Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 février 2019

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3 février 1966

Alunissage de la sonde soviétique Luna 9

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Les Soviétiques réalisent une autre première dans la course à l’espace en posant sur la Lune la sonde Luna 9, lancée du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, le 31 janvier 1966. Parmi les avancées réalisées, la prise de plusieurs images panoramiques sans précédent qui feront bientôt le tour de la Terre.

L’Union soviétique (URSS) réalise des premières dans la course à l’espace l’opposant aux États-Unis avec le satellite Spoutnik (1957) et le vol spatial de Youri Gagarine (1961). À partir de 1961, l’objectif ultime devient la possibilité de poser un humain sur la Lune et de le ramener sain et sauf, un défi que le président américain John F. Kennedy avait lancé à son pays dans un discours prononcé le 25 mai. Une étape de ce projet est franchie le 31 juillet 1964. Les Américains parviennent alors avec Ranger 7 à obtenir des milliers de photographies de la Lune en s’y approchant jusqu’à environ 1000 pieds. Ce sont les meilleures à ce jour. Par la suite, cette sonde lancée le 28 juillet s’écrase sur la Lune. L’URSS obtient moins de succès sur ce plan avant 1966. Le 31 janvier, Luna 9 est lancée à bord d’une fusée à plusieurs étages. Grâce à l’usage de rétrofusées, la sonde fait un alunissage en douceur le 3 février, ce qui permet de constater que le sol lunaire est assez consistant pour supporter un appareil de ce genre. Cette information est fondamentale dans le projet plus ambitieux qui consiste à envoyer éventuellement des hommes sur la Lune. Avec l’équipement qui est à son bord, Luna 9 procure ensuite 8 heures de retransmission radio ainsi que des images filmées panoramiques sans précédent. À la demande de l’URSS, elles sont rendues publiques par l’observatoire britannique Jodrell Bank. Le contact aurait ensuite cessé le 6 février avec l’épuisement de la batterie. Cette nouvelle réussite soviétique est saluée par un télégramme de félicitations du président américain Lyndon Johnson à son homologue Nikolaï Podgorny. Les États-Unis frappent à leur tour un coup d’éclat le 2 juin 1966 alors que Surveyor 1, un appareil plus grand et plus lourd que Luna 9, se pose sur la Lune. Les milliers de photos prises à cette occasion permettent maintenant de capter des détails d’une fraction de centimètre. Le 20 juillet 1969, l’Américain Neil Armstrong deviendra le premier homme à fouler le sol lunaire.

Dans les médias...


Jean Conilh, « De la Lune à la Terre »

«...Nous montons à la lune. Mais notre planète demeure la grande terra incognita. N’est-il pas temps de l’explorer? La télévision nous entretient chaque jour de la délicate question de savoir s’il faut dire, en ces matières, atterrir ou alunir? Question importante. Heidegger ne cesse de nous rappeler que l’être habite le langage. Pour l’exploration de notre planète, devrons-nous alunir ou atterrir? Je gage que c’est la question que se posent actuellement Kossyguine et Johnson. Mais enfin, puisqu’il nous faut conclure, soyons résolument teilhardiens. Les hommes montent à la lune : l’Américain et le Soviétique y convergent. Alors, pourquoi pas? Un bon mouvement : qu’ensemble, ils convergent vers notre planète. Ce ne sera après tout que justice. L’en-haut n’a-t-il pas jusqu’à présent convergé vers la terre? Les mythes et les religions nous l’assurent. Il parait même que ce fut pour l’homme un écrasement. L’athéisme nous le dit. Le programme à venir me parait donc simple : de la lune à la terre. Puisque les hommes savent désormais se poser sur la lune sans s’écraser, qu’ils tentent tous ensemble de se poser sur notre terre et, si possible, en douceur! »

Esprit (France), avril 1966, p. 924.

