11 novembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

9 septembre 2018

Élections législatives en Suède

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Les principaux partis politiques de Suède, le Parti social-démocrate et les Modérés, arrivent en tête lors des élections législatives du 9 septembre 2018. Leur recul, tant aux votes qu’aux sièges, combiné aux 62 députés élus de la formation anti-immigration Les Démocrates, complique toutefois la mise sur pied d’un nouveau gouvernement.

Aucun parti n’ayant obtenu la majorité en septembre 2014, le premier ministre Stefan Löfven du Parti social-démocrate (PSD) a gouverné la Suède en s’appuyant sur l’appui des Verts et le support du parti de Gauche, qui refuse toutefois de participer au gouvernement. L’accueil d’environ 400 000 immigrants à partir de 2012, dans un pays comptant environ 10 millions d’habitants, fait de ce thème un enjeu politique majeur. Il favorise Les Démocrates, un parti anti-immigration, socialement conservateur et favorable à un référendum sur la sortie de l’Union européenne, qui a récolté 12,9 % des votes et 49 sièges en 2014. En mars 2017, la chef du parti de centre droit les Modérés, Anna Kinberg Batra, provoque un tollé en affirmant qu’une alliance avec Les Démocrates ne devait plus être un tabou. Son parti subit une baisse dans les sondages et elle quitte son poste en octobre. Il est comblé par Ulf Kristersson qui se dissocie de ses propos. Pour leur part, Les Démocrates continuent leur ascension, atteignant même 25 % dans certains sondages. Lors des élections du 9 septembre 2018, le PSD et les Modérés arrivent en tête, mais ils sont en net recul avec respectivement 101 et 70 sièges, contre 133 et 84 en 2014. Le PSD passe même sous la barre de 30 % des voix, un plancher historique depuis un siècle. Les Démocrates atteignent pour leur part un sommet avec 17,6 % des votes et 62 sièges, mais restent à court des résultats anticipés par plusieurs. Les coalitions de centre gauche (Rouges-Verts) et de centre droit (L’alliance) se retrouvent nez à nez. Le scénario d’une participation du parti Les Démocrates étant écarté, la composition du futur gouvernement s’avère un exercice difficile. Il prend fin en janvier 2019, alors que le social-démocrate Stefan Löfven réunit les Verts, les Libéraux et la Parti du Centre, et que le parti de Gauche annonce qu’il ne votera pas contre lui.

Pour en savoir plus:

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marine Buisson, « Comment la Suède peut échapper à l’extrême droite »

«...Si la crainte de l’immigration explique en partie le succès des Démocrates de Suède – les sondages laissent penser que 20 % des électeurs pourraient voter pour le parti d’extrême droite, europhobe et anti-immigration ce dimanche contre 12,6 % aux dernières élections –, le malaise ressenti face à aux changements économiques et sociaux joue aussi un rôle certain. Bien que la Suède soit l’un des pays les plus riches de l’Union européenne, avec une croissance soutenue et un taux de chômage relativement bas. Le gouvernement de centre-gauche sortant et les Modérés entendent les uns comme les autres accroître les dépenses publiques de près de 2 milliards d’euros au cours des quatre années à venir. Malgré ces perspectives, et malgré des dépenses publiques déjà en hausse, beaucoup de Suédois estiment que leur système social traverse une crise. Avec le vieillissement de la population, les listes d’attente pour se faire opérer s’allongent et la moitié des centres de soins doivent compenser la pénurie de médecins par du personnel intérimaire. Les inégalités ont augmenté plus vite en Suède ces dernières années que dans n’importe quel autre pays industrialisé même si le pays demeure parmi ceux où les revenus sont le plus également répartis. »

Le Soir (Belgique), 8 septembre 2018, p. 17.

Axel Glyden, « Suède La fracture populiste »

«...Fort de son succès électoral, voici Jimmie Akesson [chef des Démocrates] en position d'arbitre, entre deux blocs, de gauche et de centre droit, arrivés à une égalité presque parfaite. Au pouvoir depuis quatre ans, la coalition sortante des trois partis de gauche (les sociaux-démocrates, le Parti de gauche, les écologistes) obtient le même résultat que les quatre partis de l'Alliance (les Modérés, le Parti du centre, les chrétiens-démocrates, les libéraux) : autour de 40,5 % et de 143 sièges de députés chacun. Ce match nul, d'où aucun vainqueur évident n'émerge, fait les affaires d'Akesson, désireux de monnayer son soutien à un éventuel gouvernement conservateur dirigé par Ulf Kristersson, le leader des Modérés. Hélas pour le populiste, aucun des sept partis traditionnels, qu'ils soient de gauche ou de droite, n'a jamais accepté de discuter avec un tel paria. Le reste de l'Europe se demande aujourd'hui si ce « cordon sanitaire » tiendra tandis que s'ouvrent les tracta tions de couloirs en vue de l'ouverture de la session parlementaire dans deux semaines. Il s'agira alors d'élire un Premier ministre... dont personne ne sait aujourd'hui s'il sera de droite ou de gauche. Afin de neutraliser Akesson, des solutions existent, comme celle d'une grosse coalition droite-gauche, « à l'allemande ». La dynamique populiste ne sera pas stoppée pour autant. »

