Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 janvier 2019

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

20 août 1988

Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu mettant fin à la guerre entre l'Iran et l'Irak

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Saddam Hussein, Président irakien
The American-Israeli Cooperative Enterprise

Après près de huit années de guerre, l'Irak et l'Iran s'entendent pour respecter les dispositions d'un cessez-le-feu émanant d'une résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU) adoptée le 18 juillet 1988.

Des différends politiques et des revendications territoriales de longue date ont été à l'origine de la décision du président irakien Saddam Hussein d'attaquer l'Iran en septembre 1980. Après des succès rapides, l'Irak doit cependant composer avec la forte résistance des Iraniens qui reprennent l'initiative. Le refus d'un cessez-le-feu, en 1982, mène à un enlisement du conflit qui fera, selon les estimations, de 500 000 à plus d'un million de morts. Des armes chimiques seront même utilisées par l'Irak, notamment contre les Kurdes qui habitent le nord du pays. Une résolution de cessez-le-feu de l'ONU, adoptée le 18 juillet 1988, arrive finalement à obtenir l'assentiment de l'Iran, puis de l'Irak. Le 20 août, 350 casques bleus sont dépêchés afin de veiller à l'application de la résolution. Des discussions entre les représentants des pays belligérants débuteront quelques jours plus tard, à Genève. Un accord conclu en 1990 fixera finalement la frontière entre les deux pays. La paix sera cependant de courte durée pour l'Irak qui envahira le Koweït la même année.

Pour en savoir plus: Résolution 598 sur le conflit entre l'Iran et l'Irak

Dans les médias...


Alain Louyot, Safa Haeri, «Golfe : l'Iran titube»

«...Une fois de plus, dans cette interminable guerre du Golfe, commencée voilà près de huit ans, l'espoir a changé de camp (...) C'est que, de défensive, la stratégie irakienne est redevenue offensive. Comme si, tout à coup, les troupes du régime baassiste profitaient d'un flottement dans le dispositif iranien, comme si le fanatisme suicidaire qui avait conduit tant de jeunes combattants chi'ites à se jeter par vagues humaines dans la mitraille était soudainement retombé. «L'anarchie actuelle rappelle celle que connaissait l'Iran dans les tout derniers jours du régime du shah», confie un homme d'affaires tout juste rentré de Téhéran. Atmosphère de fin de règne. Jamais les rumeurs sur l'état de santé «alarmant» de l'imam, rongé par un cancer, et sur sa «sénilité» n'ont été si insistantes, si vraisemblables. Du coup, les Gardiens de la Révolution, fidèles entre les fidèles, se sentent déjà orphelins.»

L'Express (France), 8 juillet 1988, p. 16.

Jean Gueyras, « L'Iran à l'heure du cessez-le-feu avec l'Irak la colère des pasdarans »

«...Le climat est décidément à la détente. Seuls quelques abris anti-aériens, des sacs de sable à l'entrée des banques et les rares vestiges des destructions causées par les missiles irakiens, - notamment place Karim-Khan, où se dresse la carcasse calcinée d'un supermarché, - rappellent aux Iraniens qu'il y a encore quelques mois leur immense métropole était plongée dans le conflit. En fait, pour les Téhéranais, la guerre - la vraie, celle qui tue - avait cessé fin avril avec la fin des bombardements irakiens. L'acceptation par l'Iran de la résolution 598 n'avait fait qu'accentuer leur sentiment que la paix était désormais chose acquise. (...) Les chauffeurs de taxi, comme d'ailleurs la plupart des Iraniens, ne se privent guère de commentaires acerbes à l'égard du pouvoir. Un certain assouplissement des règles de l'habillement islamique imposées aux femmes est visible. Certaines multiplient d'ailleurs les artifices pour mettre en valeur leur féminité malgré les rappels à l'ordre, il est vrai de moins en moins fréquents.»

Le Monde (France), 22 aout 1988, p.1.

