Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 novembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

28 février 1986

Assassinat du premier ministre suédois Olof Palme

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Olof Palme

Peu de temps après avoir quitté une salle de cinéma de Stockholm, le premier ministre suédois Olof Palme tombe sous les balles d'un assassin. L'auteur et le motif de ce meurtre demeureront un mystère.

Leader du Parti social-démocrate (PSD) depuis 17 ans, Olof Palme était devenu le plus jeune premier ministre d'Europe en 1969. Il était alors âgé de 42 ans. Premier ministre de 1969 à 1976, puis de 1982 à 1986, Palme était reconnu pour ses positions pacifistes. Sa femme Lisbet est à ses côtés le 28 février 1986 lorsqu'un homme, qui ne sera jamais identifié, le tue à sa sortie d'un cinéma de Stockholm. Des messages de sympathie affluent de tous les pays à la suite de cette mort tragique et inexpliquée. Palme avait 59 ans. Le 12 mars 1986, le Parlement élit Ingvar Carlsson au poste de premier ministre à 178 voix contre 0, avec 159 abstentions. Carlsson, un social-démocrate, se propose de poursuivre la politique d'austérité entreprise sous Palme afin de redresser l'économie suédoise qui a été sérieusement affectée par la crise du début des années 1980.

Dans les médias...


Jean Daniel, « Pour quoi meurent les justes »

«...C'est un antiheros de la social-démocratie qui est tombé au moment où il se livrait à l'activité la plus antihéroïque. Il était allé au cinéma. Il en sortait pour se rendre chez lui. Sans aucune escorte, sans aucun gorille, pas le moindre garde du corps. C'est la Suède et c'est la démocratie. Le pays où l'on cherche le nom du Premier ministre dans l'annuaire, où on le trouve, grâce à quoi on l'appelle chez lui, aux aurores. C'est lui-même qui répond aimablement, et s'il est libre il fixe un rendez-vous. Abattre l'homme symbole d'une telle société, c'est menacer le rêve de tous de vouloir imiter cette société. Autre chose : ce Suédois battait des records de popularité contradictoires. Dans le monde en tout cas. Soucieux de neutralisme à l'égard des Soviétiques, il était respecté par les Américains. Tiers-mondiste engagé, il prêchait dans les milieux de la haute finance. Ami des Palestiniens, il n'était pas considéré comme un ennemi par les Israéliens. Les Irakiens et les Iraniens venaient de l'accepter comme médiateur. Le roi du Maroc songeait à lui pour être l'un des garants de moralité lors d'un éventuel référendum au Sahara. Les Algériens n'auraient pu le récuser. Qui d'autre, aujourd'hui, pourrait réunir sur son nom de tels antinomiques suffrages ? Réponse : personne. »

Le Nouvel Observateur (France), 7 au 13 mars 1986, p. 22.

Christian d'Epenoux, « Stockholm : qui a tué Palme ? »

«...Quel homme de cette dimension oserait prétendre qu'il n'a pas d'ennemis ? Surtout pas Olof Palme, infatigable apôtre de l'anticolonialisme, du tiers-mondisme, du neutralisme et du désarmement. Contre la guerre d'Algérie, naguère, il orchestrait des collectes en faveur des insurgés du F.l.n., comme il condamna, plus tard, dans des discours corrosifs, l'« agression » américaine au Vietnam, dont il accueillait à bras ouverts les G.I. déserteurs. Cela crée des souvenirs, parfois des rancunes. Et cet éternel « donneur de leçons », qui, bien à l'abri dans son nid suédois, n'avait d'autre bataille à mener que celle du bien, fit grincer plus d'une dent. (...) Curieusement, c'est au moment où il avait expurgé les aspects les plus indigestes de son engagement politique qu'Olof Palme tombe sous les balles d'un fanatique. En 1982, après six ans d'intermède d'une coalition « bourgeoise » à laquelle il n'avait pas fait de cadeau, il était revenu au pouvoir, adouci et plus oecuménique, « en tendant la main à tous les Suédois de bonne volonté ». »

L'Express (France), 14 mars 1986, p. 16.

Guy Cormier, « En Suède ? Jamais en Suède ! »

«...Aux dernières nouvelles, les enquêteurs suédois n'avaient pu recueillir que de biens maigres indices sur les mobiles du crime et sur son auteur. Mais toutes les tentatives pour rassembler les éléments du puzzle ramènent une supposition, qui n'est, pour l'heure, qu'une supposition : l'assassin aurait été manipulé par des mains étrangères. Il n'est pas rare que le massacre d'un homme politique entraîne les autorités à pousser immédiatement l'hypothèse d'un complot ourdi à l'étranger. Mais il faut convenir qu'en l'occurrence le caractère éminemment pacifique des moeurs politiques suédoises ne laisse pas beaucoup d'explications plausibles du coup, en dehors d'une intervention étrangère. Si tel est le cas, mais la démonstration n'en est nullement faite, la Suède pourrait aujourd'hui s'estimer singulièrement mal récompensée de son ouverture à l'égard des étrangers. Quel pays s'est montré plus accueillant que la Suède ? »

La Presse (Québec, Canada), 4 mars 1986, p. B2.

Éditorial

«...If all we learn from the Palme assassination is that even an advocate of peace, even in Sweden, is not immune to risk, we will have certainly missed - or rejected - the point of what he represented. The risk was always there, though perhaps less overtly than elsewhere, even in Sweden. The contagion of violence in the world, especially in an age of instant communications and easy travel, respects no national barriers absolutely. The world has to deal ultimately with the contagion itself, the recurrent threat of violence against even the innocent, rather than simply trying to protect islands of serenity in a sea of discord. Mr. Palme understood that; his view of Sweden's foreign policy role went well beyond its own narrow interests or its own power and influence. He believed that peace was and is indivisible, and that an injustice anywhere in the world was necessarily his concern and Sweden's. In the end, a gunman on a Stockholm street proved him right. Violence is a threat everywhere. »

Detroit Free Press (États-Unis), 4 mars 1986.

Gouvernance et gouvernement [ 28 février 1986 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Suède
ÉlevéCharles XVI (Gustave)Ingvar Gösta Carlsson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1981 - 1991



septembre
1982
[Résultats] Élections législatives

septembre
1985
[Résultats] Élections législatives

février
1986
Assassinat du premier ministre suédois Olof Palme

septembre
1988
[Résultats] Élections législatives

septembre
1991
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
L'extrême droite déstabilise l'échiquier politique suédois

janvier
2018
Un récent partenariat entre la Suède et la Chine : le Start-up Forum

septembre
2016
Le vent du nord dans les voiles de l'économie suédoise

novembre
2015
La crise migratoire en Europe : situation tendue en Suède

février
2015
Élections reportées en Suède : une coalition pour contrer le discours anti-immigration

novembre
2013
Syndicalisme suédois : son héritage et ses limites

octobre
2013
Le parti des Démocrates de Suède : une réalité au Parlement suédois

avril
2013
La Suède et la Finlande : en avance sur les énergies renouvelables!

mars
2011
Germination d'un parti aux racines extrémistes en Suède

septembre
2010
La droite et la gauche au coude à coude en Suède


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016