20 mai 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

30 mars 1981

Tentative d’assassinat sur le président des États-Unis, Ronald Reagan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ronald Reagan
Library of Congress

Deux mois après son assermentation, le président des États-Unis, Ronald Reagan, est la cible d’un attentat. Six balles sont tirées, dont une atteignant Reagan, avant que l’agresseur, un jeune homme du nom de John Hinckley jr, ne soit neutralisé. Le président récupérera toutefois assez vite et reprendra ses fonctions dans les semaines suivantes.

Élu par une forte majorité en novembre 1980, le républicain Ronald Reagan accède à la présidence le 20 janvier 1981. Deux mois à peine après le début de son mandat, le 30 mars, il est la cible d’un attentat à Washington. Alors qu’il quitte l’hôtel Hilton, où il vient de prononcer un discours, un jeune homme de 25 ans du nom de John Hinckley jr. tire six coups de feu en sa direction. Trois personnes sont touchées – un policier, un agent des services secrets et le secrétaire de presse James Brady – , en plus de Reagan. Une balle endommage une de ses côtes et son poumon gauche, mais s’arrête avant d’atteindre son cœur. En quelques minutes, celui-ci est amené à l’hôpital universitaire George Washington où il est pris en main. Dans les heures qui suivent, une controverse éclate alors que le secrétaire d’État Alexander Haig se dit « en contrôle » dans la capitale, pendant que le vice-président George H. W. Bush, qui est au Texas, se prépare à y revenir. Malgré ses 70 ans, le président récupère vite. Il quittera l’hôpital après deux semaines. L’hypothèse d’un complot est vite écartée, Hinckley apparaissant comme un homme dérangé qui aurait posé ce geste seul dans le but d’impressionner l’actrice Jodie Foster. Cet attentat choque les États-Unis, entraînant même le report de la cérémonie des Oscars. Il contribue à la popularité de Reagan, dont la lune de miel perdure. Les trois autres personnes touchées survivront aussi, mais James Brady conservera de graves séquelles. Il militera avec son épouse pour un meilleur contrôle sur la vente d’armes à feu, ce qui aura une influence sur l’adoption d’une loi à cet effet, portant son nom, qui sera adoptée en 1993. Pour sa part, Hinckley, qui en 1982 avait été jugé non coupable pour aliénation mentale, sera libéré avec des restrictions en 2016.

Dans les médias...


Franz-Olivier Giesbert, « Violence à l’américaine »

«...Apparemment, c’est l’homme fort du reaganisme [George H.W. Bush] maintenant. Sacré depuis peu coordonnateur en cas de crise internationale – au grand dam de Haig [Alexander] – ¸ le voici maintenant qui exerce de facto les pouvoirs du président. Politiquement, il est vrai, cela ne changera rien. Depuis l’élection, celui qui fut le principal rival de Ronnie pendant les primaires républicaines maintient un profil bas – et reaganien. Il plaide, partout et sans honte, la cause du programme de réduction fiscale qu’il qualifiait, il n’y a pas si longtemps, de « vaudou économique ». L’attentat du Hilton tombe à pic d’ailleurs : au moment même où la tradition de la « lune de miel » avec le nouveau président tirait à sa fin. Les coups de feu de Washington resserrent automatiquement les rangs du pays autour du plan antisocial du vieux cow-boy invincible qui, d’après le « New York Daily News », littéralement extatique, a rempli la définition du courage selon Hemingway, « la grâce sous la pression ». Les démocrates grincent déjà des dents en petit comité : la popularité de Ronnie a subitement grimpé de onze points. »

Le Nouvel Observateur (France), 6 avril 1981, p. 34.

Marcel Péju, « Un pouvoir affaibli »

«...« Un vice-président des États-Unis, disait-on jadis à Washington, n’a rien d’autre à faire que de s’informer chaque matin, dans les journaux, de la santé du président. » Téléphone et télévision abrègent les délais. Mais le 30 mars, quand les États-Unis et le reste du monde apprirent que Ronald Reagan, 70 ans, frappé d’une balle de revolver au poumon, devait être opéré d’urgence, un seul nom vint sur les lèvres : George Bush. Dramatique, le scénario trop connu allait-il se reproduire ; celui qui avait brusquement propulsé au pouvoir Harry Truman après la mort de Roosevelt, ou Lyndon Johnson après l’assassinat de Kennedy? Les heures suivantes devaient écarter toute inquiétude immédiate sur l’état du blessé. Mais l’alerte a été trop grave, trop révélatrice en même temps des faiblesses cachées d’un système, pour ne pas inspirer quelques réflexions. [...] Et d’abord celle-ci, qui n’est pas seulement anecdotique : assurément, nul chef d’État au monde n’est à l’abri du geste d’un fou. »

Jeune Afrique (France), 8 avril 1981, p. 34.