Yves Cuau, «Le temps de Saddam»

«...Le président irakien Saddam Hussein sort vainqueur relatif de la guerre du Golfe. Relatif, dans la mesure où ses armées n'ont finalement gagné que des batailles défensives. Mais vainqueur, puisque le but de guerre obsessionnel de Téhéran était le renversement du régime de Bagdad. Or ce dernier est renforcé, à l'issue des huit années de ce carnage qu'il a lui-même provoqué (...) Le dessein historique de cet officier secret, qui n'a reculé devant aucun moyen pour arriver au pouvoir, est à la fois le leadership du monde arabe et la revanche contre ces Perses qui l'ont contraint, à l'époque du chah, à signer en 1975 l'humiliant accord d'Alger sur le Chott el-Arab. Le voilà donc, au moins provisoirement, débarrassé de cet Iran victime d'une terrible saignée, condamné au repli sur ses problèmes intérieurs. Reste le vieux rêve de l'hégémonie au Proche-Orient, et force est de constater que le raïs irakien ne perd pas de temps. Le cessez-le-feu avec Téhéran n'est même pas encore signé qu'il tonne contre Damas, coupable du crime majeur d'avoir été le seul soutien, dans le monde arabe, du régime des ayatollahs.»

L'Express (France), 26 août 1988, p. 8.

Gilles Paquin, « La tâche périlleuse de tracer la ligne bleue »

«...Lorsque les fusils et les canons se taieront à 7h demain matin, pour marquer la fin de la guerre entre l'Iran et l'Irak, les observateurs des Nations unies entreprendront une mission extrêmement périlleuse: tracer une mince ligne bleue tenant lieu de frontière reconnue par les deux belligérants. Hier, au moment où s'ébranlait le convoi de camions blancs des Forces de l'ONU, personne ne pouvait dire exactement où pouvait se situer cette ligne de démarcation. (...) Bien que Téhéran et Bagdad acceptent de retirer leurs troupes, jusqu'aux frontières internationalement reconnues, il reste à voir comment les deux pays se comporteront sur le terrain. Les deux gouvernements ont déjà signé des accords imparfaits à ce sujet, dans le passé, dont le dernier à Alger, en 1975. C'est précisément en dénonçant ce traité, et en accusant l'Iran de ne pas s'y conformer, que l'Irak a déclenché la guerre en 1980. Le groupe d'observateurs militaires des Nations unies n'arrêtera pas la guerre, cela dépendra de la volonté politique, a déclaré l'ambassadeur du Canada à Bagdad, M. Erik Wang. Selon lui, le rôle des observateurs est de rassurer les deux parties sur le respect du cessez-le-feu, afin que les négociations de paix de Genève se déroulent sereinement sans interruption.»

La Presse (Québec, Canada), 19 aout 1988, pp. A1-A2.

Alan Cowell, «Cease-Fire Takes Effects in 8-Years Iran-Iraq War»

«...The war - fought on land and in the air, in the oil lanes of the Persian Gulf and with missile and chemical weapons attacks - produced no major territorial gains for either side. Yet Iraq, which invaded Iran on Sept. 22, 1980, has proclaimed victory. Motorists and demonstrators poured onto the streets of Baghdad overnight, blowing horns, beating tambourines and spraying water. The response in Teheran, the capital of Iran - which accepted United Nations peace terms last month after delaying for a year - was more cautious. (...) At the beginning of the war, Iraqi forces pushed into Iran in what some Western diplomats depicted as an effort to unseat an Islamic revolution whose Shiite Moslem fervor unsettled the secular leadership of much of the Arab world. But Iran's Revolutionary Guards pushed the Iraqis back and took chunks of Iraqi soil, which Baghdad recaptured only this year. The sudden string of Iraqi victories, war weariness in Iran, depleted military supplies and Teheran's increasing isolation in the face of Arab, United States and other Western backing for Iraq are widely thought to have spurred Iran to seek peace.»

New York Times (États-Unis), 21 août 1988, section 1, p. 6.

Gouvernance et gouvernement [ 20 août 1988 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Irak
FaibleSaddam Hussein at-TikritiSaddam Hussein at-Tikriti

Iran
FaibleMohammad Ali Hoseyn KhameneiMir Hossein Moussavi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1983 - 1993



août
1988
Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu mettant fin à la guerre entre l'Iran et l'Irak


Dans l'actualité


octobre
2017
Les forces irakiennes reprennent Mossoul : la fin de l'État islamique ?

novembre
2016
Il y a 10 ans : le cirque du procès de Saddam Hussein

mars
2015
L'EI et Al Qaïda : l'ère du terrorisme à deux visages

octobre
2014
Jalal Talabani : fin d'une présidence respectée

septembre
2014
La légalité de la guerre contre l'État islamique au coeur des débats à l'ONU

février
2009
Le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki sort gagnant des élections provinciales

février
2009
L'Irak démocratique et libre... d'occupation

octobre
2008
Un État kurde : un rêve possible ou une fantaisie ?

novembre
2007
Les Kurdes : entre l'espoir et la crainte

avril
2007
Soldats capturés dans le golfe Persique


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016