of independence in 1917. Their success also has potentially profound implications for Europe. By catapulting themselves from nowhere to finish a close third in last Sunday's general election, the True Finns have made it difficult for the next Finnish government - whose composition is under negotiation, but which they may join - to approve the financial rescue measures that have been devised to save the eurozone. The euro's existential crisis is therefore far from over. As a result, European policymakers are finally starting to pay attention to this wintry country in the far north, best known as home of Santa Claus and Nokia, the telecommunications giant. Yet the emergence of the True Finns should come as no surprise. They draw on a tradition of popular protest with deep roots in pre-industrial Finland, but their contemporary success stems from tapping into anxiety about Finland's rapid modernisation after the end of the cold war in 1989-91. Until that frozen conflict melted, Finland had an ambiguous status as a democratic and free society, with self-expression restricted for fear of incurring Moscow's wrath. »

Financial Times (Royuame-Uni), 23 avril 2011, p. 7.

Gouvernance et gouvernement [ 17 avril 2011 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Finlande
ÉlevéTarja Kaarina HalonenMari Johanna Kiviniemi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Tenue d’élections législatives en Finlande

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