Bernard Ullmann, « États-Unis : qui est le no 2? »

«...Quelle force ou quelle chance insolente soutient donc Ronald Reagan? Une majorité écrasante à l’élection présidentielle du 4 novembre. Et à présent, alors même que son programme de restrictions budgétaires au détriment des catégories les plus pauvres commence à susciter quelques grincements de dents, que sa courbe de popularité s’infléchit dangereusement, la « bonne blessure », sans doute plus sérieuse, pourtant, qu’on ne le pensa tout d’abord! Le voilà pour quelques mois au-dessus, à l’abri des attaques partisanes. Il n’empêche que les six coups de Connecticut Avenue auront servi de révélateur à la lutte pour le pouvoir qui se poursuit allègrement à l’ombre de la présidence. Et que les Américains, à travers leurs journaux, à peu près assurés de la guérison prochaine du Président, s’interrogent : la tragédie du 30 mars aurait-elle pu, et dû, être évitée? Et n’y eut-il pas un certain « flottement » au sommet de la pyramide, durant les quelques heures où l’on crut le Président entre la vie et la mort? «

L’Express (France), 11 avril 1981, p. 60.

Guy Cormier, « L’attentat contre le président Reagan »

«...Le frisson qui a saisi nos contemporains à l’annonce de l’attentat contre la personne du président Ronald Reagan hier après-midi, se compare au choc qui a suivi l’assassinat du président Kennedy, à Dallas, en 1963. Choc psychologique intense, mais aussi sentiment de désolation. Pauvres Américains! Et ajoutons : pauvres amis. Car malgré toutes ses faillites, toutes ses insuffisances, toutes ses erreurs, l’Amérique, qu’elle soit celle des Kennedy ou de Reagan, compte une multitude d’amis. [...] Même à supposer que M. Reagan se remette très vite de cet accident, il en restera quelque chose dans l’âme des Américains. De quelque manière qu’on considère le sinistre événement du 30 mars, il reste vrai de dire que le président des États-Unis, en pleine rue de Washington, a frôlé la mort. Ce sont des choses qui ne s’oublient pas. »

La Presse (Québec, Canada), 31 mars 1981, p. A6.

Roger Rosenblatt, « A Sense of Where We Are? »

«...The interesting thing is that people can actually do this; can take a terrifying, chaotic act and eventually make some sense of it. What occurred outside the Washington Hilton was irrational and destructive. Yet the reactions it generated were both sane and helpful; and they were connected to one’s best feelings about the country and the Government. When the President was shot, Americans prayed very hard, not for the life of an abstraction, but for a man, one who as leader of the democracy carries something of everyone in that mortal chest. If people were ashamed and dismayed that such horrors could continue to happen in a civilized place, they were also proud and relieved that the Government of that civilized place could not be rattled. »

Time (États-Unis), 13 avril 1981, p. 15.

Gouvernance et gouvernement [ 30 mars 1981 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéRonald Reagan

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1976 - 1986



novembre
1976
Élection de Jimmy Carter à la présidence des États-Unis

novembre
1976
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1976
[Résultats] Élections législatives

janvier
1977
Présentation du dernier épisode de la série télévisée « Roots » aux États-Unis

septembre
1977
Signature d'une entente à Washington sur le canal de Panama

avril
1978
Présentation aux États-Unis du dernier épisode de la mini-série télévisée Holocauste

juillet
1978
Naissance du premier « bébé éprouvette »

novembre
1978
[Résultats] Élections législatives

mars
1979
Accident à la centrale nucléaire de Three Mile Island

juin
1979
Signature d'une entente sur la limitation des armes stratégiques (Salt II)

décembre
1979
Annonce de l'installation des fusées Pershing II en Europe

février
1980
Conquête à Lake Placid d'une médaille d'or olympique par l'équipe de hockey sur glace des États-Unis

mai
1980
Éruption du Mont St Helens, aux États-Unis

juin
1980
Lancement du Cable News Network aux États-Unis

novembre
1980
Élection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis

novembre
1980
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1980
[Résultats] Élections législatives

janvier
1981
Dévoilement de la doctrine Reagan

mars
1981
Tentative d’assassinat sur le président des États-Unis, Ronald Reagan

avril
1981
Lancement de la navette spatiale Columbia

août
1982
Présentation des premiers jeux gays à San Francisco, aux États-Unis

novembre
1982
[Résultats] Élections législatives

décembre
1982
Implantation du premier coeur artificiel

janvier
1983
Nomination de l'ordinateur personnel comme « machine de l'année » pour 1982

mars
1983
Lancement de l'Initiative de défense stratégique par les États-Unis

novembre
1983
Présentation du film « The Day After » aux États-Unis

mai
1984
Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

novembre
1984
Réélection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis

novembre
1984
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1984
[Résultats] Élections législatives

avril
1985
Ouverture de la première Conférence internationale sur le sida

janvier
1986
Explosion de la navette spatiale américaine Challenger

novembre
1986
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


avril
2019
L'extrême gauche aux États-Unis à l'ère Trump? Plutôt marginale

mars
2019
Les élections de mi-mandat, ou la ruée vers l'or au pays des droits et libertés

mars
2019
Joe Biden comme antidote au syndrome McGovern

mars
2019
Présidentielle américaine de 2020 : une nouvelle stratégie démocrate, la clé face à Trump ?

février
2019
La Californie brûle à petit feu, ou plutôt à grands feux!

février
2019
Qui a tué le Weekly Standard?

février
2019
Le président Trump frappe encore sur Twitter

février
2019
La persistance du racisme aux États-Unis

février
2019
For the land of the free...mais l'est-ce vraiment?

janvier
2019
Fahrenheit 11/9 : Michael Moore manque de nouveau la cible avec son plus récent documentaire


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016