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21 mars 2018

Accord à Kigali en prévision d’une Zone de libre-échange continentale en Afrique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lors du 10e sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA) qui a lieu à Kigali, au Rwanda, 44 pays membres signent un accord général sur une éventuelle Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Il prévoit notamment la suppression de barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que la réduction des droits de douane sur une foule de produits.

L’idée d’un marché commun et même d’une monnaie commune africaine est dans l’air depuis plusieurs années. En juin 2015, des négociations sont ouvertes en vue de la création d’une ZLEC, un projet inscrit à l’ordre du jour de l’agenda 2063 de l’UA. Elles aboutissent en mars 2018 lors d’un sommet de cette organisation. À cette occasion, 44 pays d’Afrique sur 55 signent l’accord, alors que 27 s’entendent aussi sur un protocole portant sur la libre circulation des personnes. L’espoir est que ce marché de 1,2 milliard de personnes permette de doubler le commerce inter-africain qui ne constitue que 16 % des échanges des pays du continent, pays dont le produit intérieur brut est estimé à 2 500 milliards de dollars. On espère aussi que cette ZLEC permettra à l’Afrique de rivaliser avec les autres blocs économiques et favorisera un apaisement des tensions politiques entre ses membres. Pour ce faire, on mise, entre autres, sur la suppression de barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que la réduction des droits de douane sur une foule de produits. Une lacune évidente, l’état des infrastructures facilitant l’expansion des échanges, est également identifiée (routes, voies ferrées, transport aérien). Un des obstacles à la réalisation de cet accord, dont un des principaux promoteurs est le président du Niger, Mahamadou Issoufou, est la crainte éprouvée par certains pays de voir leurs intérêts nationaux menacés. Aussi, plusieurs pays, comme l’Érythrée, le Bénin et le Botswana, ne figurent pas parmi les signataires. Il en va de même du Nigeria, dont l’économie est la plus importante d’Afrique. Des négociations se poursuivront, avec l’espoir de convaincre les récalcitrants avant un autre sommet qui aura lieu en Mauritanie en juillet 2018. Pour que la ZLEC entre en vigueur, l'entente devra être ratifiée par 22 des 44 membres signataires, une étape que le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Muhamat, souhaite franchir en 2018.

Dans les médias...


Ibrahima Bayo Jr., « Zone de libre échange en Afrique : 44 pays apposent leur signature »

«...Et pourtant, malgré ces prévisions chiffrées largement étudiées, des réticences de pays protectionnistes font tache sur le texte signé ce mercredi à Kigali. A la dernière minute, le Nigeria, un des géants du Continent, s'est rétracté, évoquant des dissensions internes au pays ouest-africain sur ce marché commun avoisinant les 2 500 milliards de dollars. Dans son sillage, on cite - sans liste officielle des réfractaires- des pays en quête d'impôts notamment sur les produits transitant par leurs ports ou leurs routes, notamment l'Érythrée, le Burundi, la Namibie et la Sierra Leone. Ce pas de géant vers l'intégration économique devra aussi composer avec les différences dans la « philosophie économique » dans les blocs économiques ou même entre les grandes puissances continentales. Pour l'heure, l'entrée en vigueur de la ZLEC devrait se faire à partir de « janvier 2019 ». Mais les Etats se donnent 10 ans pour une généralisation des mesures du traité de Kigali à l'horizon 2028. D'ici là, il faut espérer que l'accord de Kigali, historique pour l'intégration économique africaine, survive au seul écueil qui bloque encore l'intégration : la volonté ! »

La Tribune Afrique (Maroc), 21 mars 2018.

H. Marie Ouédraogo, « Zone de libre échange commercial – Idée généreuse, application périlleuses »

«...Comment ne pas saluer une initiative si hardie qui représente l'aboutissement d'une aspiration existant de longue date, pour ne pas dire depuis la création de l'OUA en 1963 ? Mais si sur le papier le bébé qui vient de naître est tout beau, il serait illusoire de penser que son avenir est tout tracé et qu'il se mettra d'ici peu à courir alors qu'il n'a pas encore appris à marcher. [...] Il faut croire que pour une fois le volontarisme politique de nos dirigeants a mis la charrue devant les boeufs, surtout quand on sait que seulement 16 % des relations commerciales se font entre pays africains contre 50 % entre pays d'Asie et 70 % à l'intérieur de la seule Europe. Le pari des concepteurs de la Zlec est qu'elle dope ces échanges, ce qui est loin d'être gagné dans la mesure où l'expérience a montré que les zones de libre-échange sont les plus efficaces là où les relations commerciales sont denses. N'eût-il pas été plus sage donc de renforcer les blocs régionaux en vertu de la vieille théorie des cercles concentriques ? Pour tout dire, le pari de la Zlec est plutôt risqué surtout quand on ajoute à son équation la question de la libre circulation des personnes déjà problématique dans bien des pays où les étrangers sont violentés, chassés et parfois même réduits en esclavage comme on l'a vu récemment en Libye. L'idée est généreuse, mais sa mise en oeuvre reste périlleuse et on a hâte d'être en janvier 2019 pour voir ce qu'il en sera. »

All Africa, 22 mars 2018.

S.A., « Why Africa’s two biggest economies did not sign its landmark trade deal »

«...NOT since the creation of the World Trade Organisation in 1995 has a free trade deal involved so many countries. On March 21st in Kigali, the Rwandan capital, 44 African leaders signed an agreement to create a “Continental Free Trade Area” (CFTA). The pact will eliminate tariffs on 90% of products, liberalise services and reduce non-tariff barriers. A second phase of negotiations, to begin later this year, will focus on investment, competition and intellectual property rights. Enthusiasts say that free trade will join up Africa’s fragmented markets, ignite industrialisation and create jobs. But 11 African countries, accounting for 37% of the continent’s GDP, sat out. Among them were Nigeria and South Africa, the two largest African economies. Why? The basic problem is that the agreement is incomplete. Negotiations only began in 2015. Countries have not yet decided which goods will be excluded. Nor have they finalised key annexes to the text: in the words of the South African trade minister, “the chapter on the rules of origin is an empty circuit board”. That makes it hard for South Africa to sign just yet. It needs to run the text by two government departments, for legal reasons. But its leaders are keen. Cyril Ramaphosa (pictured right), the new president, has put his name to the Kigali Declaration, a political statement to support the CFTA. “Africa is a continent of traders,” he said the day before. The deal is “a new dawn”. »

The Economist (Royaume-Uni), 29 mars 2018.

Gouvernance et gouvernement [ 21 mars 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Rwanda
FaiblePaul KagameÉdouard Ngirente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2008 - 2016




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