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18 mars 1977

Assassinat du président congolais Marien Ngouabi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Marien Ngouabi

Dans un contexte politique et économique trouble, le président de la République du Congo, Marien Ngouabi, est assassiné par un commando armé le 18 mars 1977. Au cours de sa présidence, qui a débuté en 1968, celui-ci fut particulièrement apprécié par les jeunes révolutionnaires, devenant même un mythe auprès d’eux.

Chef de la révolution congolaise pendant les années 1960, Marien Ngouabi, un officier de l’armée, prend la direction du pays en 1968 à la suite de luttes politiques et armées. En 1969, celui-ci prend le nom de République populaire du Congo. En plus de diriger le Parti congolais du travail (PCT), le parti unique, Ngouabi préside le Conseil d’État, est chef de l’armée, de la défense nationale et de la sécurité. Il rejette l’idée de socialisme africain et établit un modèle marxiste-léniniste menant à une plus grande coopération avec l’Union soviétique et ses alliés. Considéré comme un homme « tempéré », il a cependant une approche pragmatique sur le plan économique. Peu de nationalisations sont effectuées et les entreprises occidentales présentes sur le territoire son peu remises en question. Le gouvernement fait également appel aux investissements étrangers et nationaux afin de se développer. Un autre défi du gouvernement de Ngouabi est le renforcement de l’unité nationale, de grandes dissensions et rivalités minant l’administration et divisant la population. Ces rivalités atteignent un paroxysme au milieu des années 1970, le PCT étant perçu comme un instrument de domination pour l’élite originaire du nord du pays. S’ajoute à cette situation des problèmes économiques liés au pétrole et aux mines de potasse, entre autres, ainsi que de nombreuses manifestations. Aussi, le régime Ngouabi ne réussira pas à stabiliser le pays. Après avoir réussi à éviter une dizaine de tentatives de coup d’État, Marien Ngouabi est assassiné le 18 mars 1977 durant une fusillade dans sa résidence officielle de Brazzaville. Des liens sont établis entre les tueurs et l’ancien président Alphonse Massamba-Debat qui sera arrêté, jugé coupable de complot et fusillé Il en va de même d’autres complices qui seront exécutés en 1978.

Dans les médias...


Ginette Cot, « Les assassins de Ngouabi »

«...On le voit, le scénario du complot, tel qu’il apparait en filigrane à la lumière de ces premières informations, n’est pas sans rappeler le plan conçu pour le renversement du gouvernement Kérékou au Bénin…comme ce dernier, la tentative d’enrayer brutalement le processus révolutionnaire au Congo a, pour l’heure, échoué. Certes, la mort de Marien Ngouabi, défenseur passionné de l’option socialiste choisie par le peuple congolais en 1965, et artisan actif de la solidarité inconditionnelle et concrète déployée par Brazzaville à l’égard du M.P.L.A. et de tous les mouvements de libération nationale, constitue une perte sévère pour la révolution congolaise. L’une des conséquences du crime aura été d’empêcher la tenue – qui venait d’être annoncée comme imminente par le président Ngouabi – des assises du troisième congrès extraordinaire du P.C.T., appelé à doter le pays d’institutions révolutionnaires stables. Mais en montrant sa capacité à colmater aussitôt le vide provoqué par l’assassinat du président Ngouabi – par la mise en place d’un comité militaire de 11 membres chargé de gérer les affaires du pays – , le comité central du P.C.T. a coupé court aux objectifs des instigateurs du crime qui espéraient de toute évidence l’effondrement immédiat du parti, en même temps que l’éclatement de troubles tribaux. Sans doute, le danger est-il loin d’être écarté. »

Afrique-Asie (France), 21 mars au 3 avril 1977, p. 14.

Lofembe Ekofo, « Risques d’affrontements régionalistes »

«...Le Congo n’entre-t-il pas dans une crise grave et prolongée? Il est impossible de ne pas se poser cette question depuis l’assassinat, le 18 mars, du commandant Marien N’Gouabi. Et les suites de ce meurtre incitent au pessimisme. [...] L’assassinat du président N’Gouabi laisse inachevées les réformes qu’il s’était engagé à effectuer au sein de l’appareil du parti. Le pays n’a donc que des institutions provisoires, notamment l’EMSR qui vient lui-même de faire place à une autre institution provisoire, le Comité militaire provisoire. Ce dernier, composé de onze membres, doit assurer la direction du pays jusqu’à nouvel ordre. Que se passera-t-il ensuite? Les membres du comité ont-ils les mêmes vues? Il est difficile de répondre par l’affirmative car, du temps du président N’Gouabi, bon nombre de ceux qui se retrouvent aujourd’hui en son sein étaient des adversaires déclarés. C’est pourquoi il faut redouter de sombres lendemains pour le Congo. »

Jeune Afrique (France), 8 avril 1977, p. 18-19.

S.A., « Le président Marien Ngouabi : un militaire studieux et réaliste »

«...De la galerie des chefs d’État d’Afrique noire, le commandant Marien Ngouabi tenait une place tout à fait exceptionnelle. Sur les photographies officielles, dans les bâtiments publics de Brazzaville, cet homme jeune au visage joufflu, coiffé d’une éternelle casquette de toile trop petite, ne correspondait guère à l’image chamarrée de décorations et figée dans la dignité officielle qu’aiment donner d’eux-mêmes la plupart des officiers-présidents. [...] En près de dix ans de présidence et de direction du parti unique, les difficultés avaient aiguisé son sens politique [...] Le régime avait su, en dépit de l’extrémisme de ses positions théoriques et de ses proclamations, mener une politique réaliste, conservant notamment de bons rapports avec la France, à laquelle le président Ngouabi restait sentimentalement attaché. Mais la dégradation de la situation économique, due pour une bonne part à la lourdeur de l’administration de type socialiste et à l’inefficacité des entreprises d’État, n’avait pu être compensée par un « boom pétrolier » dans lequel le Congo plaçait des espoirs excessifs. »

Le Monde (France), 20-21 mars 1977, p. 2.

Gouvernance et gouvernement [ 18 mars 1977 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Congo
FaibleMarien NgouabiLouis Sylvain-Goma

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1967 - 1987



décembre
1968
Accession de Marien Ngouabi à la présidence de la République du Congo

mars
1977
Assassinat du président congolais Marien Ngouabi

février
1979
Accession de Denis Sassou-Nguesso à la présidence de la République populaire du Congo


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