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13 juin 1982

Décès du roi Khaled en Arabie saoudite

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Miné par des problèmes de santé depuis plusieurs années, le roi Khaled d’Arabie saoudite décède le 13 juin 1982 des suites d’une attaque cardiaque. Aucun changement majeur n’est prévu sous son successeur, son demi-frère Fahd, qui a été ministre de l’Éducation et de l’Intérieur avant de devenir premier vice-premier ministre et héritier au trône.

Khaled exerce des fonctions diplomatiques dès les années 1930, sous le règne de son père Ibn Séoud, l’unificateur du royaume d’Arabie saoudite. Il devient prince héritier en 1965, en vue de succéder à son demi-frère Fayçal, monté sur le trône en 1964. Ce dernier est assassiné le 25 mars 1975. Pendant le règne de Khaled, son pays profite de revenus pétroliers exceptionnels, particulièrement avec la montée des prix au cours des années 1970. Ces sommes permettent de faire progresser l’Arabie saoudite sur plusieurs plans : éducation, santé, infrastructures, agriculture, etc. Le roi est cependant affecté par de graves problèmes de santé, incitant plusieurs observateurs à avancer que le prince héritier Fahd, son demi-frère, joue un rôle beaucoup plus important que lui ne l’avait fait sous le règne de Fayçal. Sur le plan des relations extérieures, Khaled est favorable à l’Irak dans son conflit avec l’Iran, alors que les relations diplomatiques sont rompues avec l’Égypte à la suite des accords de camp David avec Israël. Le roi décède des suites d’une attaque cardiaque à Taif, le 13 juin 1982. Il avait 69 ans. On annonce 14 jours de deuil au cours desquels des leaders étrangers viennent rendre hommage au défunt. C’est le cas du vice-président des États-Unis, George H.W. Bush, et du président égyptien Hosni Moubarak. La présence de ce dernier et sa conversation avec le roi Fahd sont interprétées comme une volonté d’améliorer les relations entre leurs deux pays. Peu de changements majeurs sont prévus à court terme sous Fahd que l’on considère favorable aux États-Unis et au monde occidental ainsi qu’à la cause des Palestiniens. Abdallah, un autre demi-frère de Fahd qui commande la Garde nationale, devient à son tour prince héritier à l’âge de 57 ans.

Dans les médias...


Fathi Abdallah, « Le roi Fahd : comme avant »

«...Le nouveau souverain du royaume wahabite n’est pas très populaire en Arabie saoudite. Mal vu par la plupart de ses frères, il est sérieusement contesté par la hiérarchie islamique et par les grandes familles commerçantes du pays en raison du rôle, dans bien des cas scandaleux, de ses propres enfants, qui trafiquent le plus souvent au détriment des intérêts nationaux et des entreprises privées que contrôlent les hommes d’affaires saoudiens. Ni ses importantes responsabilités de prince héritier, ni les problèmes internes que connaît la famille wahabite ne l’ont empêché jusqu’à présent d’être un grand habitué des casinos européens, où il « flambe » régulièrement des millions de dollars. Selon la presse suisse, il a récemment acheté à Genève un château qui lui aurait coûté plus de 50 millions de dollars. « Ne vous étonnez surtout pas que la famille royale décide de se débarrasser du nouveau monarque s’il continue à mener une telle vie, a confié un diplomate saoudien qui l’a bien connu. Cette famille tient tout d’abord à la survie de la monarchie. Si elle sent que celle-ci est menacée ou son prestige, sérieusement entamé par la conduite ou le comportement du roi Fahd, elle s’en débarrassera sans attendre longtemps... »»

Afrique-Asie (France), 21 juin 1982, p. 20.

J.D., « Arabie séoudite : le roi Fahd »

«...Le roi est mort, vive le roi! La monarchie a du bon. Surtout lorsqu’il s’agit du destin de l’Arabie séoudite, un royaume dont dépend, en dernier ressort, l’approvisionnement pétrolier de l’Occident. [...] Les « séoudologues » se demandent si, privée de la figure traditionnelle de père, d’arbitre et d’homme du désert de Khaled, la famille royale saura préserver l’unité et la sérénité qu’elle affiche aujourd’hui. Beaucoup dépendra du style de Fahd – naguère critiqué pour sa passion du jeu et notamment conspué lors de la prise de la Grande Mosquée de La Mecque, en novembre 1979, par des musulmans fanatiques – et plus encore de ses choix politiques. Proche, « trop proche » selon certains princes, des Américains, auteur d’un plan de paix (rejeté par les durs du monde arabe) qui mentionne la reconnaissance d’Israël tout en restant d’une totale intransigeance sur la question de Jérusalem, promoteur d’une résolution islamique condamnant l’agression soviétique en Afghanistan, cofondateur, enfin, contre la menace de l’Iran khomeiniste, d’un conseil de coopération des États du Golfe, Fahd continuera probablement de mener dans l’ensemble un jeu favorable aux Occidentaux. »

L’Express (France), 25 juin 1982, p. 63.

François Schlosser, « Fahd, moderniste et pro-occidental »

«...La mort du roi Khaled, survenue le 13 juin, n’a pas bouleversé l’équilibre politique à Riyad : Fahd, qui a immédiatement accédé au pouvoir suprême, en détenait les rênes principales depuis belle lurette. Tout le monde savait que ce prince arabe, grand voyageur dans les capitales occidentales, dont la silhouette lourde et massive, le visage épais au sourire rare sont bien connus des téléspectateurs, était déjà, de fait, le vrai maître de la riche Arabie saoudite avant de le devenir en droit. Il représente depuis longtemps la faction la plus moderniste et la plus pro-occidentale des élites du royaume – composées de quelques milliers de princes et d’autant de jeunes technocrates formés aux meilleures universités américaines. Quels seront les grands axes de sa politique? D’abord, sur le plan économique, il estime que la bonne santé de la famille royale est directement liée à celles des économies occidentales et qu’il ne faut donc pas trop secouer la barque commune avec des hausses excessives des prix du pétrole ou par des réductions de la production. »

Le Nouvel Observateur (France), 19 juin 1982, p. 32-33.

S.A., « Crown Prince : More Than an Heir »

«...The smooth transition belied rumors that a family schism had developed between the traditionalist senior Princes, such as Khalid and Abdullah, and the more modern-oriented branch of the family, headed by Fahd. The new King is the eldest of the powerful « Sudairi Seven, » the sons of Ibn Saud by one of his favorite wives from the Sudairi tribe. There had been talk that Abdullah might be passed over in favor of Prince Sultan, also a Sudairi. The power of the Sudairi brothers within the Sudairi hierarchy is substantial : in addition to Fahd and Sultan, they include Prince Naif, Minister of the Interior, Prince Salman, governor of Riyadh; and Prince Ahmed, deputy governor of Mecca. By strictly respecting the line of succession, the elders avoided the dangers of a family breach and ensured a judicious balance of personalities and powers at the top of the government. In effect, diplomats say, the Khalid-Fahd « duarchy » in Saudi Arabia has been replaced by a Fahd-Abdullah team. »

Time (États-Unis), 28 juin 1982, p. 23.

Gouvernance et gouvernement [ 13 juin 1982 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Arabie Saoudite
FaibleFahd ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`udFahd ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`ud

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1972 - 1992



mars
1975
Assassinat du roi Fayçal en Arabie saoudite

novembre
1979
Attaque de la Grande mosquée en Arabie Saoudite

juin
1982
Décès du roi Khaled en Arabie saoudite


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