Université de Sherbrooke
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9 décembre 1990
Élection de Lech Walesa à la présidence de la Pologne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Affiche électorale du parti Solidarité lors des élections de 1989
Gouvernement polonais

Le président du syndicat Solidarnosc, Lech Walesa, succède au général Wojociech Jaruzelski à la présidence de la Pologne. Il obtient 74,2% des voix et devance facilement son plus proche rival, l'homme d'affaires Stanislas Tyminski.

Au début de 1989, des négociations entre le gouvernement polonais et les meneurs de Solidarnosc mènent au rétablissement du pluralisme syndical ainsi qu'à l'adoption de réformes démocratiques. Des élections tenues le 18 juin mettent en évidence la popularité de Solidarnosc qui rafle la quasi-totalité des sièges en jeu, les autres étant détenus par le Parti ouvrier unifié populaire (POUP). Les députés élisent le général Jaruzelski à la présidence en juillet et font de Tadeusz Mazowiecki, une figure de proue du mouvement syndical, leur premier ministre. Le gouvernement de coalition qu'il forme compte 23 ministres, dont 11 de Solidarnosc et quatre communistes, une situation unique en Europe de l'Est. Des élections tenues en décembre 1990 permettront de trouver un successeur à Jaruzelski à la présidence. Symbole de l'évolution de la vie politique polonaise, c'est le président de Solidarnosc, Lech Walesa, qui remporte la victoire au deuxième tour avec 74,2% des voix. Il réclame aussitôt l'aide les pays occidentaux afin de sortir le pays de sa désastreuse situation économique.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., «Aube démocratique»

«...L'agressivité de la campagne électorale, les aspects loufoques et tragiques du phénomène Tyminski, les dérapages de M. Walesa, le peu de talent déployé par le gouvernement pour valoriser son bilan, ne doivent en effet pas non plus faire oublier qu'en dix-huit mois M. Tadeusz Mazowiecki, le premier chef de gouvernement non-communiste du bloc de l'Est, a jeté les fondements d'un État démocratique, que le pays a recouvré sa souveraineté, que la presse y est libre, l'appareil de sécurité totalitaire démantelé, la transition vers l'économie de marché mise en route, la monnaie convertible. La campagne a pourtant mis en lumière les fragilités de cette démocratie naissante. La loi électorale a montré son inadaptation; la presse n'a pas joué le rôle que l'on pouvait attendre d'elle; la polémique et les attaques personnelles ont souvent pris le pas sur le débat d'idées et la confrontation des programmes; l'abstention, notamment au second tour, a pris des proportions inquiétantes. Comme si -et la remarque vaut pour l'ensemble des anciennes démocraties populaires- il ne suffisait pas de créer des structures légales pour arrimer définitivement la liberté dans des pays qui ont une expérience si ténue et si courte de la démocratie.»

Le Monde (France), 11 décembre 1990, p. 1.

Pierre Blanchet, «Walesa, à la grâce de Dieu...»

«...Dans une semaine, le 20 décembre exactement, Lech Walesa succédera officiellement au général Jaruzelski et deviendra le premier président de la République polonaise élu au suffrage universel. L'histoire pourrait ressembler à un conte de fées. Mais l'heure, de Gdansk à Varsovie, n'est pas à l'émerveillement. Il suffit de se promener aujourd'hui à Lodz, à Radom ou en Silésie : la Pologne est un champ de ruines. Au milieu de se désastre, 53% d'électeurs seulement se sont déplacés pour départager le prix Nobel de la paix de son adversaire, l'incroyable Stanislaw Tyminski. Et Tyminski, avec des idées stupides et simples, avec son American dream pour midinettes, a réussi malgré tout à réunir sur son nom 3 800 000 suffrages. C'est énorme. Et Lech Walesa le sait. Il n'y aura pas d'état de grâce pour l'électricien de Gdansk.»

Le Nouvel Observateur (France), 13 au 19 décembre 1990, p. 39.

Lise Bissonnette, «La Pologne se rallie à Walesa»

«...Le débat a été clownesque au second tour, et toutes les contradictions où nage Walesa sont restées entières. L'homme qui a fait gagner les syndicats indépendants contre l'État, et qui a inspiré les formules d'autogestion ouvrière à l'aube des années quatre-vingt, a été porté au pouvoir par un mouvement qui veut amender la Constitution pour accroître les pouvoirs présidentiels jusqu'au gouvernement par décrets s'il le faut. L'homme qui se scandalisait de l'augmentation récente du chômage, critère obligé des privatisations, veut accélérer le rythme de ces privatisations et compte parmi ses plus sûrs alliés les nouvelles étoiles du «capitalisme» polonais qui ne se gênent pas pour attendre de lui, publiquement, qu'il mate l'inévitable révolte des travailleurs devant la diminution de leur niveau de vie. L'homme qui a délogé la faucille et le marteau se vante désormais de pouvoir gouverner «à la hache» et ses méthodes électorales, tout comme son discours échevelé, sont typiques des droites qui surgissent en périodes de difficultés économiques et de désorientation des nations. Du «péronisme» à la polonaise, dit la classe intellectuelle, amèrement déçue et surtout très inquiète, qui appuyait le candidat Mazowiecki.»

Le Devoir (Québec, Canada), 11 décembre 1990, p. A8.

Éditorial

«...Backed by this mandate, Poland's new president is poised for the next stage of post-communist development. He faces the politically delicate task of rallying Poles behind continued economic reform, despite heavy costs in lost jobs and failing incomes. Walesa had called for accelerated reforms, a faster pace of privatization. Campaigning for the runoff, however, he shifted emphasis to providing more help to those hurt by the current transition to capitalism. Some are worried he might put reform in reverse in order to save some jobs and lessen feelings of despair. More likely, he'll try to keep something of a social safety net in place while pushing the reforms steadily ahead. Walesa will have to employ his gifts for leadership and inspirational words as never before. But experience over the last decade has prepared him for this work.»

The Christian Science Monitor (États-Unis), 12 décembre 1990.

Gouvernance et gouvernement [ 9 décembre 1990 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pologne
LimitéWojciech JaruzelskiTadeusz Mazowiecki

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1985 - 1995]



19 juillet 1989Wojciech Jaruzelski : chef d'État (investiture/assermentation)
25 novembre 1990[Résultats] Élection présidentielle
9 décembre 1990 Élection de Lech Walesa à la présidence de la Pologne
22 décembre 1990Lech Walesa : chef d'État (investiture/assermentation)
27 octobre 1991[Résultats] Élections législatives
19 septembre 1993[Résultats] Élections législatives
5 novembre 1995[Résultats] Élection présidentielle
23 décembre 1995Aleksander Kwasniewski : chef d'État (investiture/assermentation)

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension