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7 février 1986

Départ du président haïtien Jean-Claude Duvalier

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jean-Claude Duvalier

La montée du mécontentement en Haïti force le président Jean-Claude Duvalier à s'exiler. Son départ est suivi par la création d'un Conseil national de gouvernement composé de civils et de militaires.

Jean-Claude Duvalier occupe la présidence de Haïti depuis le décès de son père François, en 1971. Il est à la tête d'un régime autoritaire qui, au cours des années 1980, est de plus en plus contesté. Des demandes de démocratisation insatisfaites mènent à des manifestations et des émeutes qui incitent le gouvernement à proclamer l'état de siège en janvier 1986. Devant la détérioration de la situation, les États-Unis et la France pressent Duvalier de s'exiler, ce qu'il fait le 7 février 1986. Cette décision, qui déclenche des célébrations de joie à travers le pays, met un terme à 30 années de règne des Duvalier. Le chef d'état-major, le général Henri Namphy, assure la transition du pouvoir avec un Conseil national formé de civils et de militaires. Le mécontentement persiste et un climat de violence entoure les élections législatives du 19 octobre 1986, les premières en 30 ans. Moins de 10% des électeurs y participent. Malgré l'adoption d'une nouvelle Constitution, en mars 1987, la situation chaotique empêchera la tenue d'une élection présidentielle devant se dérouler en novembre.

Pour en savoir plus: Constitution de Haïti

Dans les médias...


Denis Hautin-Guiraut, «Haïti sans «Baby Doc» : Explosion de joie et règlements de comptes»

«...Jamais en trois décennies, la population n'a eu l'occasion d'une telle exaltation. C'est une véritable explosion d'enthousiasme pendant les premières heures de la journée succédant au scepticisme du début (...) Dans l'état actuel des choses, la junte militaro-civile a remarquablement contrôlé la situation. Sa jeunesse -ses membres ont entre quarante-six et cinquante-trois ans,- l'affirmation maintes fois répétée que l'armée ne souhaite pas prendre le pouvoir mais seulement assurer un retour au calme et une plus grande stabilité dans le pays, ont facilité sa tâche. Mais il faut déjà penser à l'avenir. Même si l'échéance n'est pas officiellement fixée, elle devra intervenir dans un laps de temps relativement court pour garder toute son efficacité à l'actuel «gouvernement de transition».»

Le Monde (France), 9 et 10 février 1986, p. 4.

Jean-Paul Mari, «Les miraculés de Port-au-Prince»

«...Un gouvernement Duvalier sans Duvalier ? «Non, il s'agit d'éviter la fracture du pays en deux et d'écarter toute idée de revanche», explique Rosny Desroches, prédicateur protestant et ministre de l'Éducation. De fait, le général Namphy ne cesse de répéter que «le Conseil, animé du plus pur désintéressement, se veut un gouvernement provisoire». En clair, l'armée ne tient pas à garder le pouvoir. Le régime Duvalier est tombé à l'intérieur : la pression américaine et les émeutes populaires n'ont fait qu'accélérer un lent pourrissement. Le bébé de la démocratie sur les bras, l'armée s'est empressée d'aller le faire baptiser à l'église. Quelques heures après son investiture, le général Namphy a reçu les évêques. Premier objectif : obtenir la puissante intervention de l'Église pour rétablir le calme dans le pays.» (...) «La grogne va s'amplifier si on ne va pas aux élections très vite, grimace un haut fonctionnaire du gouvernement. Pour le moment, c'est l'euphorie de l'après-Duvalier. Mais la course au pouvoir va être féroce.»

Le Nouvel Observateur (France), 14 au 20 février 1986, p. 37.

C.H., «En attendant la démocratie»

«...La première tâche du nouveau pouvoir, qui vient de recevoir les «encouragements» des États-Unis, sera de réconcilier les Haïtiens. Et, d'abord, de contenir les règlements de comptes et les vengeances personnelles, inévitables dans un pays marqué par le souvenir de la terreur (...) «Duvalier part, misère partie», criait la foule. Les lendemains déchantent quelque peu. Le retour d'un million d'exilés, par exemple ? «Il se fera dans le cadre de la loi. Et pas dans l'intérêt de certains petits politiciens», explique le général Namphy. De nouvelles élections (la Chambre a été dissoute) ? «Aucun calendrier électoral n'est pour l'instant prévu», ajoute-t-il, l'air crispé. Manifestement, la junte semble avoir du mal à répondre à des interrogations pressantes, dans une situation de grande instabilité et de misère pathétique. Cette question encore : faut-il ou non demander l'extradition de Jean-Claude Duvalier, pour le juger à Haïti ?»

L'Express (France), 21 février 1986, p. 10.

Éditorial

«...Now the Duvalier nightmare is over, though what follows few dare predict. Given Haiti's history of bloodshed and violence, another nightmare cannont be ruled out. The country lacks a democratic tradition, ran through six governments the year before Papa Doc came to power, and celebrated last week's liberation with a shooting and looting spree (...) Gen Henri Namphy, the professional soldier who heads the junta, says the military has no political ambition «now or never» and vows to respect human rights and hold elections. And while many in the new government held jobs in the old, the junta also contains one of the Duvaliers' most vociferous critics, Gerard Gourgue, head of the Haitian League of Human Rights. Cloudy as the future may be, at least the Duvaliers have been replaced by men whose first impulse was to renounce oppression. These men, it may be worth noting, achieved power, not on their own, but with the help of the United States, whose friendship they may wish to keep.»

The Washington Times (États-Unis), 10 février 1986.

Gouvernance et gouvernement [ 7 février 1986 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Haïti
TransitionHenri Namphyinformation non-pertinente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1981 - 1991



février
1986
Départ du président haïtien Jean-Claude Duvalier

juin
1988
Renversement du président haïtien Leslie Manigat

septembre
1991
Renversement du président haïtien Jean-Bertrand Aristide


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