L’Express (France), 12 septembre 2018.

Jean-Christophe Laurence, « Le discours anti-immigration gagne en popularité »

«...Soyons clair : le leader des Démocrates de Suède, Jimmie Åkesson, n'a aucune chance de devenir premier ministre demain, puisque tous les autres partis ont déjà écarté la possibilité de former une coalition avec lui pour diriger le pays. Mais personne ne peut nier que la Suède, championne mondiale de l'État-providence, modèle progressiste par excellence, est à son tour frappée par le vent d'extrême droite qui souffle sur l'Europe. Constat d'autant plus troublant que l'économie suédoise va bien et que le taux de chômage diminue chaque année depuis près de 10 ans. La raison de cette montée tient en un mot : immigration. La Suède a accueilli au moins 400 000 demandeurs d'asile depuis 2012, dont 160 000 pendant la seule crise des migrants de 2015, plus que tout autre pays d'Europe, toutes proportions gardées. Or, de plus en plus de Suédois estiment que cette politique d'ouverture a fait son temps. Ils trouvent que l'immigration commence à peser lourd sur l'État-providence, sur le système de santé, sur la sécurité. De nombreux électeurs accusent les partis traditionnels d'avoir trop longtemps ignoré ces problèmes. Ils leur reprochent d'avoir été trop généreux, en dépit d'un resserrement de la politique d'immigration survenu après 2015. Ils se tournent donc vers les Démocrates de Suède, qui ont fait de cet enjeu leur fonds de commerce, et qui voient ni plus ni moins les immigrés comme une menace à la société et à l'identité suédoise.»

La Presse (Québec, Canada), 8 septembre 2018.

Richard Milne, « Far right’s advance tests political centre »

«...And if any establishment politicians were inclined to breathe a sigh of relief, there is also the fear that if they mishandle the aftermath the nationalists could be emboldened in the next vote in 2022. "The longer one keeps them completely outside, the more dangerous it is for democracy," said a business leader. Stefan Lofven, the Social Democrat premier, remains hostile to any accommodation with the Sweden Democrats and the former communist Left party, which also made gains in the elections. He would like to make a deal to rule with some of the smaller centre-right parties. The dilemma is sharper for the four parties of the centre-right bloc. The Moderates and Christian Democrats are potentially open to governing with the implicit support of the Sweden Democrats in parliament. But the Centre party and Liberals want nothing to do with the nationalists. Some expect the coalition talks to be so tough the Social Democrats or centreright Moderates could be forced to rule as a single-party minority government. The biggest test of post-election pacts and alliances will be whether any party can command support for its spending plans. "The formation of the government is going to be difficult. But even more difficult is going to be the budget vote in December," said Carl Bildt, a former centre-right premier. »

Financial Times (Royaume-Uni), 11 septembre 2018, p. 2.

Gouvernance et gouvernement [ 9 septembre 2018 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Suède
ÉlevéCharles XVI (Gustave)Stefan Lofven

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2013 - 2016



septembre
2014
Élections législatives en Suède

septembre
2014
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
L'extrême droite déstabilise l'échiquier politique suédois

janvier
2018
Un récent partenariat entre la Suède et la Chine : le Start-up Forum

septembre
2016
Le vent du nord dans les voiles de l'économie suédoise

novembre
2015
La crise migratoire en Europe : situation tendue en Suède

février
2015
Élections reportées en Suède : une coalition pour contrer le discours anti-immigration

novembre
2013
Syndicalisme suédois : son héritage et ses limites

octobre
2013
Le parti des Démocrates de Suède : une réalité au Parlement suédois

avril
2013
La Suède et la Finlande : en avance sur les énergies renouvelables!

mars
2011
Germination d'un parti aux racines extrémistes en Suède

septembre
2010
La droite et la gauche au coude à coude en Suède


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019