Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

24 mars 2017

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20 décembre 1989

Intervention militaire des États-Unis à Panama

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Manuel Noriega
Manuel Noriega

L'armée américaine déclenche une opération militaire d'envergure à Panama afin de mettre fin au règne du général Manuel Noriega. Un nouveau président, Guillermo Endara, est assermenté le jour même de l'invasion.

Des pressions économiques américaines sont exercées contre le régime de Noriega que l'on accuse notamment de faire le trafic de la drogue. Celui-ci dirige le pays malgré la tenue d'une élection, le 7 mai 1989, qu'aurait remportée le leader de l'opposition, Guillermo Endara. Après avoir échappé à un coup d'État en octobre, Noriega obtient tous les pouvoirs du Parlement panaméen le 15 décembre et déclare l'état de guerre contre les États-Unis tant que les sanctions économiques persisteront. Prétextant des incidents avec des soldats américains et la protection de leurs ressortissants, les États-Unis lancent l'opération «Just Cause» afin de mettre fin à la dictature de Noriega. Des milliers de soldats interviennent, appuyés par les troupes participant à la sécurité du canal du Panama. Ses troupes désorganisées, le président se réfugie dans la mission diplomatique du Vatican avant de se rendre, le 3 janvier 1990. Guillermo Endara assumera la présidence. Le gouvernement américain apportera une aide économique à Panama en 1990 afin d'aider à stabiliser la situation difficile du pays.

Dans les médias...


Philippe Burin des Roziers, «Washington Medellin Panama»

«...L'intervention militaire des États-Unis à Panama a montré que les Américains du Nord entendaient exercer jusqu'au bout leur rôle de champions de la lutte contre le trafic. Face à la légitimité de cette «juste cause», la communauté internationale n'a formulé que des critiques de pure forme : Noriega était indésirable. Néanmoins, depuis la guerre des Malouines et la crise centre-américaine, les États-Unis doivent tenir compte de la susceptibilité latino-américaine en matière de souveraineté nationale. À Panama affleurent les ambiguïtés d'une politique où les intérêts géo-politiques dans la région du canal sont présents. Il ne faudrait pas que Noriega soit un inculpé trop bavard. Il ne faudrait pas non plus que Panama ou la Colombie apparaisse comme les boucs émissaires d'un problème qui, dans une large mesure, est un problème de société nord-américaine.»

Esprit (France), mars-avril 1990, p. 136.

Simon Malley, «De Budapest à Panama»

«...En chargeant le vice-président Quayle d'une mission d'explication visant à rassurer les gouvernements sud-américains, le chef de l'Exécutif américain a pris pour une part la mesure de la vague d'hostilité qu'il a lui-même déclenchée par l'envoi de milliers de militaires au Panama. Opération qui a coûté plusieurs milliers de victimes civiles innocentes. Certains parlent de 7 000 morts. Mais le vice-président, que l'on considère généralement à Washington comme un «épervier», est connu pour son ignorance totale des réalités politiques internationales. Le Washington Post le décrit comme un «éléphant dans un magasin de porcelaine». C'est le pire choix que Bush pouvait faire pour «apaiser» l'opinion sud-américaine. À moins, bien entendu, qu'il n'ait voulu lancer par son intermédiaire des avertissements solennels pour que les gouvernements sud-américains se tiennent à carreau et soient disposés à accepter le fait accompli de Washington. À l'heure où la guerre froide a cessé de le hanter et où l'URSS semble le laisser opérer dans ce qu'il considère comme sa sphère d'influence, George Bush ira-t-il plus loin dans sa politique de la canonnière ?»

Le Nouvel Afrique-Asie (France), février 1990, p. 11.

Jacques Girardon, «Panama : la croix et la bannière»

«...Politiquement, l'invasion de Panama, en violation de la charte de l'Organisation des États américains, risque, en réveillant le sentiment antiaméricain sur tout le continent, de se révéler catastrophique. Déjà, les députés péruviens ont refusé de reconnaître le gouvernement Endara, et Alan Garcia a suspendu la coopération de son pays avec les États-Unis dans la lutte antidrogue. Au Mexique, des étudiants ont manifesté devant l'ambassade américaine (...) Mais c'est au Nicaragua que l'invasion du Panama peut avoir les conséquences les plus immédiates, en assurant, le 25 février prochain, la victoire des sandinistes, dont l'unique argument électoral est la lutte contre l'impérialisme américain, responsable, bien entendu, de tous les maux du pays. La candidate de l'opposition, soutenue par Washington, risque d'apparaître, de la même manière qu'Endara au Panama, comme une marionnette de la Maison-Blanche.»

L'Express (France), 5 janvier 1990, p. 23.

Éditorial

«...Noriega, it is widely accepted, in an all-around bad guy. But when he goes to trial in the U.S., he will be an innocent until proven guilty as any person who ever went to court. In fact, Americans -as they often do- are likely to get frustrated by proceedings that could last months, even years. It's certainly possible he may never go to trial, or may be acquitted. Already, concerns are being expressed that his alleged former CIA connections will cause the governement to deny the defense evidence it says is vital, paving the way for a dismissal of charges. Or that the court may decide evidence seized during the invasion is tainted -obtained without search warrants. Whatever the outcome, George Bush has made his point that the United States is «serious in its determination that those charged with promoting the distribution of drugs cannot escape the scrutiny of justice.» That is, as he said, a good «clear signal» to send to the world's drug dealers. And bringing in Noriega is an unqualified victory in the President's ongoing battle to de-wimp his image.»

Chicago Tribune (États-Unis), 5 janvier 1990.

Gouvernance et gouvernement [ 20 décembre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéGeorge H.W. Bush

Panama
IntermédiaireGuillermo David Endara Galimany

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 1994



mai
1984
Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

novembre
1984
Réélection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis

novembre
1984
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1984
[Résultats] Élections législatives

avril
1985
Ouverture de la première Conférence internationale sur le sida

novembre
1986
[Résultats] Élections législatives

octobre
1987
Chute des cours sur les marchés boursiers

novembre
1987
Publication du rapport d'une Commission d'enquête sur l'affaire Iran-Contra

décembre
1987
Signature à Washington d'un traité entre les États-Unis et l'Union soviétique sur le contrôle des armes nucléaires

novembre
1988
Élection de George Bush à la présidence des États-Unis

novembre
1988
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1988
[Résultats] Élections législatives

mars
1989
Déversement d'hydrocarbures en Alaska par l'Exxon Valdez

décembre
1989
Intervention militaire des États-Unis à Panama

août
1990
Invasion du Koweït par l'Irak

novembre
1990
[Résultats] Élections législatives

janvier
1991
Début d'une intervention militaire au Koweït

juillet
1991
Signature du Traité de réduction des armes stratégiques Start

novembre
1992
Élection de Bill Clinton à la présidence des États-Unis

novembre
1992
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1992
[Résultats] Élections législatives

décembre
1992
Signature de l'Accord de libre-échange nord-américain

novembre
1994
[Résultats] Élections législatives


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