Albert Ducrocq, « Les robots préparent le chemin des hommes »

«...Dans l’histoire de la conquête du cosmos, 1966 restera sans doute comme l’année des robots. [...] Ce sont les robots qui assurent – provisoirement – la relève. Ils assument sans cesse de nouvelles fonctions. Les Venusik n’observeront encore que d’assez loin leur planète de destination, mais la mission de Luna 9 a prouvé qu’avec les progrès de leur électronique, les Soviétiques comptent demander bien davantage aux engins automatiques. Une nouvelle méthode de voyage extrêmement précise, difficile et élégante leur a permis d’amener Luna 9 à pied d’œuvre. Sa caméra de télévision, en parfait état, a pu décrire la totalité de son champ de vision. La logique commande les étapes suivantes : pour en apprendre davantage, il faut que l’engin puisse d’abord émettre pendant un temps plus long, et ensuite qu’il bouge. C’est de façon parfaitement méthodique que les Soviétiques ont décidé de prospecter le système solaire. Et quand les hommes interviendront à nouveau dans les projets russes, c’est moins par souci de propagande que parce que l’on ne connait guère de machine plus perfectionnée que la mécanique humaine pour recueillir les informations. »

L’Express (France), 14 au 20 février 1966, p. 67.

S.A., « Chacun pour soi? »

«...Sur le plan scientifique, l’apport de la dernière expérience soviétique est fondamental. De nombreux spécialistes s’interrogeaient encore récemment sur les possibilités d’envoyer sur la Lune un engin qui puisse fonctionner après son arrivée. Certains craignaient, semble-t-il à tort, que tout objet terrestre ne s’enfonce inéluctablement dans une épaisse couche de poussière. L’atterrissage de Luna-9 montre qu’il n’en est pas ainsi. Aucun obstacle insurmontable ne s’oppose donc désormais à ce que des hommes circulent bientôt sur la surface de notre satellite. Une seule chose reste impossible à prédire : la nationalité des premiers explorateurs. Partout dans le monde spécialistes et hommes politiques ont félicité les Soviétiques de leur exploit. Dans les milieux scientifiques cependant, un certain nombre de responsables montrent moins d’enthousiasme. Il ne manque pas en effet de personnalités pour critiquer l’aventure lunaire elle-même. Tout en admettant que le développement de l’astronautique auquel l’U.R.S.S. vient d’apporter une contribution décisive offre un vif intérêt, elles estiment qu’une partie des moyens ainsi dépensés pourrait être utilisée à d’autres « grands desseins » plus immédiatement profitables à l’espèce humaine. »

Le Monde (France), 5 février 1966, p. 1.

S.A., « Russia’s Luna 9 wins the race to a soft landing on the moon »

«...The Soviet Union’s soft-landing feat left the U.S. behind in this unmanned phase of lunar exploration. The U.S. Surveyor soft-lander is still some four months away from flight. But Luna’s findings are as valuable to the U.S. as to the Soviet Union. Luna’s first message, that the lunar surface can support a spaceship, means another green light for Project Apollo. Through Apollo, the U.S. has publicly committed itself to sending men to the moon by 1969. Officially, the Soviets have made no such commitments. As Tass said last week : « Soviet scientists prefer not to tie their hands by precise deadlines, bearing in mind the entire complexity of piloted flight to another heavenly body. » [...] In any case, the success of Luna 9 begins a new era of exploration. More elaborate studies of the moon’s surface will be made by succeeding Lunas and U.S. Surveyors. Stereo TV cameras will accurately measure distances and sizes of objects; drills and mechanical arms will probe the surface; seismometers will listen for tremors indicating meteorites crashing into the moon. Perhaps instruments will record moonquakes to determine the inner structure of the moon. Finally, robot chemical analyzers will radio back details of the surface composition. Good as these probes may be, they will leave questions unanswered and adventurous men dissatisfied. The haunting moonscape of Luna 9 only increases man’s desire to go and see for himself. »

Newsweek (États-Unis), 14 février 1966, p. 56.

Gouvernance et gouvernement [ 3 février 1966 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
FaibleNikolai PodgornyAleksei Kossyguine

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1961 - 1971



avril
1961
Premier vol humain dans l'espace par un cosmonaute soviétique

juin
1963
Première femme à effectuer un vol dans l’espace

octobre
1964
Démission du premier secrétaire du Parti communiste soviétique, Nikita Khrouchtchev

février
1966
Alunissage de la sonde soviétique Luna 9


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